Kalymnos Island Greece

Pendant des générations, les hommes de cette île sont descendus au fond de la mer accrochés à une pierre plate, la skandalopetra, pour arracher des éponges aux rochers. Kalymnos a bâti sa fortune, ses deuils et sa fierté sur ce métier hors norme, et Pothia, sa capitale, en garde la mémoire à chaque coin de rue. L'escale, confidentielle, compte parmi les plus attachantes du Dodécanèse, précisément parce qu'elle n'a jamais rien maquillé de son histoire.

Pothia, un amphithéâtre de couleurs

La bourgade grimpe en arc de cercle autour de son bassin, mêlant demeures de capitaines aux teintes ocre, bleu et safran, héritage des années fastes du commerce maritime. Depuis le débarcadère, tout se fait à pied. Le front de mer aligne caïques, cafés et étals où sèchent les éponges naturelles, blondes et irrégulières, qui font encore la réputation locale; leur odeur d'iode accompagne la promenade d'un bout à l'autre des quais. Derrière, un lacis d'escaliers et de venelles monte vers les hauteurs; on s'y égare volontiers, entre linge aux fenêtres et chats endormis, jusqu'à déboucher sur un point de vue imprévu. Les boutiques du bassin vendent aussi le miel de thym des collines, l'origan séché et ces herbes que les grand-mères cueillent encore elles-mêmes : de quoi remplir la valise de parfums plutôt que de babioles.

Le musée des pêcheurs d'éponges

À environ 700 mètres du quai, près de l'hôtel de ville, le Musée maritime raconte l'épopée des plongeurs : pierres de lest, scaphandres de toile aux casques de cuivre, photographies des départs de flottilles au début du XXe siècle, quand des centaines d'hommes quittaient l'île pour des mois vers les bancs d'Afrique du Nord. Les récits d'accidents de décompression, que les insulaires payèrent très cher, donnent la mesure du courage exigé. L'entrée est gratuite, et le petit Musée folklorique voisin complète le tableau avec costumes et intérieurs traditionnels.

Non loin, des ateliers ouvrent leurs portes : on y suit la transformation de la récolte brute, nettoyée, battue puis calibrée avant la vente. Repartir avec l'une d'elles, c'est emporter un morceau du patrimoine insulaire, bien plus qu'un simple souvenir de salle de bain. Les vendeurs expliquent volontiers comment distinguer la vraie éponge de mer des imitations synthétiques : la première pardonne tout, dit-on ici, même les années.

Falaises célèbres et criques discrètes

Depuis une vingtaine d'années, une nouvelle tribu venue du monde entier a adopté Kalymnos : les grimpeurs. Les parois calcaires qui dominent la côte ouest comptent parmi les plus réputées d'Europe, et l'on aperçoit leurs cordées colorées accrochées aux surplombs, surtout au printemps et à l'automne, quand la roche reste fraîche. Cette clientèle sportive a donné à l'île une seconde jeunesse, sans altérer son caractère.

Sans toucher au rocher, un taxi permet de rejoindre la côte de Myrties et Masouria, face à l'îlot de Telendos, pour un long repas de poisson grillé, les pieds pratiquement dans l'eau. Les plages de galets y descendent dans une mer d'une netteté troublante.

Pour bien répartir ses heures

  • Matinée : front de mer de Pothia, musée maritime et ruelles hautes.
  • Midi : taverne du bassin ou de la côte ouest; goûtez le poulpe séché au soleil.
  • Après-midi : Myrties et la vue sur Telendos, ou simplement un café face aux caïques.

Les éponges se font plus rares aujourd'hui, décimées par les maladies, et les scaphandres dorment dans les vitrines. Mais il suffit d'observer les vieux du quai regarder la mer pour sentir que rien n'est vraiment fini ici : l'île attend, comme elle a toujours attendu ses plongeurs. En larguant les amarres, on se surprend à espérer, avec elle, que la mer rendra un jour ce qu'elle a pris.

Questions fréquentes

À Pothia, la capitale, qui grimpe en arc de cercle autour de son bassin. Depuis le débarcadère, tout se fait à pied : le front de mer aligne caïques, cafés et étals où sèchent les éponges naturelles.
Parce que pendant des générations, ses hommes sont descendus au fond de la mer accrochés à une pierre plate, la skandalopetra, pour arracher des éponges aux rochers. L'île a bâti sa fortune, ses deuils et sa fierté sur ce métier hors norme.
Le front de mer de Pothia, le Musée maritime et les ruelles hautes en avant-midi, un déjeuner au bassin, puis un taxi vers Myrties et la vue sur Telendos. Rien n'est loin.
L'épopée des plongeurs : pierres de lest, scaphandres de toile aux casques de cuivre, photographies des départs de flottilles au début du vingtième siècle. Les récits d'accidents de décompression donnent la mesure du courage exigé. L'entrée est gratuite, à environ 700 mètres du quai.
Oui, dans les ateliers près du bassin, où l'on suit la transformation de la récolte brute, nettoyée, battue puis calibrée. Les vendeurs expliquent volontiers comment distinguer la vraie éponge de mer des imitations synthétiques.
Les parois calcaires qui dominent la côte ouest comptent parmi les plus réputées d'Europe. On aperçoit les cordées colorées accrochées aux surplombs surtout au printemps et à l'automne, quand la roche reste fraîche.
Sur la côte ouest, à Myrties et Masouria, face à l'îlot de Telendos, accessibles en taxi. Les plages de galets y descendent dans une mer d'une netteté troublante, et les tavernes servent le poisson grillé les pieds pratiquement dans l'eau.
Une éponge naturelle, le miel de thym des collines, l'origan séché et les herbes que les grand-mères cueillent encore elles-mêmes. De quoi remplir la valise de parfums plutôt que de babioles.
Bien. Pothia est compacte, les ateliers d'éponges intéressent les enfants et le musée est gratuit. Les venelles montent en escaliers, mais on peut rester au niveau du bassin sans rien manquer d'essentiel.
L'euro et le grec. L'escale reste confidentielle : prévoyez du comptant pour les ateliers, les taxis et les petites tavernes. L'anglais se pratique dans les commerces du front de mer.