Peu de passagers viennent à Ashdod pour Ashdod. Dès que le navire s'amarre dans ce grand complexe portuaire de la côte méditerranéenne d'Israël, tous les regards se tournent vers l'intérieur des terres, vers une cité trois fois millénaire perchée dans les collines de Judée. Jérusalem se trouve à environ 65 kilomètres du quai, soit un peu plus d'une heure de route, et cette proximité en fait l'une des escales les plus chargées de sens de toute la Méditerranée orientale.
Un port industriel, une organisation à prévoir
La cité moderne demeure avant tout un port de commerce, l'un des plus actifs du pays. La circulation à pied y est interdite : les passagers quittent la zone portuaire en autocar d'excursion, en navette ou en taxi. Les navettes déposent généralement les voyageurs au centre de la ville moderne, d'où il devient possible de rejoindre la gare ferroviaire. Mieux vaut planifier sa journée avant de descendre, car les distances à parcourir donnent tout son poids au choix de l'excursion.
Jérusalem, le but du voyage
La route grimpe doucement depuis la plaine côtière jusqu'aux collines de Judée. Au bout du trajet, la vieille ville déploie ses remparts, ses ruelles dallées et ses quartiers juif, chrétien, musulman et arménien. Depuis le mont des Oliviers, le regard embrasse d'un seul coup le dôme doré, les cyprès et les murailles ocre. Plus bas, les fidèles se recueillent au mur des Lamentations pendant que les pèlerins suivent la Via Dolorosa jusqu'au Saint-Sépulcre. Une journée d'escale permet de parcourir l'essentiel de la vieille ville, à condition d'accepter de ne pas tout voir : la cité se mérite par petites touches.
Bethléem, à quelques kilomètres de plus
Plusieurs excursions combinent la Ville sainte et Bethléem, où la basilique de la Nativité veille sur l'un des lieux les plus vénérés de la chrétienté. On y pénètre par une porte si basse qu'il faut se courber, un geste d'humilité imposé par les siècles. Le contraste entre la ferveur des lieux et l'animation des rues marchandes environnantes compose une expérience qui reste longtemps en mémoire.
La mer Morte et Massada, l'autre horizon
Ceux qui y sont déjà allés choisissent souvent le désert. Une route descend vers le point le plus bas du globe, où la mer Morte étale ses eaux denses et laiteuses bordées de cristaux de sel. On y flotte sans effort, une sensation étrange qui fait sourire même les plus réservés. Tout près, le téléphérique de Massada hisse les visiteurs jusqu'à la forteresse d'Hérode, dont les vestiges dominent le désert de Judée du haut de leur plateau rocheux.
Tel-Aviv et Jaffa par le train
Les voyageurs plus indépendants peuvent rejoindre la gare d'Ashdod et filer vers Tel-Aviv. La métropole balnéaire aligne ses immeubles Bauhaus classés, ses plages urbaines et ses terrasses animées. À son extrémité sud, le vieux port de Jaffa superpose pierres ottomanes, galeries d'artistes et points de vue sur la baie. L'ambiance méditerranéenne et décontractée offre un contrepoint saisissant à la gravité de Jérusalem.
Quelques repères pratiques
| Destination | Distance approximative | Mode d'accès |
| Jérusalem | 65 km | Excursion ou taxi, environ 1 h 15 |
| Bethléem | Au-delà de Jérusalem | Excursion organisée |
| Tel-Aviv | 40 km | Train depuis la gare d'Ashdod |
| Mer Morte et Massada | Journée complète | Excursion organisée |
Les journées d'escale y sont longues et bien remplies. Un chapeau, de l'eau et de bonnes chaussures rendent la visite des sites beaucoup plus agréable, surtout durant l'été.
Le retour vers la côte
Au retour, quand l'autocar redescend des collines vers la plaine littorale, le silence s'installe souvent parmi les passagers. Chacun repasse sa journée : une prière glissée entre les pierres, la lumière du désert, le sel resté sur la peau. Ashdod n'aura été qu'un point de départ, mais rares sont les escales qui laissent autant de choses à emporter.