St Lawrence Seaway Canada

141 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Holland America Line (41 Croisières)

Croisière HAL Holland America Line ms Volendam navire

ms Volendam

1432 Passagers
61214 tonnes
Visitez la page du navire

Regent Seven Seas Cruises (19 Croisières)

Viking Ocean Cruises (48 Croisières)

Il y a des journées de croisière sans escale qui valent bien des visites. La traversée de la voie maritime du Saint-Laurent en fait partie : pendant des heures, le navire gravit ou descend un escalier d'eau douce qui relie l'Atlantique aux Grands Lacs, franchissant écluses, canaux et chenaux creusés à travers l'un des plus vieux corridors de navigation d'Amérique. Depuis le pont, on ne regarde pas un paysage : on regarde un continent s'ouvrir aux navires.

Un escalier d'eau entre l'océan et les lacs

Inaugurée en 1959 et exploitée conjointement par le Canada et les États-Unis, la voie maritime permet aux navires de s'élever de près de 170 mètres entre Montréal et le lac Érié. Sept écluses jalonnent le tronçon entre Montréal et le lac Ontario, contournant rapides et barrages; huit autres, sur le canal Welland, hissent les navires par-dessus l'escarpement du Niagara, évitant du même coup les chutes les plus célèbres du continent. Les marins surnomment ce corridor l'autoroute H2O, tant il concentre le commerce entre le cœur du continent et le reste du monde.

Le ballet des écluses

L'entrée dans une écluse se vit comme une manœuvre de précision : moins d'un mètre sépare parfois la coque des murs de béton. Les portes se referment, l'eau monte ou descend en quelques minutes, et le navire repart, quelques mètres plus haut ou plus bas. Les passagers s'installent aux bastingages pour observer les éclusiers, saluer les équipages des cargos croisés et mesurer l'ingéniosité d'ouvrages conçus il y a plus de soixante ans et toujours à l'œuvre. Les commentaires diffusés à bord détaillent souvent chaque franchissement : une tasse de café à la main, on suit l'opération comme un spectacle.

Les Mille-Îles, jardin du fleuve

Entre Brockville et Kingston, le fleuve se disperse en un archipel qui a donné son nom à une vinaigrette et fait rêver des générations de plaisanciers : les Mille-Îles. Îlots de granit coiffés de pins, chalets posés au ras de l'eau, phares miniatures : le décor défile lentement des deux côtés du navire. Sur l'île Heart, le château Boldt dresse ses tourelles, témoin d'une histoire d'amour interrompue devenue attraction. Les navires de croisière traversent l'archipel au ralenti, et les ponts extérieurs ne désemplissent pas.

Une journée à vivre depuis le pont

Cette navigation intérieure a son rythme propre, et quelques habitudes simples permettent d'en tirer le maximum.

  • Garder jumelles et appareil photo à portée de main : villages riverains, hérons et cargos se succèdent sans horaire.
  • Assister au moins à un éclusage complet depuis un pont supérieur, puis à un autre depuis un pont inférieur, au ras des parois.
  • Repérer les passages des ponts levants et tunnels sous le canal Welland, où la circulation routière attend son passage.
  • Écouter les exposés des conférenciers : géographie, histoire et génie civil se répondent tout au long du parcours.

Des rives chargées d'histoire

Le corridor du Saint-Laurent porte quatre siècles de navigation : routes des canots de la traite des fourrures, canaux du XIXe siècle dont on aperçoit encore des vestiges, villages déplacés lors de la mise en eau des années 1950. Sur la rive canadienne, Upper Canada Village conserve d'ailleurs des bâtiments sauvés des localités englouties. Chaque bief raconte ainsi un chapitre : la traversée devient une leçon d'histoire à ciel ouvert, sans jamais descendre du navire.

À la sortie du dernier sas

Quand les portes du dernier bief s'ouvrent sur le lac Ontario ou sur le bief montréalais, selon le sens du voyage, une évidence s'installe : on vient de franchir en douceur ce qui arrêtait net les navigateurs pendant des siècles. La voie maritime n'apparaît sur aucune liste d'attraits, et pourtant elle restera l'un des souvenirs les plus nets du voyage : celui d'un continent qui se laisse remonter, écluse après écluse, jusqu'au cœur de ses Grands Lacs.