Un long croissant de sable borde la baie, ourlé d'une promenade où les habitants pratiquent le tai-chi avant le lever du soleil. Quy Nhon, capitale de la province de Binh Dinh sur la côte centrale du Vietnam, reste à l'écart des grands circuits touristiques, et c'est précisément ce qui fait son attrait. Les navires utilisent le port commercial situé à la pointe est de la ville; selon leur taille, ils s'amarrent au quai ou mouillent en rade, les annexes assurant alors la liaison. Des navettes et des taxis attendent à l'entrée des installations portuaires.

Une ville tournée vers sa baie

Le centre s'organise le long de la mer. La promenade du front de mer invite à une première marche entre les cocotiers, les sculptures modernes et les barques de pêche rondes en bambou tressé, ces paniers flottants typiques du centre du pays. Les cafés servent un café glacé au lait concentré que l'on sirote face aux vagues, pendant que les haut-parleurs municipaux diffusent leurs annonces du matin. L'ambiance demeure celle d'une ville vietnamienne ordinaire, sans démarchage insistant : un luxe devenu rare.

Les tours jumelles de Thap Doi

À environ trois kilomètres du centre, deux tours de brique rouge émergent d'un petit parc ombragé de frangipaniers. Thap Doi témoigne du royaume du Champa, qui rayonna sur cette côte pendant des siècles avant de s'effacer devant les dynasties vietnamiennes, ne laissant derrière lui que ses sanctuaires de brique dressés vers le ciel. Les façades sculptées de Garuda, l'oiseau mythique, se laissent admirer en une demi-heure paisible, loin des foules qui envahissent d'autres sites du pays. La province compte d'autres ensembles chams remarquables, comme les tours de Duong Long, pour ceux qui souhaitent pousser l'exploration en excursion organisée.

Eo Gio et Ky Co, la côte spectaculaire

À une vingtaine de kilomètres au nord-est, la péninsule de Phuong Mai réserve les paysages les plus photographiés de la région. Eo Gio, le « détroit du vent », déroule un sentier en corniche entre falaises sombres et eau turquoise. Tout près, la plage de Ky Co se mérite : on y accède par une route escarpée ou en bateau, avant de poser sa serviette sur un sable clair adossé à la montagne; les paillotes servent poissons grillés et ananas frais à l'ombre des parasols de chaume. Les excursions d'escale combinent souvent ces deux arrêts en une demi-journée.

Un détour par l'histoire

Les visites guidées mènent aussi au musée Quang Trung, consacré à l'empereur issu de la région qui repoussa les invasions au XVIIIe siècle, ainsi qu'aux villages artisanaux où l'on fabrique encore chapeaux coniques et nouilles de riz. La pagode Ong Nui, perchée sur sa colline avec son grand bouddha assis, complète les circuits proposés aux passagers.

La table de Binh Dinh

Impossible de repartir sans goûter les banh xeo locaux, ces crêpes de riz croustillantes garnies de crevettes, que l'on roule dans une galette avec des herbes fraîches. Les restaurants de fruits de mer alignent leurs bassins le long du rivage : crabes, palourdes et poissons grillés y coûtent une fraction des prix pratiqués ailleurs. Le bun cha ca, soupe de nouilles au poisson, se déguste au comptoir pour quelques dollars, coude à coude avec les travailleurs du port.

En redescendant vers le quai

Le soir venu, les lampions des bateaux de pêche s'allument un à un sur l'horizon, et les familles descendent sur le sable pour le rituel du bain de fin de journée. Quy Nhon n'éblouit pas, elle apprivoise : une baie sereine, des tours millénaires, une table généreuse et des sourires sans calcul. Ceux qui l'ont inscrite à leur itinéraire garderont le sentiment d'avoir vu la côte vietnamienne telle qu'elle était avant les projecteurs, et l'envie d'y revenir avant que le secret ne s'évente.

Questions fréquentes

Au port commercial situé à la pointe est de la ville. Selon leur taille, les navires s'amarrent au quai ou mouillent en rade, les annexes assurant alors la liaison. Navettes et taxis attendent à l'entrée des installations portuaires.
Oui, une fois déposé en ville. Le centre s'organise le long de la mer, et la promenade du front de mer se parcourt facilement entre cocotiers, sculptures modernes et barques de pêche rondes en bambou tressé.
Les tours cham de Thap Doi, à trois kilomètres du centre, se visitent en une demi-heure paisible, et la promenade du bord de mer complète la matinée. La péninsule de Phuong Mai, avec Eo Gio et Ky Co, demande une demi-journée.
Ce sont deux tours de brique rouge du royaume du Champa, dressées dans un petit parc ombragé de frangipaniers à environ trois kilomètres du centre. Leurs façades sculptées de Garuda, l'oiseau mythique, se laissent admirer loin des foules.
C'est le détroit du vent, sur la péninsule de Phuong Mai à une vingtaine de kilomètres au nord-est. Un sentier en corniche y déroule ses points de vue entre falaises sombres et eau turquoise. C'est le paysage le plus photographié de la région.
Par une route escarpée ou en bateau, ce qui explique qu'elle se mérite. Le sable clair est adossé à la montagne, et les paillotes servent poissons grillés et ananas frais à l'ombre des parasols de chaume.
Pas vraiment, et c'est son attrait. La ville reste à l'écart des grands circuits : l'ambiance est celle d'une ville vietnamienne ordinaire, sans démarchage insistant, un luxe devenu rare sur cette côte.
Les banh xeo locaux, des crêpes de riz croustillantes garnies de crevettes qu'on roule dans une galette avec des herbes fraîches, et le bun cha ca, une soupe de nouilles au poisson qui se déguste au comptoir, coude à coude avec les travailleurs du port.
Le dong vietnamien et le vietnamien. L'anglais est moins pratiqué ici que dans les villes très touristiques du pays : quelques mots écrits ou une carte aident dans les taxis.
Oui. La baie est calme, la plage du centre accessible, et les familles locales descendent sur le sable pour le bain de fin de journée. Les sorties vers Ky Co, en revanche, demandent une route escarpée ou un transfert en bateau.