Depuis le pont du bateau, la colline arrive avant le village : un cône parfait couvert de vignes, coiffé d'un bourg serré autour de sa tour. Sancerre annonce la couleur, et Ménétréol, blotti à ses pieds le long du canal latéral à la Loire, sert de porte d'entrée fluviale à l'un des vignobles blancs les plus réputés du monde.

Une halte sous les vignes

Le canal, creusé à partir de 1832 pour doubler une Loire trop capricieuse, traverse le village en son milieu. La halte nautique, aménagée au bord des maisons de pierre claire — huit anneaux, eau, électricité et douches chaudes qui font le bonheur des voyageurs à vélo —, accueille les bateaux à quelques pas de l'église et du lavoir ; l'eau, les platanes et les coteaux composent un décor que l'on croirait peint pour l'étape. Ici, pas de monument majeur : le spectacle, c'est le bourg lui-même, ses ruelles calmes, ses maisons vigneronnes à escalier extérieur et cave voûtée, et cette colline omniprésente qui aimante les regards.

Monter à Sancerre

Le piton se gagne à pied par les sentiers entre les rangs, une grimpée soutenue d'une petite heure entre les parcelles, ou en quelques minutes de voiture depuis la halte. Là-haut, le bourg médiéval récompense l'effort : ruelles tortueuses, maisons vigneronnes, échappées sur la Loire qui serpente dans la plaine. La tour des Fiefs, dernier vestige du château des comtes, domine un panorama circulaire sur l'un des paysages viticoles les plus harmonieux de France, et un centre d'interprétation consacré au vignoble complète la visite pour qui veut comprendre les terroirs. Les caves initient aux blancs de sauvignon qui ont porté son nom sur toutes les cartes des vins.

Le crottin d'à côté

À quelques kilomètres à l'ouest, Chavignol cultive l'autre gloire locale : le crottin, petit fromage de chèvre dont le caractère s'affirme avec l'affinage. Les fermes et affineurs du hameau se visitent, et l'accord d'un crottin encore jeune avec un verre de sancerre blanc constitue l'une des grandes leçons de choses de la gastronomie française. Les excursions des croisières combinent généralement caves, fromagerie et tour de vignoble dans l'après-midi.

Le canal pour soi

De retour à hauteur d'eau, le chemin de halage offre une promenade plane entre les écluses, fréquentée par les cyclistes de la Loire à vélo. Vers le nord, le haut viaduc ferroviaire de Saint-Satur enjambe la vallée de ses arches du XIXe siècle et sert d'amer aux promeneurs. On longe les jardins potagers, on salue les plaisanciers qui attendent la bassinée, on regarde le soir venir sur les coteaux. En septembre, les remorques chargées de raisin descendent vers les pressoirs et une odeur de moût flotte jusqu'aux quais ; le reste de l'année, ce sont les cloches et les coqs qui tiennent l'horaire. Le contraste fait tout le sel de l'étape : en haut, un vignoble de renommée mondiale ; en bas, un village d'eau douce qui vit au rythme des vannes et des bief.

Notes de bord

  • Halte nautique au centre du village, au pied du vignoble sancerrois.
  • Sancerre accessible à pied par les vignes (montée soutenue) ou en excursion.
  • Chavignol et ses affineurs de crottin à quelques kilomètres.
  • Chemin de halage plat pour marcher ou pédaler le long du canal.

La colline dans le sillage

Longtemps après le départ, le cône vigneron reste visible au-dessus des arbres, comme s'il accompagnait le bateau d'écluse en écluse. Il y a des escales que l'on retient pour un musée ou une cathédrale ; celle-ci se retient par le goût, celui d'un blanc tendu et d'un chèvre affiné, dégustés à deux pas de l'eau qui vous a amené.