Kos Island Greece

35 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

La médecine occidentale est née sur cette île. Hippocrate, le père de l'art de guérir, a vu le jour à Kos il y a près de deux mille cinq cents ans, et son ombre bienveillante plane encore sur les places, les ruines et jusque sous les branches d'un platane vénérable. Les navires accostent au cœur de la cité principale, face à un château des chevaliers de Saint-Jean : rarement une escale du Dodécanèse aura mis autant d'histoire à portée immédiate de passerelle.

Neratzia, la sentinelle du bassin

La forteresse de Neratzia garde l'entrée du bassin depuis l'époque des chevaliers de Saint-Jean, qui l'élevèrent en réutilisant les marbres antiques trouvés sur place. Ses murailles massives, posées entre les palmiers et les voiliers, donnent le ton dès la descente à quai. Selon les périodes, l'intérieur se visite ou s'admire depuis l'extérieur; dans tous les cas, le tour de ses remparts par l'avenue des palmiers vaut la promenade. Dans les murs, l'œil exercé repère des tambours de colonnes et des blocs sculptés : les bâtisseurs médiévaux ont littéralement recyclé la cité antique pour élever leur forteresse.

Le platane d'Hippocrate

Juste en face de l'entrée du château, sur la place Platanou, un arbre immense étend ses branches soutenues par des étais. La tradition veut qu'Hippocrate ait enseigné sous son ancêtre; le platane actuel, âgé d'au plus cinq siècles, en perpétue le souvenir avec une dignité de patriarche. Les étudiants en médecine du monde entier viennent s'y photographier, et l'endroit conserve, malgré l'affluence, quelque chose d'émouvant : un simple arbre comme monument à la naissance d'une science. On s'attarde un moment sous le feuillage, à écouter les guides raconter la même histoire en cinq langues.

L'agora et la ville qui marche

À deux pas de la place, les ruines de l'agora antique s'étendent en plein centre : colonnes, mosaïques et fondations dorment entre les hibiscus, en accès libre ou presque. Kos se parcourt aisément, plate comme la main, et les habitants l'arpentent volontiers à bicyclette; les pistes cyclables font partie du paysage urbain autant que les scooters. Entre deux sites, les rues commerçantes offrent leur lot de terrasses où le café frappé se sirote à l'ombre, pendant que les vendeurs d'éponges et de miel de thym hèlent gentiment le passant.

L'Asclépiéion, l'hôpital de l'Antiquité

À quatre kilomètres au nord-ouest s'étagent les terrasses de l'Asclépiéion, le sanctuaire de guérison le plus fameux du monde grec, étroitement lié à l'école de médecine née sur l'île. Temples, portiques et escaliers monumentaux s'y superposent face à la mer et à la côte turque. Depuis la terrasse supérieure, la vue porte loin sur le détroit, et l'on comprend que les anciens aient choisi ce versant pour soigner les corps comme les esprits. Un petit train touristique part de la marina pour environ cinq euros aller-retour, à moins de préférer le taxi ou le vélo. Comptez une heure trente sur place pour saisir l'esprit du lieu.

Repères pratiques

  • Accostage au centre de Kos; château, arbre légendaire et agora accessibles à pied en quelques minutes.
  • Asclépiéion : 4 km; petit train depuis la marina (environ 5 euros aller-retour), taxi ou vélo.
  • Terrain plat : la bicyclette est un excellent moyen d'explorer la ville.
  • Prévoir de l'eau et un chapeau pour l'Asclépiéion, peu ombragé en été.

En regagnant le bord, on repasse forcément devant le vieil arbre, où les touristes du soir cherchent encore un peu de son ombre. Deux millénaires et demi plus tard, l'île continue de faire exactement ce que recommandait son plus illustre enfant : soigner les gens, ne serait-ce qu'en leur offrant une journée de marche au soleil, entre la mer et la mémoire.