Alderney Island St Anne, Channel Islands UK
United Kingdom

2 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Alderney est la moins connue des îles Anglo-Normandes accessibles aux voyageurs, et ses habitants ne s'en plaignent pas. Troisième de l'archipel par la taille, à une quinzaine de kilomètres des côtes françaises, l'île cultive une discrétion que ses voisines Jersey et Guernesey ont abandonnée depuis longtemps. Les navires mouillent dans la baie de Braye, protégée par un long brise-lames victorien, et débarquent leurs passagers en navette au petit port, où la journée commence au rythme des casiers à homards que l'on remonte.

De Braye à St Anne

Depuis le port, l'unique bourg, St Anne, se rejoint à pied en une vingtaine de minutes par une route qui grimpe doucement, ou grâce aux taxis et navettes qui circulent les jours d'escale. L'arrivée récompense la montée : rues pavées bordées de cottages aux tons pastel, boutiques familiales, pubs où tout le monde se connaît. L'église paroissiale, surnommée la cathédrale des îles Anglo-Normandes pour sa taille surprenante, et le petit musée de la société historique, installé dans une ancienne école, résument bien le caractère du lieu : modeste en apparence, riche en histoires.

Une île fortifiée deux fois

Alderney porte les traces de deux grandes peurs. Au 19e siècle, les Britanniques, inquiets des ambitions françaises, ont hérissé le territoire d'une douzaine de forts victoriens et construit l'immense brise-lames; le fort Albert, au-dessus du mouillage, offre depuis ses abords une vue circulaire sur l'île entière. Un siècle plus tard, l'occupation allemande a laissé bunkers et tours d'observation en béton, vestiges d'une période sombre durant laquelle la population avait été évacuée vers l'Angleterre. Se promener ici, c'est traverser ce double héritage militaire posé sur des paysages de landes et de criques qui, eux, n'ont retenu que la lumière.

Sentiers, plages et oiseaux de mer

Avec ses quelque 80 km de sentiers, l'île se prête aux marches de toutes les ambitions. Les plages de Braye et de Saye, à deux pas des quais, déroulent un sable clair qui étonne sous ces latitudes; les criques de la côte sud, plus sauvages, se méritent par les chemins de falaise. Au large de la pointe ouest, les rochers des Étacs portent une colonie de fous de Bassan dont les plongeons s'observent depuis la côte, jumelles en main. Au nord, l'îlot de Burhou abrite une colonie de macareux moines, et les amateurs d'ornithologie considèrent Alderney comme l'un des meilleurs postes d'observation de la Manche. On y trouve aussi une curiosité plus discrète : une population de hérissons blonds, mascotte locale que l'on croise surtout à la tombée du jour.

  • Débarquement : en navette dans la baie de Braye; taxi de mer en été
  • St Anne : environ 1,5 km du port, montée douce
  • Fort Albert et plages voisines : à distance de marche du débarcadère
  • Monnaie : livre sterling; espèces utiles dans les petits commerces, plusieurs n'acceptant pas toutes les cartes étrangères

L'heure du pub

Avant de redescendre vers le débarcadère, accordez-vous une halte dans un pub de St Anne ou une table face à la baie. Homard et crabe sortent des eaux voisines, les bières locales se laissent goûter, et la conversation s'engage vite : sur une île d'environ 2 000 habitants, un visiteur ne passe jamais tout à fait inaperçu, et c'est tant mieux.

Alderney se visite en une journée et se raconte pendant des années. Ce mélange de douceur anglaise, de mémoire militaire et de nature marine ne ressemble à aucune autre escale de la Manche. En regardant le brise-lames s'éloigner depuis le pont, on comprend pourquoi certains habitués des îles finissent toujours par revenir à la plus secrète d'entre elles.