Saint-Kitts-et-Nevis est le plus petit État souverain des Amériques : 261 kilomètres carrés, moins de cinquante mille habitants, deux îles volcaniques séparées par un chenal de trois kilomètres. Saint-Kitts a la forme d’une raquette de tennis, avec un manche étroit qui file vers le sud-est et rassemble presque toutes les plages. Nevis, en face, est un cône presque parfait couronné de nuages.
L’essentiel en quatre lignes
- Passeport canadien valide six mois après la date de départ prévue. Aucun visa de tourisme.
- Environ cinq heures de vol, avec correspondance depuis Montréal vers Robert L. Bradshaw (SKB).
- Dollar des Caraïbes orientales, dollar américain accepté partout. Anglais. Conduite à gauche avec permis temporaire local.
- Décembre à avril pour la saison sèche. Saison des ouragans du début juin à la fin novembre.
Une île qui a changé de métier
Pendant trois siècles et demi, Saint-Kitts a vécu de la canne à sucre. La dernière récolte a eu lieu en 2005 : le gouvernement a fermé l’industrie d’un coup, jugeant qu’elle ne pouvait plus être rentable. Les champs sont retournés à la broussaille, les cheminées de moulins sont restées debout, et l’île s’est tournée vers le tourisme.
Il subsiste de cette époque une curiosité unique : le chemin de fer, construit entre 1912 et 1926 pour acheminer la canne vers l’usine centrale. C’est la dernière voie ferrée des Antilles encore en service. Les wagons à impériale font aujourd’hui le tour du nord de l’île en trois heures, sur les mêmes rails, à travers les gorges et les ponts d’origine.
Brimstone Hill
À deux cent trente mètres au-dessus de la mer, sur un piton volcanique, se dresse la forteresse la mieux conservée des Antilles. Les Britanniques l’ont fait construire par des Africains réduits en esclavage sur près d’un siècle, à partir de 1690, en taillant la pierre volcanique sur place. On l’a surnommée le Gibraltar des Indes occidentales.
Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999. Depuis les remparts, par temps clair, on voit Nevis, Saint-Eustache, Saba, Saint-Barthélemy et Saint-Martin d’un seul regard.
Les plages, presque toutes au sud-est
La péninsule
Une route panoramique ouverte dans les années 1990 dessert le manche de la raquette. Cockleshell Bay et Majors Bay regardent Nevis de l’autre côté du chenal, avec une eau plate et quelques restaurants de plage. South Friars Bay est la plus tranquille des trois.
Frigate Bay
Le secteur hôtelier principal, avec deux plages dos à dos : la caraïbe, calme, bordée d’une rangée de bars sur pilotis qui s’animent le vendredi soir, et l’atlantique, plus venteuse, où l’on marche plutôt qu’on ne se baigne.
Le nord
Dieppe Bay et les anses du nord ont un sable volcanique gris foncé, presque désert, avec un récif en avant qui protège la baignade. Peu de services, beaucoup de calme.
Nevis, à quarante-cinq minutes
Le traversier relie Basseterre à Charlestown en trois quarts d’heure. Nevis compte onze mille habitants, un pic de 985 mètres presque toujours coiffé de nuages, et Pinney’s Beach, six kilomètres de sable clair bordés de cocotiers.
C’est aussi une île d’histoire. Alexander Hamilton y est né en 1755; sa maison natale abrite un petit musée. Les sources thermales de Bath alimentaient dès 1778 un établissement qui passe pour le premier hôtel des Caraïbes; les bassins de pierre sont toujours accessibles.
Le tout inclus à Saint-Kitts
L’offre reste modeste et il vaut mieux le savoir. Quelques hôtels de Frigate Bay et de la péninsule proposent une formule tout compris, souvent en option à ajouter au tarif de la chambre; les grandes marques présentes sur l’île se vendent surtout en chambre seule, avec restaurants payants.
La destination convient donc bien au voyageur qui compte sortir, prendre le train, monter à Brimstone Hill et traverser à Nevis, moins à celui qui cherche une semaine complète sans jamais quitter le complexe. Nos critères pour choisir un hôtel tout inclus aident à faire ce calcul avant de réserver.
Quand partir
De décembre à avril, l’air reste autour de 28 °C, les alizés soufflent et la pluie se fait rare. De juillet à octobre, la chaleur et l’humidité montent et la saison cyclonique bat son plein.
Trois moments animent le calendrier : le carnaval, qui court de la fin décembre au début janvier plutôt qu’en février comme ailleurs; le festival de musique en juin, sur trois nuits; et la Culturama de Nevis, à la fin juillet. Pour situer ces fenêtres dans les prix des départs québécois, voyez quand partir dans le Sud.
Les sargasses concernent la façade atlantique, à l’est. Les plages de la péninsule et de la côte caraïbe restent généralement dégagées.
Formalités, santé et sécurité
Le passeport canadien doit être valide six mois après la date prévue de départ. Aucun visa de tourisme n’est exigé, mais les douaniers peuvent demander un billet de retour ou de continuation et une preuve de fonds suffisants. Pour conduire, un permis temporaire local s’obtient sur place, moyennant des frais, sur présentation du permis québécois.
Aucun vaccin n’est obligatoire, sauf preuve de vaccination contre la fièvre jaune en provenance d’un pays touché. Les soins sont assurés par un hôpital à Basseterre et un autre à Charlestown, avec évacuation vers Porto Rico ou la Martinique pour les cas lourds.
Pour les conditions d’entrée à jour et les recommandations officielles, consultez la fiche du gouvernement du Canada sur Saint-Kitts-et-Nevis.
Les singes, et le reste
Les Français ont amené des singes verts d’Afrique de l’Ouest au XVIIe siècle. Trois cents ans plus tard, ils sont plus nombreux que les habitants et descendent des collines à l’aube pour piller les vergers. On les croise partout, y compris sur la plage; il vaut mieux ne pas les nourrir, ils s’en souviennent.
Côté table, cherchez le goat water, un ragoût de chèvre longuement mijoté servi avec du pain, et le saltfish accompagné de bananes plantains épicées. Le samedi matin, le marché de Basseterre est le meilleur endroit de l’île pour comprendre ce qu’on y mange vraiment.
Pour préparer ce séjour, voir aussi Nevis, St kitts, notre calendrier mois par mois et la section Sud tout inclus.


