Taranto Italy

113 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Costa Cruises (79 Croisières)

Costa Fascinosa.

Costa Fascinosa

4108 Passagers
114 tonnes
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Costa Serena.

Costa Serena

3780 Passagers
114500 tonnes
Visitez la page du navire

Windstar Cruises (21 Croisières)

Deux mers se rencontrent à Tarente. Le navire entre dans la Mar Grande, la rade ouverte sur le golfe, tandis que derrière la vieille ville s'étend la Mar Piccolo, une lagune intérieure où les mytiliculteurs cultivent leurs moules depuis des générations. Cette géographie singulière a façonné le destin des lieux : colonie grecque devenue puissance maritime, puis grand arsenal de la marine italienne. L'accostage se fait au môle San Cataldo, à environ 2,5 km du centre, et une navette gratuite conduit les passagers jusqu'au cœur de la cité. Quelques heures suffisent pour saisir ce qui rend Tarente si différente des autres villes des Pouilles.

Le pont tournant et l'entrée de la vieille ville

Le chemin vers la Città Vecchia passe par le Ponte Girevole, un pont métallique de 1887 long d'environ 90 mètres. Il pivote encore pour laisser passer les bâtiments militaires entre les deux mers, un spectacle que les Tarentins viennent observer depuis les parapets. Au passage, un coup d'œil vers l'eau révèle souvent des bancs de poissons filant dans le courant du canal. De l'autre côté, la vieille ville occupe une île étroite. Les ruelles y grimpent entre des palais aux façades usées par le sel, du linge suspendu aux balcons et des chapelles silencieuses. On s'y perd volontiers une demi-heure, le temps de sentir battre le quotidien d'un quartier resté populaire.

Le château aragonais, gardien du canal

À l'entrée de l'île, le Castello Aragonese surveille le canal navigable depuis la fin du XVe siècle. Ferdinand d'Aragon l'a fait élargir pour résister à l'artillerie, et la marine italienne, qui l'occupe toujours, en assure aujourd'hui les visites guidées. Les salles voûtées, les tours massives et les terrasses donnant sur les deux mers racontent cinq siècles de vie militaire. Juste à côté, deux colonnes doriques dressées sur une placette rappellent qu'un temple grec s'élevait ici il y a 2500 ans, parmi les plus anciens de la Grande Grèce.

La cathédrale San Cataldo

Au fil des ruelles, on rejoint la cathédrale dédiée à San Cataldo, moine irlandais devenu patron de la cité. Fondée au XIe siècle, elle compte parmi les plus anciennes des Pouilles. Sa façade baroque cache une nef romane portée par des colonnes antiques réemployées, et la chapelle du saint scintille de marbres polychromes. Le contraste entre la sobriété des pierres et l'exubérance de la chapelle résume assez bien l'histoire de la région, où chaque époque a laissé sa couche. Sur le parvis, les vieilles dames sortent leurs chaises aux heures fraîches, et la conversation roule aussi librement que les cloches.

Le MArTA et les ors de Tarente

De retour dans les quartiers neufs, le Musée archéologique national, le MArTA, mérite qu'on lui réserve une bonne heure. Ses collections comptent parmi les plus riches d'Italie pour la période grecque : céramiques, sculptures et surtout les fameux ors de Tarente, des bijoux d'une finesse étonnante façonnés par les orfèvres de l'antique Taras. Diadèmes, boucles d'oreilles et couronnes de feuilles d'or témoignent du raffinement d'une cité qui rivalisait alors avec Athènes.

Le front de mer et la table tarentine

Avant de rentrer, le Lungomare Vittorio Emanuele III offre une promenade plantée de palmiers face à la Mar Grande, avec les silhouettes des navires de guerre à l'horizon. Les trattorias du quartier servent les moules de la Mar Piccolo, gratinées ou en soupe, accompagnées d'un verre de primitivo. Les produits de la lagune arrivent directement des bancs d'élevage visibles depuis la rive, un circuit court qui existait bien avant l'expression.

En remontant à bord, on emporte l'image d'une cité double : d'un côté la vieille île serrée autour de son château, de l'autre les avenues modernes et l'arsenal. L'endroit ne cherche pas à plaire au premier regard. Elle se laisse comprendre lentement, entre deux mers, et c'est précisément ce qui donne envie d'y revenir pour prolonger la conversation.