Sur une île de quatre-vingt-huit kilomètres carrés partagée entre deux pays, la vraie question n’est pas « quelle destination », mais « quelle plage et quel côté ». Trente-sept plages, deux villes, une seule route côtière et aucune frontière : voici comment s’y organiser concrètement.
L’essentiel en quatre lignes
- Environ cinq heures de vol direct saisonnier depuis Montréal vers Princess Juliana (SXM), au sud-ouest de l’île.
- On roule à droite des deux côtés, ce qui distingue l’île de la plupart de ses voisines antillaises.
- Euro au nord, dollar américain au sud, les deux acceptés partout. Une heure d’avance sur Montréal l’hiver.
- Une taxe de départ s’applique à l’aéroport et sur les liaisons maritimes; elle est souvent déjà comprise dans le billet.
Les deux villes
Marigot
Le chef-lieu français, sur la côte ouest. Une marina, un marché en plein air les mercredis et samedis matin où l’on achète épices, fruits et poisson, et les ruines du fort Louis, bâti en 1789, qui surplombe la baie après quinze minutes de montée. La vue porte sur Anguilla.
Philipsburg
La capitale néerlandaise, au sud, coincée entre la mer et un grand étang salé. Deux rues parallèles concentrent les boutiques hors taxes, et un boardwalk de bois longe la plage. Les jours d’escale de croisière, le secteur est saturé de neuf heures à seize heures; en fin de journée il redevient calme.
Quelle plage pour quel usage
Pour la famille
Baie Nettlé et Anse Marcel, du côté français, offrent une eau plate et peu profonde. L’îlet Pinel, à cinq minutes de navette depuis Cul-de-Sac, est le meilleur choix de la journée : fond sableux, eau transparente, deux restaurants de plage.
Pour les sports nautiques
La baie Orientale, deux kilomètres de sable sur la façade est, avec paillotes, planche à voile et cerf-volant tractant. Son extrémité sud entretient une tradition naturiste depuis les années 1970. C’est aussi la plage la plus exposée aux sargasses certaines années.
Pour le calme
Baie Rouge et Happy Bay, sur la côte ouest, séparées par un sentier de dix minutes. Peu d’aménagements, peu de monde, couchers de soleil face à Anguilla.
Pour la curiosité
Maho Beach, à l’extrémité de la piste de l’aéroport : les avions passent au-dessus des baigneurs à l’atterrissage. Tenez-vous loin du souffle des réacteurs au décollage, qui projette sable et cailloux à grande vitesse.
Pour la baignade classique
Mullet Bay, au sud-ouest, reste la plus belle plage du côté néerlandais : sable blanc, eau turquoise, pente franche.
Circuler
La voiture de location est la solution la plus simple : on roule à droite, les distances sont courtes et le tour de l’île prend une heure et demie sans arrêt. Les embouteillages se concentrent à l’entrée de Philipsburg et autour du pont mobile de Simpson Bay, dont les horaires d’ouverture bloquent la circulation plusieurs fois par jour. Renseignez-vous, cela peut coûter vingt minutes.
Les taxis fonctionnent à tarif fixe par trajet et par nombre de passagers, en dollars américains, et il n’y a pas de compteur.
Les excursions par la mer
Anguilla se rejoint en vingt-cinq minutes de traversier depuis Marigot. Saint-Barthélemy demande quarante-cinq minutes depuis Oyster Pond ou Philipsburg. L’îlot inhabité de Tintamarre se visite en catamaran, avec ses bains d’argile blanche. Ces trois sorties se font à la journée et se réservent la veille.
L’hébergement et la table
La formule tout compris existe surtout du côté néerlandais, dans quelques grands complexes de bord de mer, et à Anse Marcel et Baie Nettlé du côté français. Une bonne partie de l’hôtellerie se vend en chambre seule, parce que l’île entière est un terrain de restaurants.
Grand-Case, sur la côte nord, aligne une trentaine de tables sur une seule rue, et à son extrémité des grills en plein air où ribs, poulet boucané et poisson se vendent pour une fraction du prix des restaurants voisins. Si vous comptez souper dehors trois soirs sur sept, faites le calcul : nos critères pour choisir un hôtel tout inclus reprennent cette question.
Quand partir
De décembre à avril, les alizés soufflent, l’air reste autour de 28 °C et la pluie est rare. L’île est nettement plus sèche que Sainte-Lucie ou la Dominique.
De la mi-août à octobre, la saison cyclonique bat son plein et une partie des restaurants ferme. Notre guide quand partir dans le Sud depuis Montréal détaille le calendrier des prix.
Pour préparer ce séjour, voir aussi notre fiche Saint Martin et juger le rapport qualité-prix.



