L'ancre tombe dans une rade si profonde que les plus grands navires y mouillent à l'abri, entre deux presqu'îles couvertes de pins et de villas. Villefranche-sur-Mer sert de porte d'entrée maritime à la Côte d'Azur, et dès le premier regard, on comprend ce qui attire ici les peintres depuis plus d'un siècle : une lumière franche, des façades jaunes et roses serrées au bord de l'eau, et les caps qui se succèdent vers l'Italie toute proche.
Villefranche, première immersion
Le transbordeur dépose les passagers au cœur du village, et beaucoup commettent l'erreur de filer aussitôt ailleurs. Prenez d'abord une heure pour les ruelles en escaliers, le petit port de pêche et la rangée de restaurants qui borde la plage. La vieille cité se grimpe doucement, entre passages voûtés et volets pastel, et offre depuis ses hauteurs des vues plongeantes sur la rade où votre navire semble posé sur un miroir.
Nice à un quart d'heure
La gare ferroviaire, accessible à pied depuis le débarcadère, change tout : les trains régionaux filent vers Nice en une vingtaine de minutes. On y descend pour la vieille ville et son marché du cours Saleya, la promenade des Anglais et la baie qui lui sert d'écrin, ou encore la colline du château et son panorama sur les toits de tuiles. La capitale azuréenne se prête parfaitement à une demi-journée : assez de temps pour flâner, goûter une socca brûlante et revenir sans stress vers la rade.
Monaco, l'autre direction
Le même rail mène en sens inverse vers la principauté de Monaco. Le rocher porte le palais princier et sa relève de la garde, la cathédrale où repose la princesse Grace, et les jardins suspendus au-dessus de la Méditerranée. En contrebas, Monte-Carlo aligne son casino Belle Époque, ses palaces et ses voitures d'exception. L'ensemble se parcourt en quelques heures, ascenseurs publics aidant, et laisse cette impression d'un décor trop soigné pour être vrai, qui fascine même les plus blasés.
Èze, le nid d'aigle
Entre les deux, le village d'Èze s'accroche à son piton à environ 400 mètres au-dessus des flots. Ses venelles médiévales mènent à un jardin de plantes exotiques planté dans les ruines du château, d'où la vue embrasse toute la côte. La parfumerie Fragonard y ouvre ses ateliers aux visiteurs, héritage de Grasse toute proche. Les excursions des compagnies combinent souvent Èze avec Monaco, un tandem qui remplit bien une journée.
Cannes et l'arrière-pays des artistes
Certains itinéraires mouillent plutôt devant Cannes, à l'ouest. La Croisette y déroule ses palaces et ses plages face aux îles de Lérins, et le vieux quartier du Suquet grimpe vers son clocher avec des vues étendues sur la baie. De là comme de Villefranche, les excursions gagnent aussi Antibes, son marché provençal et son musée Picasso installé dans le château Grimaldi, ou Saint-Paul-de-Vence, village d'artistes ceinturé de remparts où galeries et fondations d'art moderne se succèdent à flanc de colline. L'arrière-pays azuréen récompense ceux qui acceptent de tourner un moment le dos à la mer.
Composer sa journée azuréenne
- Train vers Nice : environ 20 minutes, départs fréquents.
- Train vers Monaco : trajet comparable dans l'autre direction.
- Èze et la corniche : en excursion organisée ou en taxi.
- Sans transport : Villefranche seul mérite amplement la journée.
Le dernier transbordeur
En fin d'après-midi, les navettes ramènent à bord des passagers chargés de savon de Marseille, de pochons de lavande et de photographies par centaines. La rade s'embrase aux couleurs du couchant tandis que le navire vire lentement vers le large. La Riviera produit cet effet singulier : on n'en a jamais terminé avec elle, et chaque départ ressemble à une promesse de retour murmurée à la côte.