Sept îles posées en demi-cercle ferment la baie comme les doigts d'une main ouverte sur le golfe du Saint-Laurent. C'est cet archipel qui a donné son nom à la ville, avant-poste de la Côte-Nord québécoise longtemps accessible uniquement par bateau : aucune route ne la reliait au reste du Québec avant 1960. Aujourd'hui capitale régionale et l'un des plus importants ports du Canada pour le tonnage, Sept-Îles réserve aux croisiéristes un visage bien différent de ses installations minières : celui d'une ville tournée vers sa promenade, ses îles et la culture innue.
Du port à la promenade du Vieux-Quai
Les navires accostent aux installations portuaires situées à proximité du centre-ville. De là, on rejoint rapidement le secteur du Vieux-Quai, dont le premier quai fut construit en 1911. Une promenade pavée longe la baie, ponctuée de parcs, de modules pour les enfants et de kiosques d'artisans en été. Les pêcheurs du coin y réparent patiemment leurs cages à crabe sous l'œil des goélands, et l'odeur du large accompagne chaque pas. C'est le cœur battant de la ville, là où les Septiliens viennent marcher le soir. On y entend le français chantant de la Côte-Nord, parfois l'innu-aimun, et la conversation s'engage sans façon avec les promeneurs croisés en chemin.
L'archipel et l'île Grande Basque
Depuis la marina voisine, des navettes maritimes croisent vers l'île Grande Basque, à une dizaine de minutes de traversée. Douze kilomètres de sentiers balisés y serpentent entre forêt boréale, anses de sable et caps de granit, avec des points de vue sur la rade et les navires au mouillage. Des sorties en zodiac permettent aussi d'approcher les autres îles, leurs colonies d'oiseaux marins et, avec un peu de chance, les phoques qui se prélassent sur les rochers. L'île du Corossol, sanctuaire d'oiseaux migrateurs, abrite notamment macareux, petits pingouins et eiders, que les guides savent repérer sans jamais déranger les colonies. Prévoir de bonnes chaussures et un coupe-vent : la mer rafraîchit l'air même en plein été, surtout lors des traversées de fin de journée.
La culture innue au Shaputuan
Sept-Îles vit aux côtés de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, et le Musée Shaputuan raconte cette présence millénaire. Autour d'une grande tente traditionnelle, l'exposition suit le cycle des saisons de chasse et de rassemblement, portée par les voix et les objets du quotidien innu. La visite éclaire d'un jour nouveau tout ce que l'on croise ensuite en ville, des noms de lieux aux œuvres d'art public. C'est souvent la partie de l'escale dont les passagers reparlent le plus au souper.
Saveurs de la Côte-Nord
Près des quais, casse-croûtes et restaurants mettent le crabe des neiges et la crevette nordique à l'honneur en saison. Les microbrasseries locales servent des bières aux petits fruits nordiques, et les boutiques proposent chicoutai et produits de la forêt boréale. Un guide sucré : demander une tarte aux chicoutés, ces mûres arctiques dorées que l'on cueille dans les tourbières de la région.
L'escale en un coup d'œil
| Attrait | Accès depuis le quai | Durée suggérée |
| Promenade du Vieux-Quai | À pied | 1 heure |
| Musée Shaputuan | Court trajet en taxi ou navette | 1 à 2 heures |
| Île Grande Basque | Navette maritime depuis la marina | 3 à 4 heures |
| Sortie en zodiac dans l'archipel | Départ du Vieux-Quai | 2 à 3 heures |
Le dernier regard sur la rade
Au départ, le navire se faufile entre les îles qui ont protégé la baie de tout temps, des Basques venus chasser la baleine jusqu'aux minéraliers d'aujourd'hui. Les maisons s'amenuisent, la forêt reprend ses droits sur la côte, et l'on mesure alors la vraie nature de cette escale : une porte entrouverte sur l'immensité de la Côte-Nord, que quelques heures à terre ne font qu'effleurer.