Le golfe d'Olbia s'ouvre comme un long couloir entre des collines de granit couvertes de maquis. Le navire y pénètre lentement, croise les traversiers venus du continent, puis s'amarre à l'Isola Bianca, la jetée qui prolonge la ville. Porte d'entrée du nord-est de la Sardaigne, Olbia vit de la mer depuis les Phéniciens ; son nom grec signifie d'ailleurs « heureuse ». La cité moderne, animée et sans prétention, cache un noyau ancien agréable et sert de point de départ vers l'une des côtes les plus courues de la Méditerranée.
De l'Isola Bianca au Corso Umberto
Le terminal se trouve à environ 2 km du centre. Une navette gratuite relie le quai au cœur de la ville en une dizaine de minutes ; les plus marcheurs suivront le front de mer en 25 minutes environ. La navette dépose ses passagers près de la Piazza Regina Margherita, au seuil du Corso Umberto, l'artère principale bordée d'immeubles du XIXe siècle, de boutiques, de glaciers et de terrasses où les Sardes prennent leur café debout, à l'italienne.
San Simplicio, la doyenne de granit
À quelques rues du Corso, la basilique San Simplicio mérite la courte montée. Élevée au XIe siècle en blocs de granit gris, elle compte parmi les églises romanes les plus importantes de Sardaigne. Sa façade sobre, percée d'une simple rosace, contraste avec la fraîcheur de sa nef aux colonnes massives. Chaque mois de mai, la fête du saint patron transforme le parvis en scène de musique et de costumes traditionnels.
Un musée pour comprendre le golfe
Sur un îlot relié au port, le musée archéologique retrace l'histoire d'Olbia, des navigateurs phéniciens aux marchands romains. Ses salles présentent notamment des épaves antiques retrouvées dans le bassin portuaire, avec leurs cargaisons d'amphores. L'entrée est libre, le parcours se boucle en une heure et les baies vitrées cadrent joliment les allées et venues des navires — une manière habile de relier le passé au spectacle présent des quais. Les environs gardent des traces plus anciennes encore : à quelques kilomètres, le puits sacré de Sa Testa témoigne du culte de l'eau chez les Nuragiques, il y a trois mille ans.
La tentation de la Costa Smeralda
Beaucoup de passagers consacrent leur journée aux environs. À une trentaine de kilomètres au nord, la Costa Smeralda aligne criques d'eau turquoise et villages huppés nés dans les années 1960 sous l'impulsion de l'Aga Khan. Porto Cervo, avec sa marina remplie de yachts et sa piazzetta ombragée, se prête à la flânerie et au lèche-vitrine de luxe. Les excursions organisées restent la façon la plus simple d'y aller ; en taxi, il faut compter environ 40 minutes de route.
Plages à portée de main
Sans partir si loin, la plage du Lido del Sole borde la sortie sud de l'agglomération, et celle de Pittulongu, face à l'île de Tavolara, étire son sable clair à une dizaine de minutes en voiture. La silhouette de Tavolara, monolithe calcaire de plus de 500 m qui jaillit de la mer, accompagne d'ailleurs toute la journée : on la retrouve à l'horizon depuis presque chaque point de la côte.
Saveurs sardes avant le départ
Reste à goûter la Sardaigne. Les trattorias du centre servent culurgiones (raviolis de pomme de terre et menthe), porcelet rôti et seadas, ce beignet au fromage arrosé de miel. Les amateurs de vin chercheront un verre de vermentino de Gallura, blanc local qui accompagne fruits de mer et fromages de brebis.
Au moment de larguer les amarres, le granit des collines rosit dans le soir et Tavolara veille sur l'entrée du golfe. Olbia n'a pas la monumentalité des grandes escales ; elle a mieux à offrir aux curieux : une cité sarde vivante, des rivages parmi les plus réputés d'Europe et, pour dernière image, la silhouette de Tavolara — un monolithe posé sur la mer que bien des passagers dessinent encore de mémoire, longtemps après.


