Le mouillage se fait dans une baie en forme de fer à cheval, face à une plage de sable foncé ourlée de palmiers. Les transbordeurs du navire déposent les passagers à la marina Los Sueños, l'une des mieux équipées de la côte pacifique de l'Amérique centrale, et le contraste saute aux yeux dès les premiers pas : d'un côté les pontons impeccables où s'alignent les bateaux de pêche au gros, de l'autre les collines vertes qui referment la baie de Herradura. Le Costa Rica du centre pacifique commence ici, à une poignée de kilomètres de la station balnéaire de Jacó.
La marina et la baie
Le complexe Los Sueños s'est bâti autour de ses pontons, et l'endroit se prête bien à une exploration sans programme : terrasses face aux mâts, boutiques, allées ombragées où les iguanes tiennent salon. Levez les yeux en marchant : les aras rouges traversent parfois le ciel de la baie en criant, rappel que la forêt n'est jamais loin, même au milieu des yachts. Les amateurs de pêche sportive sont au bon endroit, la flotte locale comptant parmi les plus réputées du pays pour le poisson-voilier et le marlin. Ceux qui préfèrent un rythme plus posé peuvent rejoindre la plage de Herradura toute proche, dont les eaux abritées se prêtent à la baignade, ou s'offrir une partie sur le parcours de golf du complexe, taillé dans la végétation tropicale.
Carara, le rendez-vous des aras rouges
À environ 25 minutes de route au nord, le parc national Carara protège une forêt de transition entre le climat sec du Guanacaste et l'humidité du Sud, ce qui en fait l'un des meilleurs sites ornithologiques du pays. Ses sentiers plats et bien aménagés conviennent à tous les marcheurs. La vedette des lieux est l'ara rouge, dont les couples bruyants traversent la canopée en éclairs écarlates ; trogons, motmots et hérons complètent le tableau pour qui marche lentement, jumelles en main. Juste à côté, le pont sur le fleuve Tárcoles offre un spectacle d'une autre nature : des crocodiles américains de belle taille se prélassent sur les bancs de vase, visibles en toute sécurité depuis le tablier.
Mer, mangrove et forêt
Les excursions au départ de la marina couvrent tout l'éventail costaricien. Un catamaran rejoint l'île Tortuga en moins d'une heure pour une journée de sable clair, de baignade et d'exploration au masque et tuba. Les sorties vers les mangroves de l'estuaire de Damas se font en bateau plat ou en kayak, au ras des racines où se cachent hérons, crabes multicolores et singes capucins. Les plus énergiques opteront pour les tyroliennes qui survolent la canopée des collines voisines ou pour une descente de rivière en eaux vives, tandis que Jacó, à quelques minutes de route, aligne restaurants, écoles de surf et boutiques dans une ambiance décontractée de ville balnéaire. Sa longue plage grise attire les surfeurs de tous niveaux, et les cafés du bord de mer permettent d'observer leurs évolutions sans se mouiller.
Organiser ses heures à terre
La chaleur humide du centre pacifique se négocie mieux le matin : c'est le moment des sentiers de Carara et des sorties en mer, avant que le soleil ne tape à la verticale. Prévoyez protection solaire, eau en quantité et monnaie américaine en petites coupures, largement acceptée. Les retours de transbordeur s'effectuent au même quai qu'à l'arrivée : gardez l'horaire du dernier passage en tête, surtout si vous partez explorer Jacó par vos propres moyens.
À l'heure où le navire rappelle ses passagers, les bateaux de pêche rentrent eux aussi, drapeaux de prise hissés, et les perroquets regagnent les collines dans un vacarme joyeux. Herradura aura offert une journée à double visage, moitié confort moderne, moitié nature exubérante. C'est exactement l'équation costaricienne, et peu d'escales la résument aussi bien.


