Le blanc, ici, n'est pas une couleur : c'est une lumière. Dès l'approche, Mykonos éblouit par ses cubes chaulés posés sur des collines arides, ses moulins alignés face au vent et cette clarté égéenne qui a fait la réputation des Cyclades. Les navires accostent au nouveau môle de Tourlos, à environ deux kilomètres de la ville, ou mouillent en rade avec transfert en canot jusqu'au vieux môle, en plein centre.
Rejoindre Chora
Depuis Tourlos, deux solutions simples : la navette maritime qui relie le centre en une dizaine de minutes, ou l'autobus. Les marcheurs peuvent aussi longer la mer par le trottoir côtier, une demi-heure agréable le matin. Des taxis attendent aussi à la sortie du terminal, pratiques pour filer directement vers les plages. Ceux qui débarquent en canot posent directement le pied au cœur de l'action, entre les terrasses du front de mer et les premières ruelles.
Un labyrinthe voulu
Chora fut dessinée pour égarer : ses venelles enchevêtrées devaient ralentir les pirates. Elles égarent aujourd'hui les voyageurs, pour leur plus grand plaisir. Passages voûtés, escaliers badigeonnés, bougainvilliers écarlates, chapelles minuscules aux dômes rouges ou bleus : chaque angle compose une image. La rue Matoyianni concentre boutiques de créateurs et galeries, mais il suffit de deux détours pour retrouver le silence et les chats endormis sur les marches.
Les moulins et la Petite Venise
Sur la crête qui ferme la baie, les moulins de Kato Mili, bâtis en bonne partie à l'époque vénitienne, moulaient jadis le grain des navires de passage. Juste en dessous, le quartier d'Alefkandra, dit la Petite Venise, aligne ses maisons de capitaines aux balcons de bois suspendus au-dessus des vagues. Les cafés y servent l'ouzo au ras de l'écume ; les embruns font partie du service. C'est le rendez-vous classique de la fin d'après-midi, quand la lumière devient dorée.
Délos, l'île sacrée
Du vieux môle partent les caïques pour Délos, à une demi-heure de traversée. L'îlot, inhabité et classé à l'UNESCO, fut l'un des grands sanctuaires du monde antique : on y parcourt des avenues de marbre, la terrasse des lions, des mosaïques et un théâtre face à la mer. L'aller-retour avec visite occupe une demi-journée et compose le contrepoint idéal à l'effervescence mykoniote. Les Cyclades doivent d'ailleurs leur nom au cercle qu'elles dessinent autour de ce sanctuaire. Le site n'offre presque aucune ombre : chapeau, bonnes chaussures et eau s'imposent. Vérifier les horaires de retour avant d'embarquer.
Conseils d'escale
- Panagia Paraportiani, église blanche aux formes fondues, se trouve à l'entrée du quartier du Kastro, près du débarcadère des canots.
- Les plages d'Ornos et de Platys Gialos se rejoignent en autobus ou en taxi-bateau selon la saison.
- Les pélicans mascottes de la ville, descendants du célèbre Petros, paradent souvent près du marché aux poissons.
- Prévoir des espèces pour les petites adresses et de bonnes sandales pour les dalles lisses.
Dernier verre face au couchant
Mykonos se quitte idéalement depuis une terrasse d'Alefkandra, un verre de vin de Paros à la main, quand le soleil descend exactement dans l'axe des moulins. Les maisons prennent une teinte de miel, les mâts se balancent dans le petit port, et l'île entière semble suspendre son agitation quelques minutes.
Le canot ou la navette ramène ensuite vers la passerelle, tandis que Chora s'illumine derrière son môle. L'île a beau figurer parmi les plus courues de la Méditerranée, elle garde ce pouvoir intact : donner à chacun l'impression, l'espace d'une escale, que ce blanc et ce vent n'existaient que pour lui.


