American Cruise Lines : une loi de 1886 qui explique presque tout
Cette compagnie fait partie des plus programmées de notre calendrier, et sa fenêtre de réservation est la plus lointaine que nous portions : on y trouve des dates que personne d'autre n'a encore ouvertes. L'American Eagle est le plus programmé, devant l'American Glory, l'American Legend et l'American Liberty. Le nombre de croisières actuellement offertes s'affiche en haut de cette page.
Beaucoup de départs, peu de parcours
Peu de parcours pour énormément de départs : ces navires refont les mêmes trajets, très souvent, sur des boucles courtes. On choisit une date et une région, pas un itinéraire rare. C'est le contraire exact d'une flotte d'expédition, et c'est ce qui rend le produit facile à réserver tard.
La compagnie possède ses navires
Dans un groupe où trois compagnies sur quatre vendent des navires qui ne leur appartiennent pas, celle-ci est l'exception. Elle fait construire ses navires aux États-Unis, les immatricule sous pavillon américain et les arme avec des équipages américains. Tous ses navires neufs sortent du même chantier du Maryland ; les deux entreprises partagent le même fondateur et un dirigeant commun, mais le lien de propriété exact n'est pas rendu public, et nous ne dirons pas qu'elle possède son chantier.
Pourquoi elle ne touche jamais le Canada
Ce n'est pas un oubli, c'est le modèle d'affaires. Le Passenger Vessel Services Act de 1886 — la loi sur les passagers, souvent confondue avec le Jones Act de 1920, qui porte sur le fret — réserve le transport entre deux ports américains aux navires construits aux États-Unis, détenus par des citoyens américains et immatriculés avec l'endossement de cabotage. Cette compagnie remplit les trois conditions, alors elle n'a besoin d'aucune escale étrangère. Les navires sous pavillon étranger, eux, en ont besoin : c'est pour ça que les croisières d'Alaska au départ de Seattle s'arrêtent à Victoria ou à Vancouver. Ici, on embarque à Juneau, à Ketchikan ou à Tacoma, et on ne verra pas le Canada.
Un conseil de la compagnie qui ne vaut pas pour vous
Elle suggère de laisser son passeport à la maison, puisque tous ses départs sont américains. Cette phrase est écrite pour une clientèle américaine. Un Québécois qui entre aux États-Unis a besoin de son passeport valide et doit satisfaire aux formalités d'entrée américaines, qui se vérifient auprès des sources gouvernementales et non auprès du croisiériste. C'est le genre de détail qui se règle en trois minutes à la réservation et qui coûte un voyage à l'aéroport.
Accessibilité : mieux, avec deux réserves
La compagnie annonce des cabines aménagées et un ascenseur, parce qu'elle est soumise à la loi américaine sur les personnes handicapées. C'est un vrai écart avec les fluviaux européens de ce groupe, dont l'un déclare n'avoir aucune cabine accessible. Deux réserves honnêtes cependant : sa foire aux questions signale que trois navires n'ont qu'un accès limité à l'ascenseur, et en janvier 2024 elle a conclu avec le ministère de la Justice américain un règlement l'engageant à rendre sa flotte plus accessible, à nommer un responsable de la conformité et à former son personnel. L'état exact navire par navire n'est pas publié : faites-le confirmer.
Le rythme du bord
Tranquille, et il vaut mieux le savoir avant. Il n'y a ni casino, ni bar séparé, ni restaurant de spécialité, et les soirées se terminent tôt. La clientèle est âgée. Ce n'est pas un reproche, c'est un profil : quelqu'un qui s'attend à l'ambiance d'un paquebot des Caraïbes se trompe de produit, et quelqu'un qui veut voir l'Amérique par ses fleuves est exactement au bon endroit.