La rade de Falmouth est la troisième plus vaste rade naturelle en eau profonde du monde, et les marins la considèrent depuis quatre siècles comme l'un des meilleurs abris de la Manche. C'est ici, tout au sud-ouest de l'Angleterre, que les Cornouailles accueillent les navires de croisière : les plus grands mouillent dans la baie et débarquent leurs passagers en annexe au Prince of Wales Pier, en plein centre ; les plus petits accostent aux quais du port, à une quinzaine de minutes de marche du bourg par le front de mer.
Une ville tournée vers le large
Falmouth doit son existence à son plan d'eau abrité. Du XVIIe au XIXe siècle, les paquebots postaux — les fameux Falmouth Packets — partaient d'ici porter le courrier de l'Empire vers les Amériques et les Indes. La rue principale, sinueuse et bordée de commerces indépendants, de galeries et de pubs, descend en pente douce vers les quais. Il flotte dans la ville une ambiance étudiante et artistique entretenue par l'école d'art locale, qui tranche avec l'image convenue des ports de pêche cornouaillais.
Le National Maritime Museum Cornwall
Sur le port, un bâtiment contemporain coiffé d'une tour de guet abrite le National Maritime Museum Cornwall, consacré aux petites embarcations et à l'histoire maritime de la région. Les coques suspendues dans le hall principal, les galeries sur les sauvetages en mer et la salle des marées — sous le niveau de l'eau, avec fenêtres ouvertes sur le port — en font une visite consistante, à faire en famille comme entre passionnés. Comptez une bonne heure et demie pour en profiter.
Pendennis, la forteresse d'Henri VIII
À la pointe qui ferme le mouillage, le château de Pendennis surveille l'entrée des eaux de Falmouth depuis les années 1540. Henri VIII le fit construire pour parer une invasion française ; il servit encore lors des deux guerres mondiales. Les remparts offrent un panorama complet sur la baie, les plages et l'estuaire, et les salles restituent la vie de garnison à différentes époques. On l'atteint à pied par une montée régulière depuis le centre, ou en un bref trajet de taxi. En face, de l'autre côté de la passe, son jumeau de St Mawes se dresse sur la rive opposée — les deux forts croisaient leurs tirs pour en verrouiller l'accès.
Traverser vers St Mawes
Le traversier de St Mawes, au départ du Prince of Wales Pier, effectue en une quinzaine de minutes l'une des plus belles courtes traversées d'Angleterre. Le village d'en face aligne ses cottages fleuris au bord de l'eau, son petit port et son château rond. L'aller-retour, château compris, occupe agréablement une demi-journée et donne à voir la rade depuis la mer, comme la voyaient les capitaines des paquebots postaux.
Les jardins subtropicaux
Le Gulf Stream adoucit le climat cornouaillais au point d'y permettre des jardins étonnants. À un quart d'heure de route par les vallons, Trebah et Glendurgan descendent en vallons luxuriants vers la rivière Helford : gunneras géantes, palmiers, rhododendrons et bambous y prospèrent en pleine terre. Les excursions vers le mont St Michael ou le site minier classé de la région complètent l'offre pour qui souhaite s'éloigner davantage.
L'essentiel en bref
- Débarquement en annexe au centre-ville ou à quai à 15-20 minutes de marche selon le navire.
- Château de Pendennis : montée à pied raisonnable ou court trajet en taxi.
- Traversier de St Mawes : départs réguliers du Prince of Wales Pier.
- Jardins de Trebah et Glendurgan : environ 20 minutes de route ; excursion ou taxi.
L'escale réunit ce que les Cornouailles offrent de plus attachant : une rade chargée de départs et de retours, des fortifications qui se répondent au-dessus de l'eau, des jardins que le courant du Golfe fait verdir sous un ciel changeant. Beaucoup de passagers notent le nom de la ville pour y revenir par la route — c'est sans doute le meilleur compliment qu'une escale puisse recevoir.


