La baie s'ouvre comme un amphithéâtre. Au nord, les derniers contreforts des Pyrénées plongent dans la Méditerranée; au sud, une longue courbe de sable file vers les marais de l'Empordà. Roses occupe le creux de cette baie généreuse de la Costa Brava, à quelques encablures de la frontière française, et les navires y mouillent au large : les annexes déposent les passagers à deux pas du centre, face à la promenade.
Une arrivée les pieds dans l'eau
Le débarcadère des annexes touche le cœur balnéaire de la station. La promenade du front de mer s'étire immédiatement à gauche et à droite, bordée de palmiers, de sculptures et de terrasses. La grande plage commence là, sable doux et eau calme, si bien que les passagers amateurs de baignade peuvent poser leur serviette à cinq minutes du point de débarquement. Le port de pêche, un peu plus loin, garde sa flottille active : en fin d'après-midi, la criée s'anime au retour des chalutiers.
La Ciutadella, deux mille cinq cents ans en un seul lieu
À l'entrée ouest de la station, une vaste enceinte fortifiée en étoile enferme un site archéologique peu commun. Les Grecs ont fondé ici le comptoir de Rhode il y a plus de deux mille ans; les Romains, les moines médiévaux puis les ingénieurs militaires de la Renaissance ont bâti chacun leur couche par-dessus. On circule librement dans la Ciutadella entre vestiges helléniques, ruines d'un monastère roman et remparts du XVIe siècle, avec un petit musée pour relier le tout. Le lieu se parcourt en une heure et donne à la station balnéaire une profondeur historique insoupçonnée.
Sable, criques et château sur la mer
Le littoral décline tous les formats de baignade : grande plage familiale devant la promenade, criques plus intimes vers la pointe rocheuse, eaux transparentes du côté de l'Almadrava. Au-dessus de la côte, le château de la Trinitat, une forteresse du XVIe siècle en forme d'étoile, gardait autrefois l'entrée de la rade; la montée offre le plus beau point de vue sur la rade et les toits de la station.
Cadaqués et le cap de Creus, l'échappée de Dalí
L'excursion la plus courue de l'escale franchit la montagne vers Cadaqués, à une trentaine de minutes de route : un village de maisons blanches serré autour de son église, dans une crique que Salvador Dalí a rendue célèbre. Le peintre a vécu la majeure partie de sa vie dans la baie voisine de Portlligat, où sa maison aux œufs géants se visite sur réservation. Au-delà commence le parc naturel du cap de Creus, un finistère de roches tourmentées par la tramontane, accessible aussi par des sorties en catamaran depuis la baie : falaises, criques secrètes et arrêt baignade au programme.
À table, entre mer et Empordà
La cuisine locale marie poissons de la criée et produits de l'arrière-pays : le suquet de peix, ragoût de pêcheurs au safran, les anchois de la côte, les rizs marins et la crème catalane en dessert. Les terrasses du front de mer servent le tout face à la mer, avec un verre de blanc de l'Empordà.
Dernier regard depuis l'annexe
Au retour vers le navire, l'annexe offre le plus beau résumé de la journée : la plage, la Ciutadella, le château sur sa hauteur, et les montagnes du cap de Creus qui ferment l'horizon. Roses ne figure pas parmi les escales dont on parle longtemps à l'avance; elle fait partie de celles dont on parle longtemps après, précisément parce qu'on ne l'attendait pas.