Derrière les grues du quai, la Sierra Nevada barre l'horizon de ses sommets qui restent enneigés une bonne partie de l'année. Motril, sur la côte dite tropicale de l'Andalousie, cultive ce contraste : la mer d'un côté, les plus hauts reliefs de la péninsule Ibérique de l'autre, et entre les deux des plantations d'avocatiers, de manguiers et de chérimoliers uniques en Europe continentale. Pour la plupart des passagers, l'escale porte pourtant un autre nom : Grenade.
L'Alhambra à une heure de route
La cité des rois nasrides se trouve à environ 70 km du terminal, soit une heure d'autocar par l'autoroute qui remonte les gorges. L'Alhambra, palais-forteresse posé sur sa colline face aux neiges de la sierra, demeure le monument le plus visité d'Espagne : cours d'albâtre, plafonds de cèdre sculptés comme des ruches, jardins du Generalife où l'eau court dans chaque allée. Les billets s'épuisent des semaines à l'avance ; l'excursion organisée, avec entrée garantie, reste ici la formule la plus sûre. Compter une journée complète, quartier de l'Albaicín compris pour les plus curieux.
Salobreña, l'option blanche
À moins de dix kilomètres du quai, Salobreña étage ses maisons chaulées sur un piton rocheux coiffé d'un château maure. Le village se grimpe en ruelles fleuries jusqu'aux remparts, d'où le regard file sur les plages sombres et les champs de canne d'autrefois. Pour qui préfère éviter la route de Grenade, c'est la plus belle demi-journée du secteur, faisable en taxi.
Motril, ancienne capitale du sucre
La canne à sucre, introduite par les Arabes, fit vivre la région durant dix siècles ; les dernières récoltes datent du début des années 2000. Un musée préindustriel de la canne à sucre, aménagé dans le centre, retrace cette aventure agricole singulière en Europe. Autour, le vieux centre aligne l'église de la Encarnación, née mudéjare et remaniée, le sanctuaire de la Virgen de la Cabeza sur sa butte et des places où l'on vit dehors. Vers la mer, la plage de Poniente déroule son front aménagé, ses écoles de voile et sa promenade plantée de palmiers. Le quai se trouve à environ deux kilomètres ; taxis et navettes couvrent le trajet en quelques minutes.
Composer son escale
| Option | Durée réaliste | Pour qui |
|---|---|---|
| Grenade et l'Alhambra | Journée complète | Amateurs d'art et d'histoire, billets réservés |
| Salobreña | Environ 4 heures | Marcheurs, photographes de villages blancs |
| Motril et musée de la canne | 2 à 3 heures | Curieux d'histoire locale, escales courtes |
| Grottes de Nerja | 3 à 4 heures | Familles, amateurs de salles souterraines |
Saveurs de la côte tropicale
Les chirimoyas, mangues et avocats mûris sur place se retrouvent sur les étals et dans les desserts. Côté mer, les chiringuitos des plages servent sardines embrochées grillées au feu de bois et gambas de la baie. La cuisine locale marie volontiers ces produits de la mer aux fruits des vergers voisins. Un jus de fruits pressés au retour de Salobreña, les pieds dans le sable volcanique, résume bien cette Andalousie moins connue que sa voisine du Ponant.
Le retour au navire
Que la route ait mené aux palais nasrides ou simplement aux ruelles blanches du promontoire voisin, le retour longe les serres et les vergers qui font la richesse actuelle de la plaine. Depuis le pont, la Sierra Nevada rosit au couchant derrière les collines. Peu d'escales offrent, en quelques heures, la neige, les palmiers et un chef-d'œuvre de l'art islamique ; celle-ci le fait sans bruit, et l'on note déjà, pour une autre fois, ce qui restera à explorer.


