Kingston n’est pas une destination de plage, et personne n’y va pour cela. C’est la capitale, une ville d’un million d’habitants installée au bord d’un des plus grands ports naturels du monde, adossée à des montagnes qui montent à deux mille deux cents mètres. C’est aussi l’endroit où le reggae est né, où il s’enregistre toujours, et où l’on comprend la Jamaïque autrement qu’à travers une zone hôtelière.
L’essentiel en quatre lignes
- Vol vers l’aéroport international Norman-Manley (KIN), généralement avec correspondance depuis Montréal.
- La Jamaïque reste à l’heure de l’Est toute l’année : même heure qu’à Montréal l’hiver, une heure de moins l’été.
- Aucun complexe tout inclus : l’hébergement est de type hôtel de ville ou maison d’hôtes.
- Climat plus sec et plus chaud que la côte nord. Saison des ouragans de juin à novembre.
La ville de la musique
L’UNESCO a inscrit Kingston sur sa liste des villes créatives de la musique en 2015, et c’est justifié : le ska, le rocksteady, le reggae et le dancehall y sont tous nés en l’espace de vingt ans, dans un rayon de quelques kilomètres.
La maison de Bob Marley, sur Hope Road, est devenue un musée en 1986. On y voit le studio, la chambre, les impacts de balles laissés dans le mur après la tentative d’assassinat de 1976, et la cuisine où il préparait lui-même ses repas. La visite est guidée et dure une heure.
Plus au sud, dans le quartier de Trench Town, une ancienne cour de logements sociaux transformée en centre culturel raconte les années de formation du groupe. C’est un projet communautaire, mené par des gens du quartier, et l’une des visites les plus honnêtes qu’on puisse faire sur l’île.
Le soir, la vie musicale se joue dans les sound systems de rue et les clubs. Renseignez-vous localement : la programmation change chaque semaine et ne s’annonce pas en ligne.
Ce qu’il faut voir
La Galerie nationale de Jamaïque abrite la plus importante collection d’art des Caraïbes anglophones, avec notamment les sculptures d’Edna Manley et les œuvres des artistes intuitifs jamaïcains.
Devon House, construite en 1881 par le premier millionnaire noir de la Jamaïque, se visite pour son architecture géorgienne et pour sa crèmerie, dont les glaces sont une institution nationale.
Le parc de l’Émancipation, les jardins botaniques de Hope et le marché de Coronation complètent la journée selon le rythme qu’on veut donner à la visite.
Port Royal
Au bout d’une langue de sable qui ferme le port, à trente minutes du centre, se trouve ce qui fut au XVIIe siècle la ville la plus riche et la plus mal famée des Caraïbes, base des corsaires anglais. Le tremblement de terre du 7 juin 1692 en a englouti les deux tiers en quelques minutes.
Ce qui subsiste tient en quelques rues, le fort Charles et un musée. La ville engloutie repose sous quelques mètres d’eau et fait l’objet de fouilles archéologiques depuis les années 1960 : c’est l’un des sites sous-marins les mieux conservés de l’hémisphère. Depuis le quai, des bateaux mènent à Lime Cay, un îlot de sable blanc où les Kingstoniens passent le dimanche.
Les Blue Mountains
Derrière la ville, la chaîne monte à deux mille deux cent cinquante-six mètres. Le parc national des Blue and John Crow Mountains est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, à la fois pour sa biodiversité et pour l’histoire des marrons qui s’y sont réfugiés et y ont maintenu leur indépendance face aux Anglais.
L’ascension du pic se fait de nuit, départ vers deux heures du matin, pour atteindre le sommet au lever du soleil : par temps clair, on voit Cuba. Comptez sept à huit heures aller-retour.
À mi-pente, les plantations produisent l’un des cafés les plus chers du monde, protégé par une appellation qui limite la zone de production à une altitude comprise entre neuf cents et mille cinq cents mètres. Plusieurs fermes se visitent à la journée depuis Kingston.
Manger et sortir de la ville
À trente minutes à l’ouest, la plage d’Hellshire aligne des cuisines de bord de mer où le poisson frit et le pain de festival se mangent les pieds dans le sable. C’est bruyant, populaire et excellent.
Pour la plage proprement dite, Kingston n’est pas l’endroit : la côte sud-est est urbaine et portuaire. Si vous voulez combiner la ville et la mer, prévoyez trois jours à Kingston puis un séjour sur la côte nord.
Pratique
L’hébergement se compose d’hôtels d’affaires, de maisons d’hôtes et de quelques adresses de charme dans les quartiers résidentiels du nord de la ville. Il n’y a pas de tout inclus ici.
Comme dans toute grande ville, certains secteurs se visitent avec un guide local plutôt que seul. Consultez la fiche du gouvernement du Canada sur la Jamaïque avant le départ et parlez-en avec votre conseiller, qui pourra organiser les transferts et les visites guidées.
Pour préparer ce séjour, voir aussi notre fiche Jamaïque, Ocho Rios, Runaway Bay et notre calendrier mois par mois.


