Il existe une île des Açores où le soleil s'attarde plus qu'ailleurs, où le sable des plages tire sur le blond plutôt que sur le noir volcanique, et où les vignes poussent dans des enclos de pierre face à la mer. Santa Maria, la plus méridionale de l'archipel, fut aussi la première découverte par les navigateurs portugais au 15e siècle. Elle a d'ailleurs l'habitude des voyageurs de passage : son aéroport, hérité de la Seconde Guerre mondiale, servit jadis d'escale technique aux vols transatlantiques. Les navires accostent à Vila do Porto, sa capitale, un bourg perché sur une langue de roche au-dessus de son port.
Le quai se trouve à environ 2 km du centre du bourg. On rejoint celui-ci à pied en montant tranquillement, ou par l'autobus qui relie le port au village. D'emblée, le rythme de l'île s'impose : ici, personne ne court, et les journées s'étirent au gré des points de vue.
Vila do Porto, doyenne des Açores
Fondée dans les années qui ont suivi l'arrivée des premiers colons, Vila do Porto est la plus ancienne localité de l'archipel. Sa rue principale grimpe entre des maisons blanches soulignées de basalte sombre, jusqu'à l'église Nossa Senhora da Assunção, du 16e siècle, parmi les plus anciennes de tout l'archipel. Les façades arborent parfois des cheminées sculptées propres à Santa Maria, et les habitants se saluent d'un trottoir à l'autre. Le soir venu, la place centrale accueille le passeio, cette marche sociale où le village entier semble se donner rendez-vous. Au-dessus du rivage, le fort de São Brás rappelle le temps des corsaires : isolée sur la route des Amériques, l'île dut longtemps se défendre seule.
Anjos, là où Colomb s'est arrêté
Sur la côte nord-ouest, le hameau d'Anjos garde un souvenir singulier : au retour de son premier voyage vers l'Amérique, en 1493, Christophe Colomb y fit halte, et son équipage vint prier dans la modeste chapelle qui se dresse toujours face à l'océan. Une statue du navigateur rappelle l'épisode. Tout à côté, des piscines naturelles creusées dans la lave accueillent les baigneurs quand la mer le permet.
Plages blondes et anses en amphithéâtre
Praia Formosa mérite son nom : une étendue de sable clair, rare dans l'archipel, bordée d'une eau limpide. De l'autre côté de l'île, la baie de São Lourenço déploie l'un des paysages les plus étonnants de ces îles : un ancien cratère ouvert sur la mer, tapissé de vignes en terrasses retenues par des murets de pierre volcanique, avec une plage et des maisons blanches tout en bas. Plus au nord, la baie de Maia combine piscine naturelle et coteaux viticoles. Et pour une surprise d'un autre ordre, le désert d'argile rouge de Barreiro da Faneca évoque un paysage martien en plein Atlantique.
Organiser sa journée
| Lieu | Accès depuis le port |
| Centre de Vila do Porto | Environ 2 km, à pied ou en autobus |
| Praia Formosa | En taxi ou en excursion |
| Baie de São Lourenço | En taxi ou en excursion |
| Anjos | En taxi ou en excursion |
L'île étant petite, un taxi ou une excursion organisée permet d'en faire le tour des principaux belvédères en une demi-journée. Les amateurs de plein air trouveront aussi de quoi s'occuper : sentiers côtiers, plongée en apnée dans des fonds comptés parmi les plus limpides des Açores, kayak dans les anses abritées.
Santa Maria laisse un souvenir de lumière : celle qui dore les vignes de São Lourenço, blanchit les maisons d'Anjos et réchauffe le sable de Praia Formosa. En reprenant la mer, on comprend pourquoi les navigateurs d'autrefois saluaient cette côte avec soulagement, Ceux d'aujourd'hui la quittent à regret, un peu de sable blond encore dans les chaussures.