Vues de la mer, les murailles ocre de Sousse semblent surgir directement du sable. Derrière les remparts crénelés se cache l'une des médinas les mieux conservées du monde arabe, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Rare privilège pour une escale : le débarcadère se trouve pratiquement au centre de la cité, si bien que les premiers pas à terre mènent en quelques minutes du môle aux portes de la vieille ville.
Franchir les remparts
Passé l'enceinte, le vingt et unième siècle s'estompe. Les venelles se resserrent, l'ombre gagne, et les étals débordent de bijoux d'argent, de couvertures de laine, de cuivres martelés et de tapis pliés en piles hautes comme un homme. Les marchands interpellent, on négocie, on rit, on repart parfois avec un objet dont on ne soupçonnait pas l'existence une heure plus tôt. Prenez le temps de lever les yeux : les portes anciennes, les arcs outrepassés et les minarets composent un décor resté fidèle au Moyen Âge.
Le ribat, sentinelle de la foi
Au cœur de la médina se dresse le ribat, élevé au huitième siècle puis rebâti en 821 sous les Aghlabides. Ce monastère fortifié abritait des moines-soldats qui partageaient leur temps entre prière et surveillance de la côte. On grimpe l'escalier en colimaçon de sa tour de guet pour un panorama qui n'a guère changé depuis mille ans : les terrasses blanches, la Grande Mosquée voisine avec sa cour austère, et la Méditerranée qui scintille au-delà des toits blancs.
Des mosaïques dans la kasbah
En haut de la vieille ville, la kasbah loge le musée archéologique de Sousse, dont la collection de mosaïques romaines n'est devancée en Tunisie que par celle du Bardo. La tête de Méduse, le triomphe de Bacchus et des scènes marines d'une précision étonnante rappellent qu'ici s'élevait Hadrumète, cité phénicienne puis romaine prospère grâce à l'huile d'olive. La visite se combine naturellement avec la montée vers le ribat, les deux monuments encadrant la médina par le haut et par le bas.
Le front de mer et Port El Kantaoui
Au sortir des remparts, le boulevard Hédi Chaker longe une plage de sable fin qui s'étire sur près de cinq kilomètres. L'eau y descend en pente douce, ce qui en fait un lieu de baignade familial apprécié des Soussiens comme des vacanciers. Une dizaine de minutes de marche suffisent pour passer des venelles médiévales aux parasols, transition dont peu de rivages peuvent se vanter. Les amateurs d'ambiance plus contemporaine peuvent pousser jusqu'à Port El Kantaoui, marina construite au nord de la cité, avec ses restaurants, ses terrasses et ses bateaux de plaisance alignés le long des pontons.
Quelques idées selon le temps disponible
- Deux heures : la médina et le ribat, à pied depuis le débarcadère.
- Une demi-journée : ajouter le musée de la kasbah et un thé à la menthe dans les souks.
- Journée complète : compléter par la plage ou par la marina d'El Kantaoui.
Tout se joue ici à distance de marche, ce qui enlève bien de la pression à l'horaire. Un chapeau, de l'eau et de bonnes chaussures suffisent pour la médina, dont les pavés se montrent parfois glissants.
Ce que l'on rapporte de Sousse
Au moment de regagner la passerelle, beaucoup de voyageurs se retournent une dernière fois vers les remparts dorés par le soleil déclinant. Sousse ne cherche pas à impressionner : elle laisse simplement son labyrinthe agir. Le parfum du jasmin et des épices, l'appel du muezzin au-dessus des terrasses, la fraîcheur soudaine d'une venelle ombragée composent un souvenir qui tient moins de l'image que de la sensation. C'est souvent celui-là qui donne envie de reprendre la mer vers la Tunisie.