Golfo Dulce Costa Rica

65 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Lindblad Expeditions (26 Croisières)

National Geographic Quest

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135 Passagers
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Windstar Cruises (39 Croisières)

Il existe très peu de fjords tropicaux sur la planète. Le Golfo Dulce en fait partie : une profonde échancrure d'eau calme glissée entre la péninsule d'Osa et la côte sud du Costa Rica, si bien fermée que la houle du Pacifique n'y entre presque jamais. La surface y est souvent lisse comme un lac, la forêt descend jusqu'au sel, et les nuages s'accrochent aux crêtes en fin de matinée. Les petits navires d'expédition qui s'y aventurent naviguent au ralenti, et l'on comprend vite pourquoi : chaque quart d'heure sur ce plan d'eau peut réserver un souffle de dauphin ou un vol d'aras traversant d'une rive à l'autre.

Une eau habitée

Le golfe abrite une population résidente de grands dauphins et des groupes de dauphins tachetés pantropicaux qui accompagnent volontiers les embarcations. De juillet à octobre surtout, les baleines à bosse venues de l'hémisphère Sud s'y réfugient pour mettre bas ; ce bras de mer figure parmi les rares endroits au monde fréquentés par des baleines des deux hémisphères selon les mois. Depuis le pont ou en zodiac, on apprend à repérer les indices : un dos luisant, un groupe d'oiseaux agités, un claquement de nageoire au loin. Les naturalistes rappellent les distances d'approche, et cette retenue ajoute à la qualité du moment.

Casa Orquídeas, un jardin au bout du monde

Sur la rive nord, accessible uniquement par la mer, un jardin botanique privé attend les curieux au bout de la plage de San Josecito. Casa Orquídeas rassemble depuis des décennies palmiers, héliconias, orchidées, arbres fruitiers et plantes médicinales, entretenus par leurs propriétaires avec un soin d'horloger. On y accède par un débarquement sur la plage, ce qui ajoute au sentiment d'aborder un territoire à part, coupé de toute route. La visite guidée, qui occupe une partie de la matinée, ressemble à un cours de botanique à ciel ouvert : on froisse des feuilles qui sentent la cannelle, on goûte un fruit cueilli au passage, on suit des colibris d'une fleur à l'autre. C'est l'escale rêvée pour saisir la profusion végétale de cette région, l'une des plus riches du pays.

À hauteur de pagaie

L'absence de vagues fait du golfe un terrain parfait pour le kayak. Les sorties longent les mangroves, remontent l'embouchure d'une rivière ou suivent simplement la lisière de la forêt, là où les racines plongent dans l'eau saumâtre. À cette hauteur, sans moteur, les sons prennent le dessus : cris de singes hurleurs en écho, martin-pêcheur qui file en rasant la surface, gouttes qui tombent des feuilles après l'averse. Certains programmes ajoutent une marche guidée en forêt, du côté du parc national Piedras Blancas ou des réserves privées qui bordent la rive. Les guides y montrent ce que l'œil pressé ne voit pas : une grenouille aux couleurs d'avertissement, une colonne de fourmis coupe-feuille, l'empreinte fraîche d'un mammifère passé à l'aube.

Petites précautions des tropiques humides

Cette abondance a une explication : la pluie, généreuse presque toute l'année. Un vêtement imperméable, des sandales d'eau et une protection solaire complètent l'équipement de base, avec un chasse-moustiques pour les abords de mangrove. Les débarquements se font en zodiac, parfois les pieds dans l'eau : les objets précieux voyagent mieux dans un sac étanche.

Le soir venu, quand le navire glisse vers la sortie du golfe et que la forêt s'assombrit par pans entiers, il flotte sur le pont un silence particulier. On ne quitte pas le Golfo Dulce comme on quitte une ville : aucune silhouette de monument à regarder disparaître, seulement cette eau douce d'apparence et la sensation d'avoir navigué au plus près du monde vivant. C'est une escale qui ne se raconte pas très bien ; elle se ressent, et elle reste.