Deux mondes cohabitent à Las Palmas de Gran Canaria, et le croisiériste a la chance d'accoster exactement entre les deux. D'un côté, une capitale insulaire vivante, avec ses avenues commerçantes, ses musées et ses marchés ; de l'autre, l'une des plus belles plages urbaines d'Espagne, à distance de marche du navire. La plus grande cité des Canaries se laisse explorer sans voiture, sous une lumière atlantique qui adoucit même les journées les plus animées.

Santa Catalina, le quartier du débarquement

Les paquebots s'amarrent au Muelle Santa Catalina, à une centaine de mètres du centre commercial El Muelle et à deux pas du parc Santa Catalina, cœur battant des quartiers bas. Terrasses, kiosques et joueurs de dominos donnent le ton dès les premiers mètres : ici, la vie se passe dehors, en manches courtes presque toute l'année. Le secteur est plat, bien indiqué, facile à parcourir. En une dizaine de minutes de marche vers l'ouest, on débouche sur Las Canteras, longue plage de sable blond bordée d'une promenade animée de restaurants, de glaciers et de boutiques. Les habitants s'y baignent en toute saison ; les voyageurs les imitent volontiers, une saucette dans l'Atlantique en plein mois de janvier ayant quelque chose de mémorable pour un Québécois.

Vegueta, le berceau colonial

À environ huit kilomètres au sud du terminal, soit une dizaine de minutes en taxi ou un court trajet d'autobus, Vegueta concentre l'histoire des îles. C'est dans ce quartier fondateur que la cité naquit à la fin du XVe siècle, et les ruelles pavées y serpentent entre balcons de bois et façades de pierre volcanique. La cathédrale Santa Ana domine la place du même nom, gardée par ses chiens de bronze. Tout près, la Casa de Colón évoque les escales de Christophe Colomb aux Canaries sur la route des Amériques, dans une demeure aux patios fleuris où chantent des perroquets. Le Museo Canario complète le tableau en présentant le monde des premiers habitants de l'archipel, bien avant l'arrivée des Européens : momies, céramiques et idoles y racontent une civilisation insulaire méconnue.

Triana et la ville qui marche

Entre le berceau colonial et le front de mer s'étire Triana, artère piétonne bordée d'édifices modernistes aux façades ornementées, où les Canariens font leurs achats depuis plus d'un siècle. On y flâne d'une librairie à une chocolaterie, on lève les yeux vers les balcons ouvragés, on s'arrête pour un café cortado au comptoir. Les gourmands chercheront les papas arrugadas, ces pommes de terre ridées servies avec leur sauce mojo, dans l'une des tavernes du secteur, accompagnées d'un fromage de l'île et d'un verre de blanc local.

Trajet depuis le navireDistance ou durée
Centre commercial El MuelleUne centaine de mètres
Plage de Las Canteras10 à 15 minutes à pied
Quartier historique de VeguetaEnviron 8 km, une dizaine de minutes en taxi

Composer sa journée

La formule la plus satisfaisante combine les deux visages de la capitale : Vegueta et Triana le matin, quand les musées ouvrent et que les rues restent fraîches, puis Las Canteras l'après-midi pour la baignade, la promenade et une assiette de poisson grillé face aux vagues. Ceux qui préfèrent la nature réservent une excursion vers l'intérieur montagneux de l'île, mais la capitale seule remplit aisément une escale complète, sans une minute de battement.

Au retour, depuis le pont supérieur, la baie s'illumine peu à peu tandis que les surfeurs attrapent leurs dernières vagues. Las Palmas laisse ce sentiment rare d'une grande agglomération qui n'écrase jamais le visiteur : elle l'accueille, le nourrit, le fait marcher, puis le laisse repartir avec du sable dans les souliers et la certitude d'avoir à peine entamé ce que l'île garde en réserve.