Chateau de La Roche-Guyon France

544 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

CroisiEurope (36 Croisières)

Croisière CE Croisieurope MS Seine Princess navire

MS Seine Princess

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Emerald Waterways (41 Croisières)

Scenic Cruises (138 Croisières)

Scenic Gem.

Scenic Gem

128 Passagers
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Viking River Cruises (309 Croisières)

Viking Fjorgyn.

Viking Fjorgyn

214 Passagers
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La falaise se remarque avant le village. Une longue paroi de craie blanche, trouée de cavités, qui suit le méandre de la Seine et retient à son pied une poignée de toits serrés. Au sommet, un donjon médiéval monte la garde depuis plus de huit siècles. C'est ce décor que les navires de croisière fluviale voient grandir lentement en amont de Vernon, et il suffit à comprendre pourquoi La Roche-Guyon demeure le seul village de la région parisienne classé parmi les Plus Beaux Villages de France.

Une escale au pied de la craie

Depuis 2018, une halte fluviale aménagée reçoit les unités jusqu'à 135 mètres, à quelques minutes de marche du centre. Plus de 200 accostages s'y succèdent chaque année entre mars et novembre, avec des compagnies comme CroisiEurope, Viking, Uniworld ou Scenic. Aucun terminal, aucune navette : on quitte la passerelle et l'on entre presque aussitôt dans les ruelles. Le bourg se parcourt entièrement à pied, ce qui laisse tout le loisir d'observer les maisons de pierre calcaire, les jardins en terrasses et ces habitations troglodytiques, appelées boves, creusées à même la paroi par les générations passées.

Le château adossé à la roche

La demeure des ducs de La Rochefoucauld constitue le cœur de la visite. Reconstruite et embellie au dix-huitième siècle, elle s'appuie littéralement contre la falaise : ses salons ouvrent sur la Seine, tandis que ses arrières s'enfoncent dans le rocher. Un passage secret d'une centaine de mètres, taillé dans la craie, relie les salles basses au donjon construit vers 1190 à la demande de Philippe Auguste pour surveiller la frontière de l'Epte, qui séparait alors le royaume de France du duché anglo-normand. La montée réclame un peu de souffle, mais la récompense attend là-haut : la vallée entière se déploie, avec ses îles boisées et ses coteaux du Vexin.

L'histoire récente a aussi laissé sa marque. En février 1944, le maréchal Rommel installa son quartier général dans le domaine, dont les casemates creusées par l'occupant se visitent encore. Ces galeries froides, à quelques pas des salons d'apparat, résument à elles seules les contrastes du lieu.

Le potager des Lumières

En contrebas, entre la route et le fleuve, s'étendent les 3,8 hectares du potager-fruitier, le plus vaste d'Île-de-France après celui de Versailles. Ses quatre grands carrés divisés en trente-deux parcelles, bordés de quelque 675 arbres fruitiers, poiriers, pommiers, pêchers et pruniers, reprennent le dessin du dix-huitième siècle. On y circule librement, entre les plates-bandes de légumes anciens et les alignements taillés, avec la silhouette du donjon en toile de fond. Les jardiniers y travaillent sans pesticides, et les récoltes se vendent parfois sur place.

Flâner entre Seine et Vexin

Le reste de l'escale se savoure sans programme. La rue principale aligne quelques commerces, un marché couvert du dix-neuvième siècle et des façades qui n'ont guère changé depuis les tableaux des impressionnistes ; Renoir, Pissarro et Cézanne ont tous posé leur chevalet dans les environs. Les berges invitent à une promenade au ras de l'eau, face aux îles où nichent hérons et cormorans. Les plus curieux graviront le sentier des crêtes, dans le parc naturel régional du Vexin français, pour saisir d'un seul regard le méandre, le toit d'ardoise de la demeure seigneuriale et les champs qui ondulent vers le plateau.

Giverny à portée de main

Plusieurs itinéraires profitent de la halte pour rejoindre en autocar les jardins de Claude Monet à Giverny, à une quinzaine de minutes. Le peintre venait d'ailleurs régulièrement dans le secteur ; ses nymphéas doivent beaucoup à cette lumière changeante de la vallée. Ceux qui restent au village n'y perdent rien : peu d'escales fluviales offrent une telle densité d'histoire dans un si petit périmètre.

Le dernier regard

Au moment de remonter à bord, beaucoup de passagers se retournent une dernière fois vers la paroi blanche. Le donjon accroche le soleil du soir, les martinets tournoient devant les boves, et la Seine reprend son cours tranquille vers la Normandie. On emporte de La Roche-Guyon l'image rare d'un lieu resté à l'écart du temps pressé, où mille ans d'histoire tiennent entre un fleuve et une falaise.