Quatre-vingt-huit kilomètres carrés, deux pays, aucune frontière. Saint-Martin est la plus petite terre habitée au monde partagée entre deux nations : au nord une collectivité française, au sud Sint Maarten, pays constitutif du Royaume des Pays-Bas. On passe de l’une à l’autre sans s’en apercevoir, sinon parce que la langue des affiches change et que le prix du café passe de l’euro au dollar.
L’essentiel en quatre lignes
- Passeport canadien valide six mois après la date de départ prévue. Aucun visa de tourisme pour 90 jours ou moins.
- Environ cinq heures de vol depuis Montréal vers Princess Juliana (SXM), avec des liaisons directes l’hiver.
- Euro au nord, dollar américain accepté partout au sud. Français au nord, anglais et néerlandais au sud.
- Décembre à avril pour le climat le plus sec. Saison des ouragans de juin à novembre.
Une île, deux ambiances
Le côté français
Marigot et sa marina, Grand-Case et sa rue de restaurants, des plages moins construites, un rythme plus lent. Les commerces ferment plus tôt, les terrasses vivent le soir, et pour un Québécois, la langue enlève toute friction : on lit les menus, on comprend les indications, on parle au boulanger.
Le côté néerlandais
Philipsburg et son quai de croisière, Simpson Bay et ses bars, des casinos, des boutiques hors taxes, un aéroport international et l’essentiel des grands complexes hôteliers. C’est le côté animé, celui qui ne dort pas et où l’offre tout compris est la plus abondante.
Aucun poste-frontière ne sépare les deux : une pancarte, un changement de revêtement, et c’est tout. On roule à droite des deux côtés, ce qui distingue Saint-Martin de la plupart de ses voisines antillaises et rend la voiture de location beaucoup plus confortable pour un conducteur nord-américain.
Les plages qui comptent
Baie Orientale
La plus longue et la plus fréquentée du côté français, deux kilomètres de sable clair, des paillotes, de la planche à voile et du kitesurf. Son extrémité sud entretient depuis les années 1970 une tradition naturiste. C’est aussi la plage la plus exposée aux sargasses certaines années, l’Atlantique arrivant droit dessus.
Mullet Bay et Maho Beach
Au sud-ouest, Mullet Bay est la plus belle plage du côté néerlandais : sable blanc, eau turquoise, pente franche. Maho, juste à côté, est célèbre pour une raison inattendue : la piste de l’aéroport se termine à quelques dizaines de mètres du sable, et les avions passent au-dessus des baigneurs à l’atterrissage. Spectacle garanti, mais tenez-vous loin du souffle des réacteurs au décollage, il projette du sable et des cailloux à grande vitesse.
Îlet Pinel
Cinq minutes de navette depuis Cul-de-Sac, une eau peu profonde et transparente, deux restaurants de plage et un sentier qui fait le tour de l’îlot. C’est l’excursion d’une demi-journée la plus simple et la plus rentable de l’île.
Baie Rouge et Happy Bay
Sur la côte ouest, deux anses tranquilles séparées par un sentier de dix minutes. Peu d’aménagements, peu de monde, et des couchers de soleil face à Anguilla.
Manger, ici, est une activité en soi
Grand-Case s’est bâti une réputation de capitale gastronomique des Petites Antilles. Une seule rue, une trentaine de tables, des cuisines françaises et créoles, et à l’extrémité de la rue les lolos : des grills en plein air où ribs, poulet boucané, poisson grillé et gratin de christophine se servent sur des bancs de bois pour une fraction du prix des restaurants voisins. Les deux valent le détour, souvent le même soir.
Du côté néerlandais, la cuisine reflète les vagues migratoires : indienne, indonésienne, dominicaine, chinoise. Le pâté au poulet et le johnny cake se mangent debout, au marché.
Le tout inclus à Saint-Martin
La formule n’a pas la même place ici qu’en République dominicaine. Une bonne partie de l’hôtellerie, surtout du côté français, se vend en chambre seule, parce que l’île entière est un terrain de restaurants et que beaucoup de voyageurs viennent précisément pour y manger.
Cela dit, l’offre tout compris existe et s’est étoffée : quelques grands complexes de bord de mer du côté néerlandais, dont un ensemble réservé aux adultes surplombant l’océan, et deux ou trois adresses du côté français, à Anse Marcel et à Baie Nettlé. Le calcul se fait au cas par cas : si vous comptez souper dehors trois soirs sur sept, la chambre seule redevient compétitive. Nos critères pour choisir un hôtel tout inclus incluent justement cette question.
Ce qu’on fait quand on quitte la plage
Le Pic Paradis, 424 mètres, se monte en une heure et découvre l’île entière, les deux lagons et, par temps clair, Saint-Barthélemy, Saba et Anguilla. À flanc de colline, une ancienne plantation reconvertie propose sentiers, tyroliennes et bassin de baignade sous les arbres.
Saint-Martin sert aussi de base pour trois excursions à la journée : Anguilla, à vingt-cinq minutes de traversier depuis Marigot; Saint-Barthélemy, à quarante-cinq minutes depuis Oyster Pond ou Philipsburg; et l’îlot inhabité de Tintamarre, en catamaran, avec ses bains d’argile blanche.
Quand partir, et à quel prix
L’île est nettement plus sèche que Sainte-Lucie ou la Dominique : collines de broussailles, peu de forêt tropicale, environ 1 000 millimètres de pluie par an. De décembre à avril, les alizés soufflent, l’air reste autour de 28 °C et la pluie se fait rare. De la mi-août à octobre, la saison cyclonique bat son plein et une partie des restaurants ferme.
Question budget, Saint-Martin se situe au-dessus de la moyenne antillaise, surtout à la table. Les tarifs hôteliers chutent franchement de mai à la mi-juin, période où le climat reste excellent. Le guide quand partir dans le Sud depuis Montréal replace ces fenêtres dans le calendrier des départs.
Les sargasses concernent la façade est et sud-est : Baie Orientale, Le Galion, Oyster Pond. Les plages de l’ouest et du sud-ouest, où se concentrent la plupart des hôtels, restent généralement dégagées.
Formalités, santé et sécurité
Le passeport canadien doit être valide six mois après la date prévue de départ. Aucun visa de tourisme pour un séjour de 90 jours ou moins. Les agents peuvent demander un billet de retour, une preuve d’hébergement et une preuve de fonds. Une taxe de départ s’applique à l’aéroport Princess Juliana et sur les liaisons maritimes; elle est souvent déjà comprise dans le prix du billet d’avion.
Aucun vaccin n’est obligatoire, sauf preuve de vaccination contre la fièvre jaune en provenance d’un pays touché. Les soins sont assurés par un centre hospitalier du côté français et une clinique du côté néerlandais, avec évacuation vers la Guadeloupe ou la Floride pour les cas lourds.
Pour les conditions d’entrée à jour et les recommandations officielles, consultez les fiches du gouvernement du Canada sur Saint-Martin et sur Sint Maarten.
Pour préparer ce séjour, voir aussi St Martin, notre calendrier mois par mois et la section Sud tout inclus.


