Dole-Jura France

2 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Un enfant est né en 1822 dans une maison de tanneur, au bord d'un canal qui sentait le cuir et l'eau froide. Il s'appelait Louis Pasteur, et le monde entier lui doit une part de sa santé. Dole, sa ville natale, fut aussi longtemps la capitale de la Franche-Comté, et il suffit d'accoster au port du Prélot, au pied de la vieille ville, pour comprendre qu'on aborde une cité au passé considérable, restée à taille de promenade.

Du port au quartier des Tanneurs

L'amarrage place le voyageur au meilleur endroit : la vieille ville commence de l'autre côté du Doubs, dont les bras et les biefs enlacent le quartier ancien au point qu'on surnomme Dole la petite Venise jurassienne. Le canal des Tanneurs donne le ton dès les premiers pas. D'anciens ateliers aux façades hautes se reflètent dans l'eau verte, des passerelles enjambent le courant, des saules trempent leurs branches. Les tanneurs ont disparu; les artistes, les restaurateurs et les promeneurs ont pris la relève le long de ce fil d'eau ombragé.

La maison natale de Pasteur

Rue Pasteur, précisément, la maison où naquit le savant se visite. On y voit la tannerie familiale au niveau du canal, les pièces d'habitation, des souvenirs personnels et des instruments qui racontent le parcours du gamin jurassien devenu bienfaiteur de l'humanité : vaccination contre la rage, pasteurisation, victoires sur les maladies qui décimaient élevages et familles. Le musée réussit à rester intime, à hauteur d'enfance. En sortant, un passage descend directement vers la berge, et l'on regarde soudain le canal comme le premier paysage qu'ont vu ces yeux-là.

La collégiale et la mémoire comtoise

Quelques ruelles pentues plus haut, la collégiale Notre-Dame domine tout : édifiée au XVIe siècle, elle dresse un clocher puissant que l'on aperçoit depuis la campagne environnante. Sa nef ample, ses chapelles et sa pierre blonde témoignent du temps où Dole, dotée d'un parlement et d'une université, administrait la Franche-Comté avant que Louis XIV ne conquière la province et ne transfère les institutions à Besançon en 1676. Autour de la place aux Fleurs et de la rue de Besançon, hôtels particuliers, cours Renaissance et échauguettes rappellent cette grandeur passée. Le marché, sous ses halles proches de la collégiale, ajoute la note gourmande : comté fruité, morbier, saucisse de Morteau et vins du Jura voisin.

Sur les pas du chat perché

Dole se parcourt agréablement en suivant le circuit du Chat perché, balisé dans les rues en hommage à Marcel Aymé, qui passa une partie de son enfance ici et donna ce titre à ses contes fameux. Le tracé faufile le promeneur des remparts aux venelles, de l'Hôtel-Dieu du XVIIe siècle, vaste vaisseau devenu médiathèque, jusqu'aux points de vue sur les toits bruns et le Doubs. C'est une manière ludique de ne rien manquer, et les enfants s'amusent à repérer les plaques félines qui jalonnent le parcours.

Douceur jurassienne

L'heure qui reste appartient aux terrasses. Celles des Tanneurs ou de la place aux Fleurs servent un verre de savagnin ou un café accompagné d'une galette comtoise, pendant que les cygnes patrouillent les biefs. Les boutiques du centre proposent de quoi rapporter le Jura dans ses bagages : fromages affinés, vin jaune, jouets de bois.

Lorsque le bateau reprend le fil du Doubs, la silhouette de la collégiale s'attarde longtemps au-dessus des arbres. On songe à ce que cette petite ville a offert au monde : une province entière jadis gouvernée, un conteur espiègle, un savant immense. Les villes moyennes ont parfois des mémoires de géantes.