Au milieu de l'Atlantique, à mi-chemin entre deux continents, une baie bien abritée s'ouvre sur la côte est de Terceira, aux Açores. Praia da Vitória y a bâti sa réputation sur une rareté : du sable. Dans un archipel volcanique où les rivages sont presque toujours de roche noire, sa longue plage blonde constitue une exception dont les habitants sont fiers. L'escale offre le choix entre cette douceur balnéaire et les paysages verts, presque irlandais, de l'intérieur de l'île.
Premiers pas dans la baie
Le terminal se trouve à environ un kilomètre du centre, soit dix à quinze minutes de marche le long du rivage. En chemin, la marina, les terrasses et la Praia Grande donnent le ton : ici, personne ne se presse. Le bourg lui-même se parcourt en une heure tranquille, entre ruelles pavées de basalte, façades blanches soulignées de couleurs vives et l'église matrice de Santa Cruz, l'une des plus anciennes de l'île. Remarquez au passage, ici comme dans chaque paroisse de l'île, les impérios : de petites chapelles aux couleurs éclatantes dédiées au culte du Saint-Esprit, une tradition açorienne bien vivante depuis le XVIe siècle.
Le patchwork de la Serra do Cume
Au-dessus de la localité, la crête de la Serra do Cume révèle le paysage le plus singulier qui soit dans l'archipel : une plaine entière découpée en centaines de parcelles vertes séparées par des murets de pierre volcanique et des haies d'hortensias. Les habitants l'appellent la courtepointe, et la comparaison s'impose d'elle-même. Le belvédère se rejoint en une quinzaine de minutes de route; par temps clair, la vue porte sur la moitié de l'île.
Angra do Heroísmo, la belle classée
À vingt kilomètres, soit environ vingt-cinq minutes de route, Angra do Heroísmo fut la première ville des Açores inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Escale obligée des flottes des Indes aux XVIe et XVIIe siècles, elle conserve un damier de rues Renaissance, des palais, des couvents et l'imposante forteresse de São João Baptista, l'une des plus vastes érigées par l'Espagne outre-mer. Sous ses murailles mouillaient jadis les galions chargés d'épices et de métaux précieux, guettés par les corsaires de toutes les couronnes. Deux ou trois heures suffisent pour en saisir l'essentiel, jardin public et montée au mont Brasil compris.
Sous terre, dans une cheminée de volcan
Au cœur de l'île, l'Algar do Carvão propose une descente peu banale : un escalier s'enfonce dans la cheminée d'un ancien volcan, jusqu'à une salle où stalactites de silice et petit lac souterrain luisent dans la pénombre. La visite demande une excursion organisée ou une course en voiture, et des vérifications d'horaires selon la saison, mais elle laisse un souvenir que peu d'escales peuvent égaler.
Repères pratiques
| Destination | Distance | Accès |
| Centre et Praia Grande | 1 km | 10 à 15 min à pied |
| Serra do Cume (belvédère) | Environ 10 km | Taxi ou excursion |
| Angra do Heroísmo | 20 km | 25 min en taxi, autobus ou excursion |
| Algar do Carvão | Cœur de l'île | Excursion ou taxi |
| Piscines naturelles de Porto Martins | Environ 8 km | Taxi |
Saveurs de Terceira
Avant de rembarquer, goûtez ce que l'île fait de mieux : fromages de vaches élevées en plein air, alcatra mijotée en pot de terre, pâtisseries comme les Dona Amélia, parfumées à la mélasse et à la cannelle. Les cafés du centre en servent sans façon.
Dernier regard sur la baie
Quand le navire reprend la mer, les murets de la Serra do Cume s'estompent dans le vert et la plage blonde referme la parenthèse. Terceira aura montré en quelques heures ses deux visages : la mer apprivoisée d'un côté, le volcan endormi de l'autre. Il en reste sept autres îles à imaginer.