CODE HTML — à copier dans le CMS

Il y a des escales qui valent surtout par ce qu'elles permettent d'atteindre. Katakolon, modeste bourgade de la côte ouest du Péloponnèse, en est l'exemple parfait : son quai, ses tavernes et sa rue principale se parcourent en quelques minutes, mais à trente kilomètres de là sommeille Olympie, le sanctuaire où le monde grec a inventé les Jeux. Peu de destinations offrent un tel raccourci vers les origines de notre culture sportive, et le trajet lui-même, entre vignes et oliveraies du Péloponnèse, met déjà dans l'ambiance.

Un village posé sur son quai

Les navires accostent directement au môle, et le centre du village commence pratiquement au pied de la passerelle. En dix minutes de marche, on rejoint la rue principale, bordée de boutiques de souvenirs, de bijouteries et de cafés dont les terrasses regardent passer les bateaux de pêche. L'ambiance reste bon enfant : loueurs de scooters et de quatre-roues, petit train touristique, marchands d'olives et d'huile locale composent le décor d'un vrai bourg grec qui vit au rythme des arrivées.

Le berceau des Jeux

Le site se trouve à une trentaine de kilomètres, soit 30 à 40 minutes de route. On y circule entre les vestiges du sanctuaire de Zeus : le gymnase, la palestre, les temples, les trésors des cités et surtout le stade, dont la ligne de départ en pierre est toujours en place. Franchir la voûte d'entrée des athlètes puis fouler la piste où l'on courut pendant plus d'un millénaire procure un frisson que même les moins férus d'antiquités avouent ressentir. Les pins d'Alep embaument, les colonnes renversées dorment dans l'herbe, et l'on saisit pourquoi ce lieu fut sacré.

Le musée archéologique

À côté des ruines, le musée archéologique rassemble ce que les fouilles ont livré de plus précieux, dont la Niké ailée de Paionios. Les frontons reconstitués du temple de Zeus occupent une salle entière, où les corps de marbre semblent encore lutter et courir. Une heure y suffit pour l'essentiel, et le billet combiné permet d'organiser la visite à sa guise, en gardant un œil sur la montre pour le retour au navire. Les guides locaux, nombreux à l'entrée, enrichissent considérablement la compréhension du sanctuaire pour qui aime les récits. Comptez au total quatre à cinq heures pour l'excursion complète, transport compris : la plupart des horaires d'escale le permettent aisément.

Pour ceux qui restent au village

Katakolon récompense aussi ceux qui préfèrent la paresse. À deux cents mètres du quai, la petite plage de Plakes aligne ses galets dans une eau limpide, avec douches et vestiaires. Les tavernes du front de mer servent poissons grillés et salades généreuses, arrosés d'un vin blanc local bien frais, et l'on peut terminer l'après-midi à regarder la lumière changer sur le golfe, un café frappé à la main. Les boutiques d'huile d'olive proposent des dégustations : le souvenir le plus utile de la région tient souvent dans une bouteille dorée.

Repères pratiques

  • Accostage au môle, village accessible à pied en quelques minutes.
  • Sanctuaire d'Olympie : environ 30 km; comptez 30 à 40 minutes par la route.
  • Un train fait la liaison en environ 45 minutes, pour une dizaine d'euros aller-retour; vérifiez les horaires du jour dès la descente.
  • Plage de Plakes à environ 200 mètres du quai.
  • Prévoyez eau, chapeau et billets d'entrée pour le site et le musée en haute saison.

Sur le chemin du retour, les oliveraies défilent derrière la vitre et le golfe réapparaît au détour d'un virage. On rapporte de cette journée davantage qu'une visite : la sensation d'avoir marché à l'endroit précis où, tous les quatre ans, la Grèce entière déposait les armes pour courir. Le navire peut bien lever l'ancre, cette piste-là ne s'oublie pas.