Madrid Spain

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Aucun navire n'accoste à Madrid : la capitale espagnole se dresse sur son plateau à plus de trois cents kilomètres du premier rivage. Elle s'est pourtant taillé une place de choix dans les itinéraires de croisière, comme porte d'entrée ou prolongement de voyage avant Barcelone, Valence, Malaga ou Lisbonne. Les trains à grande vitesse relient la ville aux grands terminaux méditerranéens en deux à trois heures, et bien des compagnies proposent une extension madrilène. L'aéroport international, parmi les plus achalandés d'Europe, en fait aussi la porte d'entrée naturelle de la péninsule Ibérique. Voici comment tirer le meilleur d'une journée entière dans la capitale.

Commencer par le Prado

Le matin appartient au musée du Prado, l'une des pinacothèques majeures de la planète. Vélasquez y règne avec « Les Ménines », Goya y déploie ses peintures noires, Le Greco y étire ses saints flamboyants. Inutile de vouloir tout couvrir : deux heures bien choisies laissent un souvenir plus net que quatre heures d'épuisement. Réserver son billet en ligne la veille épargne une file qui s'allonge vite, surtout en haute saison.

Respirer au Retiro

À la sortie, les grilles du parc du Retiro s'ouvrent à deux pas. Ancien jardin royal devenu le poumon des Madrilènes, il aligne allées ombragées, parterres et statues autour de son grand bassin, où l'on peut ramer en barque sous le regard du monument à Alphonse XII. Ne manquez pas le palais de Cristal, serre monumentale de fer et de verre posée au bord d'un étang peuplé de tortues. Les musiciens de rue, les lecteurs sur les bancs et les familles du dimanche composent un théâtre paisible qui repose des salles de musée.

Deux autres géants de la peinture

Si l'appétit d'art résiste au Prado, le paseo del Arte réunit à quelques centaines de mètres deux autres collections de premier plan. Le Reina Sofía conserve « Guernica », le chef-d'œuvre de Picasso devant lequel les visiteurs restent immanquablement silencieux, entouré des avant-gardes espagnoles. Le Thyssen-Bornemisza, lui, traverse sept siècles de peinture européenne, des primitifs flamands aux impressionnistes. Trois pinacothèques dans le même quartier : peu de capitales peuvent en dire autant, et les amateurs reviendront un jour rien que pour elles.

L'après-midi dans le Madrid des Habsbourg

Cap ensuite vers le centre historique. La Puerta del Sol, kilomètre zéro des routes d'Espagne, mène en quelques minutes à la Plaza Mayor, vaste scène rectangulaire bordée d'arcades où se tenaient autrefois marchés et fêtes royales. Les ruelles voisines cachent le marché de San Miguel, halle de fer et de verre où l'on picore jambon ibérique, olives et vermouth au comptoir. En poursuivant vers l'ouest, le Palais royal aligne ses centaines de salons face à la cathédrale de l'Almudena ; la relève de la garde ou simplement la façade, selon l'heure, méritent le détour.

Petits plaisirs d'initiés

  • Tremper des churros dans le chocolat épais de la chocolaterie San Ginés, institution ouverte depuis 1894 ;
  • Longer la Gran Vía au crépuscule, quand les enseignes s'allument sur les immeubles à coupoles ;
  • S'offrir un dernier verre sur une terrasse de la plaza de Santa Ana, au cœur du quartier des Lettres, celui de Cervantès et de Lope de Vega.

Le mot du voyageur

Madrid ne possède ni plage ni passerelle, mais elle offre ce que peu de cités portuaires réunissent : des collections d'art de rang mondial dans un rayon d'un kilomètre, une vie de rue qui ne faiblit qu'à l'aube et une table qui rivalise avec toutes les capitales d'Europe. Ceux qui embarquent le lendemain à Barcelone ou à Lisbonne verront leur traversée autrement : la mer n'est jamais aussi désirable qu'après avoir traversé la Castille. Une nuit sur place, et la capitale espagnole s'installe dans les souvenirs de voyage au même rang que les plus belles escales.

Questions fréquentes

Non. Madrid se dresse sur son plateau à plus de trois cents kilomètres du premier rivage. La capitale figure dans les itinéraires comme porte d'entrée ou prolongement de voyage, jamais comme escale.
Par le train à grande vitesse : deux à trois heures vers Barcelone, Valence ou Malaga. L'aéroport international de Madrid, parmi les plus achalandés d'Europe, sert aussi de porte d'entrée naturelle à la péninsule Ibérique.
Au moins une nuit sur place, idéalement deux. Une journée pleine permet le Prado, le Retiro et le centre historique. Repartir le jour même de l'arrivée d'un vol transatlantique, c'est traverser la ville sans la voir.
Le Prado le matin, le parc du Retiro juste à côté pour souffler, puis le Madrid des Habsbourg l'après-midi : Puerta del Sol, Plaza Mayor, marché de San Miguel et Palais royal. C'est un programme dense mais réaliste.
Deux heures bien choisies. Vouloir tout couvrir mène à quatre heures d'épuisement et à un souvenir plus flou. Vélasquez et « Les Ménines », les peintures noires de Goya, les saints du Greco : le reste peut attendre une prochaine visite. Réservez votre billet en ligne la veille, la file s'allonge vite en haute saison.
Au musée Reina Sofía, à quelques centaines de mètres du Prado sur le paseo del Arte. La toile de Picasso y est entourée des avant-gardes espagnoles, et les visiteurs se taisent immanquablement devant elle. Le Thyssen-Bornemisza complète le trio avec sept siècles de peinture européenne.
L'ancien jardin royal devenu le poumon des Madrilènes, aux grilles ouvertes à deux pas du Prado. Allées ombragées, statues, un grand bassin où l'on rame en barque, et le palais de Cristal, serre monumentale de fer et de verre au bord d'un étang à tortues. C'est le contrepoids nécessaire à une matinée de musée.
Du jambon ibérique, des olives et un vermouth au comptoir du marché de San Miguel, halle de fer et de verre à deux pas de la Plaza Mayor. Pour le sucré, des churros trempés dans le chocolat épais de la chocolaterie San Ginés, ouverte depuis 1894.
Oui. Le Retiro avec ses barques, le Palais royal et la relève de la garde, et des distances courtes entre les sites du centre : la capitale se visite avec des enfants sans grande logistique. Les trois grands musées demandent en revanche de choisir.
Le printemps et l'automne. Juillet et août sont écrasants sur le plateau castillan et une partie des Madrilènes quitte la ville; l'hiver est sec et froid, ce qui ne dérange pas un Québécois. La vie de rue, elle, ne faiblit qu'à l'aube, en toute saison.