Des voix étudiantes descendent la colline depuis sept siècles. Coimbra s'étage au-dessus du fleuve Mondego, coiffée par son université fondée en 1290, l'une des plus anciennes d'Europe et aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Pour les voyageurs des croisières fluviales portugaises, l'excursion vers cette cité universitaire compte souvent parmi les moments les plus marquants du parcours, et il suffit de gravir la colline pour comprendre pourquoi.
La montée vers les hauteurs
Depuis les rives du Mondego, les rues grimpent en lacets vers le sommet. La montée se fait à pied pour les bons marcheurs, par des escaliers et des venelles où résonnent les conversations des étudiants en cape noire, ou en véhicule pour les groupes. À mesure que l'on s'élève, les toits de tuiles se déploient en contrebas et les eaux calmes dessinent leur courbe à travers la plaine.
L'université et sa cour d'honneur
Le sommet appartient à l'université. Sa grande cour s'ouvre sur le paysage comme un balcon de pierre, bordée par les façades blanches et austères des anciennes facultés. La tour de l'horloge, que l'on peut gravir, offre le panorama le plus complet sur les toits et la vallée. Dans la chapelle São Miguel voisine, un retable baroque et un orgue à la tuyauterie peinte retiennent les regards, prélude au trésor que tout le monde attend.
La bibliothèque Joanina, cathédrale du livre
Achevée en 1728, la bibliothèque Joanina aligne trois salles somptueuses où l'or, les bois exotiques et les fresques des plafonds composent l'un des plus beaux décors baroques du Portugal. Quelque 60 000 volumes des 16e, 17e et 18e siècles dorment sur ses rayonnages. La visite se fait en groupe, à heure fixe, avec des billets qu'il vaut mieux réserver à l'avance; les excursions organisées s'en chargent habituellement. On chuchote sous les plafonds peints, on cherche des yeux les minuscules chauves-souris qui protègent les livres des insectes la nuit venue, et l'on ressort avec le sentiment d'avoir vu un sanctuaire autant qu'une bibliothèque.
Redescendre par les ruelles
La descente vers les quartiers bas réserve ses propres plaisirs. Les boutiques de la rue Ferreira Borges vendent pâtisseries conventuelles et faïences, les cafés servent l'expresso serré à la portugaise, et les places s'animent à l'heure où les cours se terminent. Goûtez au passage le pastel de Tentúgal, feuilleté à la crème d'œuf hérité des couvents de la région, qui accompagne idéalement la pause de l'après-midi. Coimbra possède aussi sa propre tradition de fado, plus grave et plus masculine que celle de Lisbonne, chantée par les étudiants sous les fenêtres de la vieille cité; certains restaurants en proposent des interprétations en fin de journée.
Le fleuve comme fil conducteur
Le Mondego accompagne chaque étape de la journée. Des promenades en bateau permettent d'admirer depuis l'eau l'étagement des façades et la silhouette de l'université, angle de vue que les photographes recherchent en fin d'après-midi. Les berges aménagées invitent aussi à une marche digestive au retour, quand la lumière rase allonge les reflets des ponts. Les Portugais surnomment leur cours d'eau le fleuve des poètes, et il suffit d'un moment sur ses rives pour saisir pourquoi tant de vers lui furent consacrés.
À retenir pour l'excursion
- Université, chapelle et bibliothèque : environ deux heures de visite au sommet.
- Billets de la Joanina à heure fixe : réservation recommandée.
- Montée exigeante à pied; navettes et autocars déposent les groupes en haut.
Ce qui reste au retour
En regagnant le bateau, beaucoup de voyageurs gardent en tête moins un monument qu'une atmosphère : cette gravité studieuse et joyeuse à la fois, faite de pierre blanche, de capes noires et de chansons au crépuscule. Les universités passent les siècles mieux que les empires, souffle Coimbra à ses visiteurs, et cette pensée accompagne longtemps la descente du fleuve.