Des parfums de maquis et de sel flottent sur le golfe bien avant l'accostage. Le navire glisse entre des collines couvertes de chênes-lièges, puis la baie se referme doucement autour d'une colline où s'accroche la haute ville de Porto-Vecchio, ceinturée de remparts génois. En contrebas s'étendent la marina et les anciens salins qui ont valu à la commune son surnom de cité du sel. L'escale s'annonce sous le signe du granit, de la lumière et de l'eau turquoise.
Du quai à la haute ville
Les navires de taille modeste accostent au quai commercial, près de la marina; les plus imposants mouillent dans le golfe et déposent leurs passagers en chaloupe. Du débarcadère, comptez environ deux kilomètres jusqu'au centre ancien, soit une vingtaine de minutes de marche en montée assez soutenue, le quartier ancien étant perché à quelque 70 mètres d'altitude. Bonne nouvelle pour les jambes : de petites navettes électriques gratuites partent de l'avenue Georges-Pompidou et grimpent jusqu'aux portes des remparts.
La citadelle génoise
Fondée par Gênes au XVIe siècle, la citadelle conserve son Bastion de France et sa Porte Génoise, ouverte sur un panorama qui embrasse le golfe et les salins. À l'intérieur des murs, les ruelles pavées convergent vers la place de la République, où les terrasses s'installent à l'ombre de l'église Saint-Jean-Baptiste. Flânez sans itinéraire précis : chaque passage voûté, chaque escalier de granit mène à un point de vue ou à une boutique d'artisans. Les épiceries fines regorgent de charcuteries corses, de fromages de brebis et de canistrelli, ces biscuits secs qui accompagnent bien un café en terrasse. Gênes fonda ce comptoir au XVIe siècle pour contrôler le sud de l'île, et l'on devine encore, dans l'épaisseur des murailles, la ténacité qu'il fallut pour tenir la place face aux incursions venues de la mer.
Les salins et le front de mer
En redescendant vers le rivage par la Porte Génoise, les anciens marais salants s'étalent au pied de la colline. Exploités depuis l'Antiquité et jusqu'au XXe siècle, ils composent aujourd'hui un paysage paisible où viennent se poser hérons et échassiers. Un sentier plat en fait le tour, parfait pour marcher sans effort entre deux montées. La promenade se poursuit naturellement vers la marina, où les cafés et les glaciers font face aux voiliers. C'est l'endroit rêvé pour observer le va-et-vient des bateaux en dégustant une glace à la châtaigne ou au brocciu.
Palombaggia et les plages du sud
Si Porto-Vecchio attire autant de monde chaque été, ses plages y sont pour beaucoup. À une dizaine de kilomètres au sud, Palombaggia aligne son sable clair entre des pins parasols et des rochers de granit rose, dans une eau peu profonde aux reflets changeants. Santa Giulia, un peu plus loin, déploie une baie presque fermée qui évoque un lagon. En escale, on s'y rend en taxi ou en excursion organisée; prévoyez au moins une demi-journée pour en profiter sans courir. Les moins pressés loueront un transat sur place; les autres se contenteront d'une baignade et de quelques photos avant de revenir vers le quai.
Repères pratiques
| Destination | Distance depuis le quai | Accès |
| Haute ville (citadelle) | Environ 2 km | À pied (20 min en montée) ou navette électrique gratuite |
| Marina et front de mer | Moins de 1 km | À pied |
| Plage de Palombaggia | Une dizaine de km | Taxi ou excursion |
| Plage de Santa Giulia | Une quinzaine de km | Taxi ou excursion |
L'heure du retour
En fin de journée, la lumière rase dore les remparts et les montagnes de l'Alta Rocca se découpent derrière la baie. Depuis le pont du navire, la haute ville semble veiller sur ses salins comme elle le fait depuis cinq siècles. On remonte à bord avec du sel sur la peau, un sachet de canistrelli dans le sac, et la certitude que la Corse du Sud mérite qu'on lui consacre, un jour, bien plus que quelques heures.