La baie de Souda compte parmi les mouillages les plus sûrs de la Méditerranée, et les navires de croisière y trouvent un abri que convoitaient déjà les flottes antiques, et que fréquentent encore les bâtiments gris de la base navale voisine. Derrière les collines qui ferment la rade se cache la véritable destination de l'escale : La Canée, l'ancienne capitale de la Crète, dont le port vénitien et les ruelles ottomanes composent l'un des plus beaux ensembles historiques de la mer Égée.

De Souda à La Canée

Le quai de Souda se trouve à environ sept kilomètres du centre de La Canée; la marche n'est pas envisageable, mais les solutions abondent. Les jours d'escale, des navettes relient le terminal au centre en moins d'une demi-heure selon la circulation, avec dépôt près du marché couvert. L'autobus urbain numéro 13 part également des abords du quai pour une somme modique, et les taxis attendent à la sortie. Une fois au marché, tout le reste se fait à pied.

Le port vénitien et son phare

La Canée doit son visage aux Vénitiens, qui l'ont fortifiée et embellie durant quatre siècles. Leur héritage le plus photographié ferme la rade : un phare de pierre élancé, planté au bout de la jetée, qui veille sur les eaux du vieux bassin. En face, la mosquée des Janissaires, coiffée de ses coupoles roses, rappelle les deux siècles et demi de présence ottomane. Entre les deux, le quai en arc de cercle aligne façades pastel, cafés et calèches, et la promenade jusqu'au pied du phare constitue le passage obligé de toute première venue.

Les quartiers derrière le port

Il suffit de quitter le front de mer pour que la vieille ville révèle sa profondeur. Le quartier de Topanas empile balcons de bois, portes sculptées et escaliers fleuris; la rue des cordonniers, héritière des artisans du cuir, aligne toujours ses échoppes; les vestiges des remparts encadrent des placettes où le temps s'étire. Le musée maritime, près de l'entrée du bassin, retrace la longue relation entre la Crète et la mer, tandis que le musée archéologique expose des pièces allant du néolithique à l'époque romaine. On circule d'un point à l'autre en quelques instants, ce qui rend la flânerie particulièrement agréable.

Le marché et les saveurs crétoises

Point de chute des navettes, le marché couvert en croix, inspiré de celui de Marseille, regorge de produits de l'île : huile d'olive, miel de thym, fromages, herbes sauvages et raki servi sans façon. Les tavernes des alentours prolongent la leçon de cuisine crétoise, réputée l'une des plus saines du monde. Commander une assiette de petits fromages frits au miel ou un plat d'escargots à la mode locale fait partie de l'apprentissage. Ceux qui veulent toucher à la mer avant de rembarquer marchent une dizaine de minutes vers l'ouest jusqu'à la plage urbaine de Nea Chora, où les tavernes alignent leurs tables face au sable.

Repères pratiques

Liaison vers le centreDurée approximative
Navette d'escale vers le centre15 à 25 minutes
Autobus urbain no 13environ 20 minutes
Taxienviron 15 minutes

Près du terminal, le cimetière militaire allié de la baie de Souda honore les soldats tombés lors de la bataille de Crète en 1941; les visiteurs sensibles à cette mémoire peuvent s'y recueillir avant de rejoindre la ville.

Le dernier regard

Au retour, depuis la route qui contourne la baie, la vieille cité disparaît derrière les oliviers et les collines. Restent le phare au bout de sa jetée, les coupoles roses, l'odeur du cuir et du thym. La Crète a l'art de faire beaucoup avec une seule journée, et cette escale en apporte la preuve la plus convaincante. Le retour se fait souvent en silence, celui des journées remplies.