Eberbach-Baden Germany Baden-Wurttemberg

15 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Le Neckar prend son temps dans cette partie de son cours. Entre Heidelberg et Heilbronn, la rivière s'enfonce dans les collines boisées de l'Odenwald, franchit des écluses, contourne des éperons couronnés de châteaux — c'est la Burgenstrasse, la route des châteaux, vue depuis l'eau. Au creux d'un de ces méandres, Eberbach aligne ses toits serrés au pied de versants couverts de forêts. Les bateaux fluviaux s'amarrent au ponton communal, à quelques pas du centre ancien : on débarque littéralement au seuil de la vieille ville.

Quatre tours et des ruelles à colombages

Le noyau ancien, piétonnier, se parcourt aisément entre deux coups de cloche. Quatre tours médiévales bien conservées marquent l'ancien tracé des remparts, dont des pans subsistent entre les maisons; la tour de la Poudre, du XIIIe siècle, est la plus imposante. Les ruelles alignent des maisons à colombages soigneusement entretenues, parmi lesquelles le Palmsches Haus de 1610, aux étages en encorbellement, sert de décor aux photographies. Sur la place du marché, l'hôtel de ville côtoie l'ancienne église collégiale, et les commerces de proximité — boulangeries, boucheries, cavistes — rappellent qu'Eberbach est restée une vraie petite ville vivante, pas un décor pour visiteurs.

Le sanglier, emblème et gourmandises

Le nom du lieu se traduit à peu près par « ruisseau du sanglier », et l'animal est partout : sur les armoiries, en bronze dans les rues, en pâtisserie dans les vitrines. Les confiseurs locaux déclinent le thème avec humour, et les tavernes servent une cuisine du terroir où gibier de l'Odenwald, spätzle et vins du Neckar tiennent le haut du menu. Une pause s'impose dans un café de la place, à regarder passer les habitants — c'est le rythme même de la ville, paisible et régulier comme la rivière.

Des ruines dans la forêt et un volcan endormi

Au-dessus des toits, la colline du Burgberg cache dans ses arbres les vestiges de la forteresse d'Eberbach : trois châteaux forts successifs, élevés entre le XIe et le XIIIe siècle puis abandonnés, dont subsistent murailles et pans d'enceinte. Un sentier grimpe depuis les dernières maisons; l'effort se récompense par des trouées sur la vallée. Les marcheurs plus ambitieux viseront le Katzenbuckel, point culminant de l'Odenwald à 626 mètres : cet ancien volcan éteint, coiffé d'une tour d'observation, domine un océan de forêts. La région appartient au parc naturel Neckartal-Odenwald, sillonné de sentiers balisés qui font du bourg un camp de base rêvé pour les marcheurs.

L'arrivée par la rivière constitue en soi une part du plaisir : les écluses se franchissent au ralenti, hérons et cormorans pêchent dans les contre-courants, et chaque méandre révèle un nouveau château perché — Zwingenberg la romantique, Hirschhorn et son bourg fortifié ne sont qu'à quelques kilomètres en aval. Les jours de marché, la place s'anime des produits de l'Odenwald : miel de forêt, charcuteries fumées, fruits des vergers de la vallée.

Selon la durée de la halte

  • Une heure : le lacis de ruelles, les anciennes portes et les colombages.
  • Deux à trois heures : ajouter la montée aux ruines du Burgberg ou une pause gourmande prolongée.
  • Une demi-journée : une randonnée vers le Katzenbuckel ou une virée à vélo le long des berges.

La vallée se referme doucement

Quand le bateau reprend son chemin d'écluse en écluse, les tours de la petite cité disparaissent derrière un rideau d'arbres et la vallée redevient sauvage. Cette étape n'a rien de spectaculaire au sens des grandes capitales; elle offre autre chose — la Germanie des contes, celle des forêts profondes, des sangliers et des châteaux ruinés, à hauteur de promeneur. C'est souvent elle, curieusement, que les passagers du Neckar évoquent en premier au souper.