Pour un Québécois, la Martinique règle d’un coup une bonne partie des frictions du voyage aux Antilles : on parle français, on paie en euros par carte comme à la maison, on roule à droite, et le système de santé est celui de la France. Ce qui reste, c’est une île volcanique de 1 128 kilomètres carrés qui passe, en une heure de route, de la forêt humide du nord aux savanes sèches du sud.
L’essentiel en quatre lignes
- Passeport canadien valide au moins trois mois après la date de départ prévue. Aucun visa jusqu’à 90 jours.
- Environ cinq heures de vol depuis Montréal vers Aimé-Césaire (FDF), avec des liaisons directes l’hiver.
- Département français : euro, français, conduite à droite, réseau routier et hôpitaux aux normes européennes.
- Décembre à avril pour le carême, la saison sèche. Saison des ouragans du début juin à la fin novembre.
Deux îles en une
Le nord
Montagne Pelée, forêt tropicale humide, pitons couverts de fougères arborescentes, rivières et plages de sable noir. Le secteur a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2023 pour ses volcans et ses forêts. C’est la Martinique verte, celle qu’on parcourt en randonnée.
Le sud
Collines basses, mornes secs, cocotiers et sable blanc. C’est là que se trouvent les plages les plus connues, la majorité de l’hôtellerie et les stations balnéaires des Trois-Îlets et de Sainte-Anne.
La route qui relie les deux, la Route de la Trace, tracée par les jésuites au XVIIIe siècle, traverse la forêt en lacets et passe devant le jardin de Balata. Comptez la journée, pas l’heure.
Saint-Pierre et le 8 mai 1902
Saint-Pierre était la ville la plus prospère des Antilles françaises, surnommée le petit Paris des Caraïbes. Le matin du 8 mai 1902, une nuée ardente descendue de la montagne Pelée l’a détruite en quelques minutes et a tué près de trente mille personnes. Un prisonnier enfermé dans un cachot aux murs épais a survécu; sa cellule se visite toujours.
La ville reconstruite occupe aujourd’hui les mêmes rues, entre les ruines du théâtre et les pans de murs restés debout. Dans la rade, une douzaine d’épaves de navires coulés ce matin-là reposent entre dix et soixante mètres : c’est l’un des grands sites de plongée des Petites Antilles.
Les plages, du nord au sud
Les Salines
À la pointe sud, un kilomètre et demi de sable blond bordé de cocotiers, la plage emblématique de l’île. Très fréquentée en fin de semaine, tranquille en semaine avant dix heures.
Anse Dufour et Anse Noire
Deux anses voisines séparées par un morne, l’une de sable clair, l’autre de sable volcanique noir. Des tortues vertes broutent les herbiers à quelques mètres du bord; on les observe en apnée, sans les toucher ni les nourrir.
Le Diamant
Quatre kilomètres de sable face au rocher du Diamant, un piton de basalte de 175 mètres sorti de la mer. La houle y est franche : belle plage de marche, baignade prudente.
La Caravelle
Une presqu’île sauvage sur la côte atlantique, avec un sentier de randonnée de deux heures, un phare, les ruines du château Dubuc et deux plages abritées. La mangrove y est particulièrement bien conservée.
Le rhum agricole, une singularité
La Martinique produit le seul rhum au monde protégé par une appellation d’origine contrôlée. La différence tient à la matière première : ici on distille le jus de canne fraîchement pressé, pas la mélasse. Le résultat garde un goût de canne, végétal et poivré, que le rhum industriel n’a pas.
Une douzaine de distilleries se visitent, la plupart gratuitement, entre le nord et le centre de l’île. Plusieurs conservent leurs installations d’époque, moulins, colonnes créoles et chais de vieillissement. C’est l’une des sorties les plus intéressantes de l’île, même pour qui ne boit pas.
Le tout inclus à la Martinique
La formule existe, mais elle n’est pas le modèle dominant. L’hôtellerie martiniquaise s’est construite autour d’établissements de taille moyenne, de résidences et de gîtes vendus sans repas, dans une île où l’offre de restaurants est abondante et de bon niveau.
Le principal tout inclus est un grand village de vacances situé à Sainte-Anne, orienté sports nautiques et famille. Quelques hôtels des Trois-Îlets et du sud proposent une formule tout compris en option, à ajouter au tarif de la chambre.
Le calcul dépend donc de votre façon de voyager : la Martinique récompense celui qui sort, loue une voiture et mange dans les restaurants de bord de mer. Nos critères pour choisir un hôtel tout inclus vous aideront à évaluer ce que la formule vous fait vraiment économiser ici.
Quand partir
Le carême, de décembre à avril, apporte des alizés soutenus, peu de pluie et une mer calme du côté caraïbe. L’hivernage, de juillet à novembre, est plus chaud, plus humide et plus vert, avec des averses courtes et des tarifs plus bas.
Deux moments valent le déplacement pour eux-mêmes : le carnaval, en février, quatre jours de défilés qui se terminent par la crémation de Vaval le mercredi des Cendres, et le tour des yoles rondes, fin juillet, une course de voiliers traditionnels sans quille reconnue par l’UNESCO, suivie par toute l’île. Le guide quand partir dans le Sud depuis Montréal replace ces dates dans le calendrier des prix.
Les sargasses touchent la façade atlantique, à l’est et au sud-est. La côte caraïbe, à l’ouest, où se trouve la majorité des hôtels, reste largement épargnée; c’est un critère à considérer au moment de choisir son secteur.
Formalités, santé et sécurité
Le passeport canadien doit être valide au moins trois mois après la date prévue de départ. Aucun visa n’est exigé pour un séjour touristique de 90 jours ou moins. Les agents peuvent demander un billet de retour, une preuve d’hébergement, une preuve de fonds et une attestation d’assurance maladie.
Aucun vaccin n’est obligatoire. La dengue circule périodiquement : répulsif matin et soir. Le centre hospitalier universitaire de Fort-de-France offre des soins aux standards français, ce qui distingue nettement la Martinique de la plupart de ses voisines. L’eau du robinet est potable.
Pour les conditions d’entrée à jour et les recommandations officielles, consultez la fiche du gouvernement du Canada sur la Martinique.
Et pour aller plus loin
Depuis Fort-de-France, un service de navires rapides relie la Guadeloupe, la Dominique et Sainte-Lucie en quelques heures. La Dominique, à une heure et demie, offre le contraste le plus fort : montagnes, rivières, lac bouillonnant, presque pas de plages de sable et très peu de tourisme de masse. C’est l’excursion de deux jours la plus payante pour qui a déjà fait le tour de la Martinique.
Pour préparer ce séjour, voir aussi Fort de France, les complexes qui conviennent aux familles et la section Sud tout inclus.


