La baie s'ouvre comme un cratère envahi par la mer, et c'est exactement ce qu'elle est. Milos doit ses formes à son passé volcanique : falaises blanches, roches ocre, criques taillées au couteau. Les navires jettent l'ancre dans cette rade profonde, l'une des plus vastes de la Méditerranée, et les canots déposent les passagers au cœur d'Adamas, le village portuaire aux maisons chaulées.
Adamas, point de départ
Le débarcadère donne directement sur la place centrale, où se côtoient arrêt d'autobus, station de taxis et terrasses ombragées. Tout se décide ici. L'île se prête mal à l'improvisation totale : les distances restent courtes, mais les paysages les plus marquants demandent un court trajet. Prendre cinq minutes pour organiser sa journée autour d'un café grec évite bien des hésitations.
Sarakiniko, un paysage lunaire
À quelques kilomètres au nord d'Adamas, Sarakiniko ne ressemble à rien de connu. Le vent et les vagues ont poli une roche volcanique d'un blanc pur, sculptée en vagues immobiles qui plongent dans une eau turquoise. On y marche pieds nus comme sur un glacier tiède, on s'y baigne dans des anses étroites, on y cadre des perspectives dignes d'un autre monde. De bonnes chaussures aident sur les surfaces lisses, surtout les jours de vent. C'est le souvenir que la plupart des voyageurs remportent de l'île.
Plaka et le vieux kastro
La capitale de l'île se perche à cinq kilomètres du débarcadère, sur une colline face au large. Plaka aligne ses ruelles dallées de marbre, ses passages voûtés et ses balcons fleuris jusqu'au kastro, l'ancien quartier fortifié qui coiffe le sommet. La montée se fait à pied, sans difficulté majeure, et la récompense arrive d'un coup : le golfe entier s'étale en contrebas, avec les villages blancs accrochés à ses rives.
Le théâtre antique et les catacombes
Près du village de Trypiti, un théâtre de marbre fait face à la mer depuis l'Antiquité. C'est dans un champ voisin qu'un paysan mit au jour, en 1820, la Vénus de Milo, aujourd'hui au Louvre ; une plaque marque les lieux. Un peu plus bas, les catacombes creusées aux premiers siècles du christianisme comptent parmi les plus anciennes de Grèce. L'ensemble se parcourt en une heure et donne à l'île une profondeur que ses plages ne laissent pas deviner.
Ce qu'il faut prévoir
- Les autobus relient Adamas à Plaka, Trypiti et Sarakiniko en saison ; les horaires sont affichés sur la place.
- Les taxis restent peu nombreux : mieux vaut convenir du retour dès l'aller.
- Les excursions en bateau vers Kleftiko, ancien repaire de pirates aux grottes marines, occupent une journée presque complète ; à réserver seulement si l'horaire du navire le permet.
- Un chapeau et de l'eau s'imposent : l'ombre se fait rare hors des villages.
Avant de remonter à bord
Le village portuaire garde de quoi occuper la fin de la journée : un musée minier qui raconte l'obsidienne et la perlite, richesses géologiques exploitées depuis des millénaires, des boutiques d'artisans et des tavernes où les poulpes sèchent au soleil devant les cuisines. Une assiette de poisson grillé face à la rade, pendant que la lumière descend sur les collines, conclut la journée mieux qu'aucun programme.
Le canot repart vers le navire en traversant l'ancien cratère, et les falaises prennent au couchant des teintes de rouille et de miel. Milos ne cherche pas à éblouir ; elle laisse simplement ses roches parler. Longtemps après avoir quitté les Cyclades, on se surprend à revoir ce blanc minéral posé sur une mer sombre, et à chercher sur une carte le moyen d'y retourner.


