Les Espagnols venaient y chercher des perles; les voyageurs d'aujourd'hui y cherchent la lumière. L'île Margarita, la plus grande des îles vénézuéliennes, doit son nom et sa fortune première aux bancs d'huîtres perlières qui attirèrent les conquistadors dès le XVIe siècle. Cinq siècles plus tard, ce sont des dizaines de plages qui dessinent son littoral, entre collines sèches et lagunes de mangrove. Les escales y sont redevenues rares — raison de plus pour bien employer celle-ci.

El Guamache, la porte d'entrée

Les navires accostent à El Guamache, sur la côte sud-ouest, un port dédié où des kiosques couverts de palmes vendent hamacs, bijoux et artisanat, à côté d'une petite plage propre réservée aux passagers. C'est un point de départ commode : de là, taxis et autocars d'excursion rayonnent vers Porlamar, la principale ville, à une trentaine de kilomètres, ou directement vers les plages du nord-est.

Deux villes, deux visages

Porlamar concentre l'animation commerçante autour de sa Plaza Bolívar et de ses avenues bordées de boutiques; le musée d'art contemporain Francisco Narváez y expose les sculptures de son enfant du pays, figure majeure de l'art vénézuélien. Dans les hauteurs, La Asunción, la discrète capitale, cultive l'autre registre : une cathédrale du XVIe siècle parmi les plus anciennes du Venezuela, une place tranquille sous les tamariniers et, sur sa colline, le château Santa Rosa, dont les murailles ocre gardent le souvenir des assauts de pirates et des guerres d'indépendance.

Le grand choix des plages

Chacun trouve son rivage. Playa El Agua déroule 4 km de sable blond bordés de restaurants sous les palmiers — la plus fréquentée, et pour cause. Playa Parguito, sa voisine, reçoit assez de houle pour faire le bonheur des surfeurs. Au sud, Playa El Yaque compte parmi les plans d'eau les plus réputés du continent pour la planche à voile et l'aile de traction, grâce à un vent constant et une eau à hauteur de taille sur des centaines de mètres. Les familles préfèrent souvent les criques abritées de la côte nord, où la mer reste étale toute la journée. L'eau, partout, garde sa tiédeur à longueur d'année.

La Restinga, l'île amphibie

À l'ouest, le parc national de La Restinga protège une lagune où les palétuviers forment des tunnels végétaux que l'on parcourt en barque, entre huîtres accrochées aux racines, hérons immobiles et canaux baptisés de noms d'amoureux. La sortie se termine sur le cordon de sable qui ferme la lagune, plage sauvage battue par la brise, avant le retour à travers les chenaux. Au débarcadère, des familles de pêcheurs servent les huîtres de palétuvier récoltées le matin même, citron vert à portée de main. C'est le contrepoint parfait aux plages aménagées — la même île, à l'état brut.

Repères pratiques

  • Port d'El Guamache : artisanat et plage sur place; excursions organisées recommandées pour rayonner.
  • Porlamar : environ 30 km, soit 30 à 40 minutes de route.
  • Espèces en dollars américains utiles pour les petits achats.
  • Soleil constant et brise trompeuse : la protection solaire s'impose même par temps voilé.

Au moment du départ

Depuis le pont, la côte s'éloigne dans une lumière rasante qui dore les collines arides et fait scintiller les lagunes. Margarita a connu les flottes perlières, les booms touristiques et les années creuses; elle demeure, sereine, certaine que la beauté de ses rivages finit toujours par ramener quelqu'un. Le navire s'en va — l'île, elle, attend la suite.