Anguilla est plate, sèche, longue de vingt-six kilomètres, et elle possède trente-trois plages dont plusieurs figurent depuis des années dans les classements mondiaux. Quinze mille habitants, aucun gratte-ciel, aucune chaîne de restauration rapide, aucun casino. Ce territoire britannique d’outre-mer a choisi il y a longtemps de miser sur le petit nombre plutôt que sur le volume, et cela se sent dès qu’on descend du bateau.
L’essentiel en quatre lignes
- Passeport canadien valide au moins trois mois après la date de départ prévue. Aucun visa jusqu’à 90 jours.
- Il n’y a pas de vol direct depuis le Québec : on passe par Sint Maarten, puis par traversier ou vedette privée.
- Dollar des Caraïbes orientales, dollar américain accepté partout. Anglais.
- Décembre à avril pour la saison sèche. Saison des ouragans du début juin à la fin novembre.
Comment on y arrive vraiment
C’est la question qui décide de tout. L’aéroport Clayton J. Lloyd (AXA) ne reçoit que des appareils régionaux, avec quelques liaisons depuis Miami et San Juan. Depuis Montréal, l’itinéraire habituel consiste donc à voler jusqu’à Princess Juliana (SXM), à Sint Maarten, puis à franchir le canal.
Deux options. Le traversier public part de Blowing Point et de Marigot, du côté français de Saint-Martin, et met vingt-cinq minutes; il faut compter le taxi entre l’aéroport et le quai. Ou la vedette privée, qui part du quai attenant à l’aéroport, prend une trentaine de minutes et gère les formalités d’immigration sur place : plus cher, beaucoup plus simple avec des bagages et des enfants.
Sur l’île, on roule à gauche et un permis de conduire temporaire, délivré sur place moyennant des frais, est exigé en plus du permis québécois. Les distances sont courtes, les routes sans relief.
Les plages, une par une
Shoal Bay East
Trois kilomètres de sable presque blanc au nord-est, un récif à faible distance du bord et une eau qui reste peu profonde longtemps. Deux ou trois restaurants de plage, quelques chaises, et rien d’autre. C’est la plage qui a fait la réputation de l’île.
Meads Bay et Maundays Bay
À l’ouest, deux grandes courbes de sable où se sont installés les hôtels les plus connus. Mer calme, couchers de soleil face à Saint-Martin, marche possible d’un bout à l’autre.
Rendezvous Bay
Deux kilomètres et demi au sud, orientés vers les collines de Saint-Martin qui se découpent en face. L’une des plus longues de l’île, et l’une des plus tranquilles en semaine.
Sandy Ground et Little Bay
Sandy Ground est le port de plaisance et le cœur de la vie nocturne, avec ses gargotes et sa musique en fin de semaine. Little Bay, minuscule anse au pied d’une falaise, se rejoint en bateau ou par une corde fixée dans la roche, et offre l’un des meilleurs sites d’apnée du secteur.
Les cayes
Sandy Island et Prickly Pear, deux bancs de sable à quelques minutes de navigation, avec un grill, des palmes et un récif. La sortie d’une demi-journée classique.
Le tout inclus à Anguilla : parlons franchement
Il n’y en a pratiquement pas. L’hôtellerie d’Anguilla s’est construite autour de petits établissements de bord de mer et de villas, vendus à la chambre, avec quelques formules incluant le déjeuner ou la demi-pension. Aucun grand complexe avec bracelet et buffet ne s’est jamais implanté ici, et l’île n’en veut pas.
Deux façons de composer avec cette réalité. Choisir Anguilla pour ce qu’elle est, en acceptant de payer les repas à la carte dans ce qui reste l’une des meilleures scènes gastronomiques des Antilles. Ou loger dans un tout inclus de Sint Maarten, à trente minutes de bateau, et venir passer une ou deux journées ici. Nos repères pour choisir un hôtel tout inclus aident à évaluer ce que la formule vous fait vraiment économiser selon votre façon de voyager.
Manger, et écouter de la musique
Pour une île de quinze mille habitants, la densité de bonnes tables est anormale. Une poignée de restaurants de plage figurent régulièrement dans les palmarès régionaux, et à côté, les grills de Sandy Ground et de The Valley servent poisson grillé, ribs et riz aux pois pour une fraction du prix.
La musique fait partie du décor. Une célèbre paillote construite en bois de récupération sur la plage de Rendezvous Bay accueille des concerts depuis des décennies et reste le meilleur endroit de l’île pour finir la journée.
Autre trait local : la voile est le sport national. Pas la voile de plaisance, mais la course de sloops de bois construits sur l’île, dont les régates rythment le calendrier, en particulier la première semaine d’août.
Quand partir, et à quel prix
De décembre à avril, l’air tourne autour de 28 °C, la pluie est rare et les alizés soufflent en permanence. Anguilla est l’une des îles les plus sèches de la région : peu de relief, donc peu de nuages retenus. De la mi-août à octobre, la saison cyclonique culmine et une bonne partie des hôtels et restaurants ferme, parfois plusieurs semaines d’affilée.
Le prix est le principal frein : Anguilla se situe dans le haut du marché caribéen, hébergement comme restauration. La fenêtre de mai et de la première moitié de juin offre les meilleures conditions par rapport au tarif. Le guide quand partir dans le Sud depuis Montréal replace ces périodes dans le calendrier des départs québécois.
Les sargasses touchent surtout la côte est et sud-est; Shoal Bay East et les plages de l’ouest restent généralement dégagées.
Formalités, santé et sécurité
Le passeport canadien doit être valide au moins trois mois après la date prévue de départ. Aucun visa n’est exigé pour un séjour de 90 jours ou moins, mais les agents peuvent demander un billet de retour ou de continuation et une preuve de fonds suffisants.
Aucun vaccin n’est obligatoire. La dengue, le zika et le chikungunya circulent dans la région : un répulsif matin et soir reste la meilleure protection. Les soins sont assurés par un hôpital à The Valley, avec évacuation vers Saint-Martin, la Martinique ou la Floride pour les cas sérieux. L’assurance voyage avec couverture d’évacuation prend ici tout son sens.
Pour les conditions d’entrée à jour et les recommandations officielles, consultez la fiche du gouvernement du Canada sur Anguilla.
À qui cette île convient
Anguilla récompense le voyageur qui vient pour la plage, la table et le calme, et qui n’a pas besoin d’un programme. Il n’y a pas de volcan à gravir, pas de forêt tropicale, pas de site historique majeur, pas de vie nocturne au-delà de deux ou trois adresses. En échange, on obtient du sable d’une qualité rare, très peu de monde dessus, et un accueil qui garde la mesure d’une petite communauté.
Pour une première expérience des Antilles avec de jeunes enfants et un budget serré, d’autres îles conviennent mieux. Pour un séjour à deux, une semaine de repos ou une escapade greffée sur un séjour à Saint-Martin, peu d’endroits font aussi bien.
Pour préparer ce séjour, voir aussi Anguilla, notre calendrier mois par mois et la section Sud tout inclus.


