Gamboa se trouve à quarante minutes de la capitale panaméenne, au point exact où la rivière Chagres rejoint le canal. C’est un ancien village de la compagnie du canal, bâti dans les années 1930 pour loger les équipes de dragage, aujourd’hui entouré de forêt primaire de tous les côtés. On n’y vient pas pour la plage : on y vient parce que c’est l’un des meilleurs endroits d’Amérique pour observer la faune tropicale sans quitter le confort.
L’essentiel en quatre lignes
- Environ cinq heures et demie de vol direct depuis Montréal vers Panama (PTY), puis quarante-cinq minutes de route.
- Le Panama est à l’heure de l’Est toute l’année : même heure qu’à Montréal l’hiver, une heure de moins l’été.
- Aucune plage : Gamboa est une destination de forêt, de rivière et d’observation.
- Saison sèche de la mi-décembre à la mi-avril. Le pays est hors de la trajectoire des ouragans.
Le parc national Soberanía
Il couvre dix-neuf mille hectares le long du canal et protège une forêt qui n’a jamais été coupée, parce que le bassin versant devait être préservé pour alimenter les écluses en eau douce. Ce hasard historique explique qu’une forêt primaire subsiste à quarante minutes d’une capitale de deux millions d’habitants.
Le sentier du Pipeline, une ancienne piste de service, est l’un des lieux d’observation d’oiseaux les plus réputés au monde : plus de quatre cents espèces y ont été recensées, et il a détenu à plusieurs reprises le record mondial du nombre d’espèces observées en vingt-quatre heures. On y marche à l’aube, lentement, avec un guide.
Sur les autres sentiers, on croise singes hurleurs, singes capucins, paresseux, coatis, agoutis et, avec de la chance, un ocelot au crépuscule.
Le lac Gatún
Créé en 1913 par le barrage de la Chagres, c’était alors le plus grand lac artificiel du monde. Sa mise en eau a noyé les vallées et transformé les sommets en îles : les animaux s’y sont retrouvés isolés, ce qui a donné des populations concentrées faciles à observer.
Les sorties en bateau partent le matin. On longe les porte-conteneurs en transit, on entre dans des bras calmes, et on s’approche des îlots où vivent des singes capucins et des singes-écureuils. Des crocodiles et des caïmans se tiennent sur les berges.
L’île Barro Colorado, la plus grande du lac, abrite depuis 1923 une station de recherche de la Smithsonian Institution, l’un des sites d’étude de la forêt tropicale les plus documentés au monde. Les visites se font sur réservation, en nombre limité.
La Chagres et les Emberás
En remontant la rivière en pirogue, on atteint des communautés emberás installées dans le parc national. Certaines accueillent des visiteurs à la journée : maisons sur pilotis à toit de palmes, vannerie, peinture corporelle au jagua, repas de poisson et de plantain servi sur feuille.
C’est une visite organisée, et elle est présentée comme telle. Ce qu’on y trouve de plus juste, c’est la conversation : ces communautés vivent dans un parc où l’agriculture et la chasse sont restreintes, et le tourisme est devenu l’une de leurs rares ressources.
Voir le canal autrement
Gamboa est le meilleur point d’observation du transit : le chenal Gaillard, la tranchée creusée dans la roche de la ligne de partage des eaux, passe juste à côté. Une passerelle et un belvédère permettent de voir les navires défiler à quelques dizaines de mètres.
Les écluses de Miraflores sont à trente minutes, celles de Pedro Miguel encore plus près.
L’hébergement
Un grand établissement occupe la colline au-dessus de la rivière, avec téléphérique dans la canopée, tour d’observation, sanctuaire de paresseux et jardin de papillons. Le reste du village compte quelques maisons d’hôtes.
La formule tout compris y est proposée en option; l’essentiel se vend à la chambre avec les excursions à la carte. Beaucoup de voyageurs combinent deux ou trois nuits à Gamboa avec la capitale et une semaine sur la côte pacifique. Nos critères pour choisir un hôtel tout inclus s’appliqueront à la portion balnéaire.
Quand partir
La saison sèche, de la mi-décembre à la mi-avril, offre les sentiers les plus praticables et le meilleur confort. C’est aussi la période où la migration des rapaces traverse l’isthme, en octobre et novembre pour la descente et en mars pour la remontée : des dizaines de milliers de buses passent alors au-dessus du canal en une seule journée.
De mai à novembre, les averses de fin d’après-midi rendent la forêt plus sonore et plus verte, et les prix baissent. Notre guide quand partir dans le Sud depuis Montréal détaille le calendrier.
Pour préparer ce séjour, voir aussi notre fiche Panama, Playa Blanca, Colon et juger le rapport qualité-prix.


