Gaspé, Québec, Canada

65 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

C'est dans cette baie que Jacques Cartier planta une croix en juillet 1534 et prit possession du territoire au nom du roi de France : Gaspé aime rappeler qu'elle fut, en quelque sorte, le berceau du Canada. Le mot lui-même viendrait du mi'gmaq « Gespeg », la fin des terres. Et c'est bien l'impression qui saisit le passager à l'arrivée : une échancrure profonde et abritée, des collines boisées, et au-delà, la Gaspésie tout entière qui déploie falaises, caps et colonies d'oiseaux marins.

Débarquer à la fin des terres

Les navires accostent à proximité de la petite ville, dont le centre se rejoint en quelques minutes. Gaspé se parcourt aisément : rue commerçante, cafés, boutiques régionales et vues constantes sur la baie. Sur les hauteurs, le musée de la Gaspésie consacre ses salles à Cartier, aux pêcheurs de morue et aux naufrages de la péninsule ; son monument aux découvreurs, face à la mer, marque symboliquement le lieu de la fameuse croix de 1534. La communauté mi'gmaq de Gespeg partage pour sa part sa culture par l'entremise de son site d'interprétation, rappelant que l'histoire d'ici précède largement les voiliers français.

Forillon, le parc au bout du cap

À une trentaine de kilomètres, le parc national Forillon occupe l'extrémité de la péninsule, là où les Appalaches plongent littéralement dans le golfe. Les excursions y mènent en moins d'une heure : falaises calcaires, anses aux eaux limpides, sentiers côtiers et le secteur de Grande-Grave, qui conserve les maisons et magasins d'une communauté de pêcheurs du début du vingtième siècle. Depuis les belvédères, on aperçoit souvent phoques et baleines ; le secteur passe pour l'un des meilleurs postes d'observation terrestres du Québec maritime, et les guides de Parcs Canada enrichissent la halte de leurs récits. Non loin, le phare de Cap-des-Rosiers, le plus haut du Canada, veille sur le golfe depuis 1858.

Percé et son rocher

Vers le sud, la route côtière déroule l'un des plus beaux littoraux de l'est du pays jusqu'au village de Percé, à environ une heure de trajet. Le célèbre rocher surgit alors, muraille calcaire de plus de 400 mètres de longueur trouée de son arche, posée dans une mer qui change de couleur avec le ciel. Le bourg lui-même, avec ses quais, ses ateliers d'artistes et ses restaurants de poisson, mérite qu'on lui garde du temps. Cette excursion occupe une bonne partie de la journée ; elle demeure la plus demandée au départ des navires, et pour cause.

L'île aux 110 000 fous

Face à Percé, l'île Bonaventure abrite l'une des plus imposantes colonies de fous de Bassan accessibles au monde : plus de 100 000 oiseaux nichent sur ses corniches. Les bateaux locaux en font le tour et accostent pour qui veut marcher jusqu'à la colonie, expérience sonore et olfactive autant que visuelle, où les grands oiseaux blancs plongent en flèche à quelques mètres des visiteurs. Les photographes en redemandent, et les enfants aussi, tant le ballet des plongeons semble ne jamais s'arrêter.

La table gaspésienne

Entre deux excursions, la région se goûte : homard et crabe des neiges en saison, morue apprêtée à l'ancienne, petits fruits nordiques et bières de microbrasseries locales. Les cantines de bord de mer servent des guédilles de homard qui comptent parmi les plaisirs simples de l'escale, et les poissonneries permettent de composer un pique-nique improvisé face à la baie.

Le regard vers le large

Gaspé condense en une journée ce que la péninsule offre de plus fort : l'histoire fondatrice, les falaises de Forillon, le rocher de Percé et le tumulte ailé de Bonaventure. Au moment du départ, quand la baie se referme lentement derrière le navire, on comprend pourquoi tant de voyageurs promettent de revenir faire le tour complet de la Gaspésie par la route.