Trois îles, un plateau sous-marin qui tombe à pic, et une réputation bâtie sur deux choses : la plongée et la finance. Les Îles Caïmans forment un territoire britannique d’outre-mer au sud de Cuba, où Grand Cayman concentre la population, l’aéroport et presque tous les hôtels, pendant que Cayman Brac et Little Cayman restent à l’écart, avec quelques centaines d’habitants chacune.
L’essentiel en quatre lignes
- Passeport canadien valide au-delà de la date de départ prévue des îles. Aucun visa de tourisme jusqu’à six mois.
- Billet de retour ou de continuation exigé, ainsi qu’une preuve de fonds suffisants.
- Monnaie officielle : le dollar caïmanais, mais le dollar américain est accepté partout. Anglais parlé partout.
- Décembre à avril pour les meilleures conditions. Saison des ouragans du début juin à la fin novembre.
Comment on arrive
L’aéroport Owen Roberts (GCM) de Grand Cayman est la porte d’entrée. Depuis Montréal, le trajet passe presque toujours par Toronto, d’où partent des liaisons directes vers Grand Cayman, ou par un aéroport américain de la Floride. Comptez de six à huit heures de porte à porte selon la correspondance.
De l’aéroport à Seven Mile Beach, dix minutes de taxi suffisent. L’île se parcourt d’est en ouest en une heure. On roule à gauche, sur des routes en bon état, et la location d’une voiture prend tout son sens dès qu’on veut quitter la bande hôtelière pour East End ou North Side. Cayman Brac et Little Cayman se rejoignent par vol intérieur, en une trentaine de minutes.
Seven Mile Beach, et ce qu’il y a autour
Seven Mile Beach
Elle mesure en réalité une dizaine de kilomètres, sable corallien pâle, pente douce, orientée plein ouest : la houle dominante arrive par l’est, ce qui explique la mer plate et les couchers de soleil face à la plage. C’est aussi le seul secteur vraiment fréquenté de l’île, surtout les jours où plusieurs navires de croisière mouillent devant George Town.
Rum Point et Starfish Point
Au nord, une pointe ombragée de casuarinas où l’eau arrive à la taille sur des dizaines de mètres. À côté, un banc de sable où les étoiles de mer coussin se comptent par dizaines. On les regarde, on ne les sort pas de l’eau : elles ne survivent pas à l’air libre.
East End
La côte au vent, plus sauvage, avec des blowholes qui crachent l’eau à travers la roche calcaire et une poignée d’hôtels beaucoup plus tranquilles que ceux de l’ouest. C’est là que se trouve l’essentiel de l’offre tout compris de l’île.
La plongée, sérieusement
Les Caïmans figurent depuis quarante ans dans le premier rang mondial de la plongée sous-marine, et ce n’est pas une formule de brochure. Le plateau tombe verticalement à quelques centaines de mètres du rivage, la visibilité dépasse régulièrement trente mètres et les sites accessibles du bord se comptent par dizaines.
Bloody Bay Wall, à Little Cayman, est le site signature : un tombant qui commence à six mètres de profondeur et plonge dans le bleu sur plus de mille. L’épave du Kittiwake, un ancien navire de sauvetage de la marine américaine coulé volontairement devant Seven Mile Beach, se visite aussi bien en plongée bouteille qu’en apnée, son mât affleurant à quelques mètres.
Stingray City reste l’excursion la plus demandée : un haut-fond du North Sound où des raies pastenagues du sud, habituées depuis des générations aux pêcheurs qui vidaient leurs prises là, viennent au contact pendant qu’on a pied. L’expérience se fait en groupe, tôt le matin de préférence, avant l’arrivée des bateaux de croisière.
Le tout inclus aux Caïmans : une offre à part
Autant le dire clairement : ce n’est pas une destination de tout inclus classique. La bande de Seven Mile Beach appartient aux grandes enseignes internationales, qui vendent la chambre et facturent le reste. Le tout compris existe surtout à East End, où un ou deux complexes de taille moyenne proposent une formule incluant repas, boissons et parfois la plongée, ainsi que sur Cayman Brac auprès des opérateurs spécialisés en plongée.
Le raisonnement est donc inversé par rapport aux Antilles habituelles : ici, le tout compris s’adresse au plongeur qui veut deux sorties par jour et ne pas y penser, plutôt qu’à la famille qui cherche un buffet et un parc aquatique. Nos repères pour choisir un hôtel tout inclus restent utiles, à condition de bien vérifier ce que la formule couvre avant de réserver.
Ce que ça coûte
Les Caïmans sont chères, au même titre que les Bermudes ou Turks et Caicos. Tout est importé, le dollar caïmanais vaut davantage que le dollar américain, et le secteur financier a tiré les prix locaux vers le haut depuis longtemps. Un souper à deux dans un restaurant correct de Seven Mile Beach dépasse facilement ce qu’on paierait à Montréal.
Deux façons d’adoucir la note : loger à East End ou à North Side plutôt que sur la bande hôtelière, et cuisiner une partie des repas, la plupart des unités étant équipées. Un conseiller peut aussi comparer les périodes : l’écart entre la mi-février et la mi-mai dépasse souvent 30 % sur le même hôtel.
Quand y aller
De décembre à avril, l’air tourne autour de 28 °C, l’humidité reste supportable et la mer est au plus calme. Mai et le début de juin offrent des tarifs nettement plus bas avec des conditions encore excellentes. De la mi-août à la mi-octobre, la chaleur et l’humidité montent d’un cran et la probabilité qu’un système tropical passe à proximité culmine.
Deux moments valent le détour pour eux-mêmes : le carnaval Batabano en mai, et la Pirates Week en novembre, une fête nationale de onze jours qui met l’île entière dehors. Pour situer ces fenêtres dans la logique des prix depuis le Québec, voyez quand partir dans le Sud.
Formalités, santé et sécurité
Le passeport canadien doit être valide au-delà de la date prévue de départ des îles. Aucun visa n’est exigé pour un séjour touristique de moins de six mois, mais les agents d’immigration demandent un billet de retour ou de continuation et une preuve de fonds accessibles. Aucun vaccin n’est obligatoire.
Les soins médicaux sont de bon niveau sur Grand Cayman, plus limités sur les deux petites îles. Les plongeurs noteront la présence d’un caisson hyperbare sur l’île principale, un argument qui compte. L’eau du robinet, issue du dessalement, se boit sans problème.
Pour les conditions d’entrée à jour et les recommandations officielles, consultez la fiche du gouvernement du Canada sur les Îles Caïmans.
Ce qu’on rapporte d’ici
L’iguane bleu de Grand Cayman, qu’on ne trouve nulle part ailleurs, était descendu à une poignée d’individus au début des années 2000. Le programme de reproduction du jardin botanique Queen Elizabeth II en a ramené plusieurs centaines dans la nature : les voir marcher entre les palmes reste l’une des rencontres les plus marquantes de l’île.
Côté table, le lambi en ragoût, le poisson cuit à la caïmanaise dans le lait de coco et les grillades du dimanche à Rum Point disent mieux l’île que les tables internationales de la bande hôtelière. Camana Bay, au nord de George Town, regroupe restaurants et commerces autour d’une tour d’observation ouverte au public.
Pour préparer ce séjour, voir aussi Grand Cayman, juger le rapport qualité-prix et la section Sud tout inclus.


