Positano ne s'étale pas : elle grimpe. Depuis le pont du navire, le village semble suspendu à la falaise, cascade de maisons blanches, roses et safran dégringolant vers une plage de galets gris. Au centre brille la coupole de majolique jaune, verte et bleue de l'église Santa Maria Assunta, repère de tous les navigateurs de la côte amalfitaine. John Steinbeck, de passage en 1953, écrivait que l'endroit ne semblait pas tout à fait réel tant qu'on y était encore. L'escale permet de vérifier sur place.
Arriver par la mer, comme il se doit
Les navires mouillent au large et les chaloupes accostent au débarcadère de la Spiaggia Grande, la plage principale. C'est la meilleure des arrivées : le bourg entier se déploie face à la mer pendant la traversée. À terre, tout se fait à pied, en acceptant une règle simple : ici, chaque déplacement implique des marches. Chaussures confortables exigées, mais les efforts se comptent en minutes et les récompenses en panoramas.
Santa Maria Assunta et sa Vierge noire
À deux pas du rivage, l'église Santa Maria Assunta abrite une icône byzantine de la Vierge noire, à laquelle la légende locale attribue la fondation même du village : le tableau, transporté par bateau, aurait exigé d'être débarqué ici. Sous la coupole de faïence, l'intérieur néoclassique surprend par sa clarté. En ressortant, levez les yeux : le campanile et les bougainvilliers composent la scène la plus photographiée du littoral amalfitain.
La via dei Mulini et les ateliers
La rue qui s'élève depuis le front de mer, la via dei Mulini, concentre ce qui fait la réputation artisanale de Positano : sandales de cuir cousues à la demande, robes de lin léger héritées de la moda Positano des années 1960, céramiques peintes et citrons en tout format, du limoncello aux savons. Les prix se négocient peu, mais le lèche-vitrine sous les treilles reste un plaisir gratuit.
Fornillo, la plage des habitués
Depuis le débarcadère, un sentier accroché à la falaise contourne la tour de guet et rejoint en une dizaine de minutes la plage de Fornillo, plus calme que sa grande voisine. Galets gris, eau profonde d'un bleu dense, quelques établissements de bain : c'est l'endroit où souffler entre deux montées d'escaliers, un citron pressé à la main. Le sentier lui-même vaut le déplacement : il ménage, entre deux bosquets, des vues cadrées sur les toits en cascade.
Une pause à table
Les terrasses face à la mer servent la cuisine simple de la côte : spaghettis aux palourdes, poisson du jour, tomates et mozzarella. Au dessert, cherchez la delizia al limone, dôme de génoise nappé de crème au citron, né sur cette côte et devenu son emblème sucré. Un espresso serré, et les escaliers paraissent soudain moins raides.
Prendre de la hauteur
Les ruelles hautes du village, vers la Chiesa Nuova, offrent des perspectives plongeantes sur la coupole et la baie, à quinze ou vingt minutes de montée. Les randonneurs aguerris entendront parler du Sentier des Dieux, qui court sur les crêtes, loin au-dessus des flots; l'itinéraire complet demande toutefois une demi-journée et une bonne organisation, à réserver aux escales longues ou aux excursions encadrées.
À rapporter dans ses bagages
- Une paire de sandales faites main, ajustées en boutique en quelques minutes
- Du limoncello artisanal ou des écorces de citron confites
- Une céramique peinte aux motifs d'agrumes, spécialité de la côte
Le retour vers le navire
Depuis la chaloupe qui s'éloigne, le village remonte lentement dans le cadre : d'abord le rivage, puis la coupole vernissée, enfin les dernières maisons accrochées sous la montagne. Steinbeck avait raison : c'est une fois reparti que Positano devient tout à fait réelle, et qu'elle commence à manquer.


