Colón marque l’entrée atlantique du canal de Panama, à quatre-vingts kilomètres de la capitale. La ville elle-même se visite peu : c’est un port et une zone franche, la deuxième du monde par le volume après Hong Kong. Ce qui amène les voyageurs ici tient à trois choses situées autour d’elle : les écluses élargies, deux forteresses espagnoles inscrites au patrimoine mondial, et une côte afro-caribéenne restée à l’écart.
L’essentiel en quatre lignes
- Environ cinq heures et demie de vol direct depuis Montréal vers Panama (PTY), puis une heure trente de route ou une heure de train.
- Le Panama est à l’heure de l’Est toute l’année : même heure qu’à Montréal l’hiver, une heure de moins l’été.
- La ville de Colón n’est pas une destination de promenade : les visites se font en excursion organisée ou avec un chauffeur.
- C’est la côte la plus arrosée du pays : il y pleut toute l’année, un peu moins de février à avril.
Les écluses d’Agua Clara
Mises en service en 2016 avec l’élargissement du canal, elles reçoivent les porte-conteneurs de la nouvelle génération, trois fois plus volumineux que ceux qui passaient auparavant. Le centre des visiteurs domine à la fois les nouvelles écluses, les anciennes écluses de Gatún et le lac : c’est le meilleur point de vue d’ensemble sur le fonctionnement du canal.
Ce qui frappe le plus, ce sont les bassins de récupération d’eau installés à côté de chaque sas, qui permettent de réutiliser une bonne partie de l’eau douce à chaque passage. Le canal en consomme des millions de litres par navire, et cette question détermine son avenir.
Le train transisthmique
La ligne relie Panama à Colón en une heure, en longeant le canal et en traversant le lac Gatún sur une digue. Elle a été construite entre 1850 et 1855, à l’époque de la ruée vers l’or californienne, bien avant le canal, et c’était alors le trajet le plus rapide entre les deux océans.
Le train de voyageurs circule en semaine, tôt le matin dans un sens et en fin d’après-midi dans l’autre, avec des voitures panoramiques. C’est la plus belle façon de traverser l’isthme.
Les forteresses
Portobelo et San Lorenzo sont inscrites ensemble au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980. Elles gardaient la route par laquelle l’argent du Pérou transitait vers l’Espagne : les galions venaient charger à Portobelo lors de foires qui duraient quarante jours et faisaient de ce village l’un des points de commerce les plus riches du monde.
Il en reste des batteries, des murs de corail taillé, une douane restaurée et, au bout d’une piste, le fort San Lorenzo perché sur une falaise à l’embouchure de la Chagres. Les deux sites ont été attaqués par Francis Drake, mort au large de Portobelo en 1596, puis par Henry Morgan.
La côte et la culture congo
Portobelo est aussi le cœur de la culture congo, née chez les esclaves marrons qui se réfugiaient dans ces forêts. Sa danse, sa musique de tambour et ses rites parodiant les colons espagnols figurent au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2018. Les célébrations culminent au carnaval et le 21 octobre, jour du Christ noir, quand des dizaines de milliers de pèlerins convergent vers l’église du village.
Vers l’est, Isla Grande et Puerto Lindo offrent des plages, du récif et des clubs de plongée dans une ambiance village. C’est là que se trouvent les rares hébergements de bord de mer de la province.
Guna Yala
Depuis la région, on peut rejoindre l’archipel de Guna Yala, plus de trois cents îlots administrés de façon autonome par le peuple guna. L’accès se fait en quatre-quatre puis en pirogue, et l’hébergement se limite à des cabanes de palmes gérées par les communautés. C’est une expérience à part, à organiser à l’avance.
L’hébergement
Il n’y a pas de complexe tout inclus dans la province. L’offre se compose de quelques hôtels d’affaires près de la zone franche, d’un établissement au bord du lac Gatún et de petites adresses à Portobelo et à Isla Grande.
La formule la plus courante consiste à visiter la région à la journée depuis la capitale ou depuis la côte pacifique, où se trouvent les complexes tout compris du pays. Nos critères pour choisir un hôtel tout inclus s’appliqueront à cette portion du séjour.
Quand partir
La côte caraïbe du Panama reçoit trois mille millimètres de pluie par an, soit près du double du versant pacifique. Février, mars et avril sont les mois les plus secs; septembre et octobre les plus arrosés.
Le pays est hors de la trajectoire des ouragans. Notre guide quand partir dans le Sud depuis Montréal détaille le calendrier des prix.
Pour préparer ce séjour, voir aussi notre fiche Panama, Panama City, Playa Blanca et les complexes qui conviennent aux familles.


