Paxos Island Lakka-Gaios, Greece

2 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Deux îlots gardent l'entrée du chenal. Sur le premier, Agios Nikolaos, les ruines d'une forteresse vénitienne émergent des pins ; sur le second, une chapelle blanche veille sur les flots. Le bateau se faufile entre eux, le passage se resserre, puis Gaios apparaît d'un coup : un front de maisons ocre et roses serrées autour d'un plan d'eau si calme qu'on le croirait peint. Bienvenue à Paxos, la plus discrète des îles Ioniennes.

Une capitale grande comme un village

Gaios, chef-lieu de l'île, tiendrait tout entier dans quelques rues. La place centrale s'ouvre directement sur le quai, ombragée et bordée de cafés où la vie locale s'écoule sans hâte : expresso le matin, ouzo en fin d'après-midi, conversations qui traversent la place d'une terrasse à l'autre. Les maisons, héritées de quatre siècles de présence vénitienne, portent des volets aux verts et aux bleus passés, des balcons de fer forgé, des linteaux sculptés. Un chat dort sur chaque muret ou presque. Prenez le temps d'un café glacé en terrasse : la place sert de théâtre permanent, entre l'arrivée des navettes, les livreurs à mobylette et les pêcheurs qui réparent leurs filets.

L'île aux oliviers

Dès qu'on s'éloigne du rivage, l'olivier règne. Les Vénitiens en encouragèrent la plantation il y a des siècles, et l'île en demeure couverte : des arbres énormes, noueux, certains vieux de plusieurs centaines d'années, dont les frondaisons argentées recouvrent les collines comme une mer végétale. L'huile de Paxos jouit d'une réputation enviable dans toute la Grèce ; les petites boutiques de Gaios en vendent, avec le miel et les savons artisanaux, dans des présentations qui font d'excellents souvenirs à rapporter.

Lakka, la baie ronde

À la pointe nord, le hameau de Lakka s'enroule autour d'une baie presque circulaire, fermée par deux caps couverts d'oliviers et de cyprès. Les voiliers y mouillent sur une eau turquoise pâle, les ruelles alignent quelques tavernes et des façades à l'italienne. Certains itinéraires y déposent leurs passagers en annexe ; d'autres proposent le trajet par la route, une demi-heure à peine à travers l'intérieur de l'île, ses murets de pierre sèche et ses chapelles minuscules. En chemin, certains s'arrêtent à Loggos, troisième bourgade de la côte est, dont le minuscule front de mer aligne quelques tavernes sous les pins.

Les falaises de la côte ouest

La façade occidentale de Paxos raconte une tout autre histoire. Face au large, des falaises calcaires plongent dans une mer d'un bleu profond, percées de grottes marines où la lumière joue en reflets d'aquarium. Lorsque la météo le permet, des excursions en bateau longent ces parois et s'approchent des arches naturelles. Le contraste avec la douceur des baies orientales donne à cette petite île une variété de paysages qu'on ne soupçonnait pas en arrivant. Les jours de grand vent, le spectacle se contemple d'en haut, depuis les sentiers qui suivent la crête entre deux hameaux.

Antipaxos, la voisine aux vignes

À un mille nautique au sud, Antipaxos aligne ses vignobles au-dessus de deux plages réputées parmi les plus belles de la mer Ionienne, Vrika et Voutoumi, où le sable clair fait paraître l'eau presque irréelle. Des navettes relient Gaios à cette voisine miniature en quelques minutes. Si votre temps d'escale l'autorise, l'aller-retour compose un après-midi parfait : baignade, verre de vin local, retour au coucher du soleil.

Le luxe de la lenteur

Deux ou trois heures suffisent à faire le tour du chef-lieu, et c'est très bien ainsi. Paxos ne se visite pas au pas de course ; elle s'apprivoise à la vitesse d'une promenade digestive. Quand l'annexe repart vers le navire et que les deux îlots referment le chenal derrière vous, on éprouve le sentiment rare d'avoir été admis, quelques heures, dans un secret que la Méditerranée garde encore assez bien.