La rade de Toulon passe pour l'une des plus belles d'Europe, et l'arrivée en bateau en fait la démonstration : montagnes calcaires en amphithéâtre, presqu'île de Saint-Mandrier fermant l'horizon, et partout des coques grises, frégates et porte-hélicoptères de la Marine nationale, dont Toulon est le premier port. Les grands navires de croisière accostent généralement à La Seyne-sur-Mer, sur la rive ouest; de là, le bateau-bus de la ligne 8M rejoint le cœur de la cité en une vingtaine de minutes, une traversée qui vaut à elle seule le déplacement.
Le marché du cours Lafayette
Premier arrêt tout trouvé : le marché provençal du cours Lafayette, l'un des plus généreux du littoral, chanté jadis par Gilbert Bécaud, et les habitués le rappellent volontiers entre deux pesées de tomates. Chaque matin sauf le lundi, les étals croulent sous les tomates, la tapenade, les fromages de chèvre et les bouquets de basilic, dans un brouhaha chantant qui sent bon le Midi. Le kiosque du débarcadère distribue plans et conseils avec l'accent, de quoi organiser la suite sans se presser. Les ruelles voisines de la vieille ville prolongent la flânerie entre fontaines moussues, placettes ombragées et façades hautes en couleur, jusqu'à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds, dont la façade classique cache une nef sombre et fraîche, refuge apprécié aux heures chaudes.
Le Mont Faron par les airs
Au-dessus de la ville, le Mont Faron culmine à 584 mètres, et son téléphérique en atteint le sommet en six minutes de montée face à la mer. Là-haut, le mémorial du débarquement de Provence rappelle qu'en août 1944, les troupes alliées, dont de nombreux soldats français d'Afrique, reprirent la côte varoise; les terrasses voisines servent un café avec le plan d'eau entier en contrebas. Sentiers ombragés et zoo de montagne complètent le plateau. Par grand vent, le téléphérique reste à quai : mieux vaut vérifier au kiosque d'information du port avant de monter.
La Marine, cœur battant de la ville
Toulon vit avec sa flotte depuis Louis XIV et Vauban. Le Musée national de la Marine, installé porte de l'Arsenal, expose maquettes monumentales, figures de proue et souvenirs des grandes escadres. Sur les quais de la darse vieille, des vedettes proposent le tour de la rade, seule façon d'approcher les bâtiments de guerre au mouillage. Entre deux, la statue du Génie de la Navigation veille sur le carrousel du port, et les terrasses regardent passer marins en uniforme et familles en promenade. Les gamins du quartier pêchent au bout des pontons pendant que les retraités commentent les manœuvres, tableau immuable des cités militaires.
Le Mourillon, la plage des Toulonnais
À l'est du centre, le quartier du Mourillon aligne ses anses de sable aménagées, ses jardins et ses restaurants les pieds dans l'eau, avec vue sur la tour Royale du XVIe siècle. C'est l'option détente de l'escale : trempette, pétanque sous les pins, pelouses et jeux pour enfants dans les jardins du littoral. Les amateurs de rugby salueront au passage le stade Mayol, antre du RCT, dont les jours de match mettent tout le monde au diapason, des quais aux collines.
S'orienter depuis le quai
| Option | Repère pratique |
| La Seyne → centre de Toulon (bateau-bus 8M) | 20 min de traversée |
| Centre → téléphérique du Faron | autobus urbain, 15 min environ |
| Centre → plages du Mourillon | 30 min à pied par le littoral |
Au retour, la traversée de la rade au soleil déclinant compose le plus beau final qui soit : la ville rose et ocre adossée à son Faron, les mâts militaires en silhouette, le clapot contre l'étrave du bateau-bus. La cité varoise, longtemps boudée au profit de ses voisines, a retrouvé sa fierté et le fait savoir. On s'éloigne en se disant qu'on n'a pas fini d'explorer ses replis.