Au fond de la baie de la Résurrection, les montagnes tombent droit dans la mer et les glaciers coiffent les crêtes à perte de vue. Seward occupe l'un des plus beaux culs-de-sac maritimes de la côte pacifique, et son quai marque littéralement la fin du chemin de fer : c'est ici que l'Alaska Railroad rejoint l'océan Pacifique. Pour des milliers de croisiéristes, la ville sert de point de départ ou d'arrivée; pour tous, elle mérite mieux qu'un simple transfert vers Anchorage.

Un terminal relié au rail

Les navires accostent au terminal intermodal Dale R. Lindsey, où les trains attendent parfois littéralement au pied de la passerelle pour filer vers Anchorage, au bout d'environ quatre heures d'un parcours panoramique entre bras de mer et montagnes. Le centre-ville, plat et compact, se rejoint à pied en une quinzaine de minutes le long du rivage; des navettes couvrent aussi le trajet. En chemin, le petit port de pêche aligne ses bateaux de charter, et les panneaux du front de mer rappellent le séisme de 1964 qui a bouleversé la côte. Des loutres de mer font régulièrement surface entre les coques du port de plaisance, sous l'œil des photographes.

Le parc national de Kenai Fjords

Seward est la porte d'entrée du parc national de Kenai Fjords, et les excursions en bateau qui partent du port constituent l'activité phare de l'escale. En une demi-journée ou une journée, on longe des parois où nichent les macareux, on croise loutres de mer et lions de mer, et l'on s'approche de glaciers de marée dont les pans s'effondrent dans un fracas de tonnerre. Baleines à bosse et épaulards fréquentent ces eaux en été. Prévoir des vêtements chauds même en juillet : le vent tombé des glaces ne pardonne pas.

L'Alaska SeaLife Center

À l'extrémité sud du centre-ville, face au large, cet établissement combine aquarium public et centre de recherche voué aux écosystèmes marins de l'État. Les bassins vitrés permettent d'observer phoques et oiseaux plongeurs sous la surface, et les installations consacrées aux macareux offrent un face-à-face rare avec ces oiseaux clownesques. L'établissement soigne aussi les mammifères marins en détresse, et les guides racontent volontiers les sauvetages en cours.

Sentiers, murales et traditions locales

Le cœur de la ville se parcourt en flânant devant une collection de murales qui racontent les pêcheurs, les grandes heures locales et la fameuse course du mont Marathon, disputée chaque 4 juillet depuis plus d'un siècle sur des pentes vertigineuses. Seward marque aussi le kilomètre zéro du sentier historique de l'Iditarod, la mythique route des traîneaux à chiens vers l'intérieur du territoire. Les marcheurs aguerris attaquent les premiers lacets du sentier, raides mais récompensés par la vue sur le plan d'eau et les toits. À une vingtaine de minutes de route, le glacier Exit, dans la section Harding Icefield du parc, s'approche par un sentier d'interprétation où des bornes marquent le recul du front glaciaire au fil des décennies, leçon de nature grandeur réelle.

Pour organiser sa journée

  • Demi-journée : croisière d'observation dans la baie de la Résurrection et marche dans les rues du bourg.
  • Journée complète : excursion vers les fjords et les fronts de glace du parc national.
  • Entre deux averses : l'aquarium du front de mer et les cafés de la rue principale.
  • Avant l'embarquement : trajet ferroviaire panoramique depuis Anchorage.

Larguer les amarres au pied des glaces

Quand le navire quitte la rade, les sommets restent longtemps visibles dans le sillage, et chacun guette une dernière queue de baleine avant le large. Seward laisse ce sentiment particulier d'avoir touché du doigt l'Alaska des cartes d'école, celui des trains, des fjords et des glaciers, et d'en avoir seulement tourné la première page.