Le Vésuve occupe tout l'horizon quand le navire entre dans la baie de Naples par le sud. À ses pieds, Castellammare di Stabia s'étire entre la mer et les premières pentes des monts Lattari, à l'endroit exact où commençait la route de Sorrente. Les unités de taille moyenne accostent au quai du port principal, à distance de marche du centre; les autres mouillent au large et débarquent leurs passagers à la marina voisine. Dans les deux cas, une évidence s'impose vite : cette escale discrète ouvre l'une des portes les plus commodes de toute la Campanie.
Stabiae, l'autre victime du Vésuve
L'an 79 n'a pas seulement enseveli Pompéi et Herculanum. Stabiae, la cité qui occupait alors ces rivages, disparut sous les mêmes cendres, avec ses villas d'aristocrates romains alignées sur la colline de Varano. Deux d'entre elles se visitent aujourd'hui, gratuitement, sur la colline de Varano qui domine la ville, à quelques minutes de taxi du quai, dans un calme qui contraste avec la foule des sites voisins. La Villa San Marco, parmi les plus vastes demeures résidentielles du monde romain, déploie environ 11 000 mètres carrés de portiques, de fresques et de bassins; la Villa Arianna, la plus ancienne du plateau, doit son nom à une fresque d'Ariane abandonnée par Thésée et ouvre un large panorama sur la baie de Naples. On y circule presque seul, entre colonnes et jardins suspendus.
Pompéi à huit kilomètres
Le site le plus célèbre de la région se trouve à seulement huit kilomètres du quai. Cette proximité change tout : le trajet se fait en quelques minutes, ce qui laisse un maximum de temps pour arpenter le forum, les thermes, les villas et les rues dallées de la cité romaine figée par l'éruption. En haute saison, mieux vaut réserver les billets d'entrée à l'avance pour éviter les files. Ceux qui connaissent déjà Pompéi opteront pour Naples et son musée archéologique, à 24 kilomètres, où sont conservés les trésors exhumés des cités du Vésuve.
La mer comme boulevard
Castellammare possède un autre atout : ses liaisons maritimes. Depuis le port, des traversiers rejoignent les grands noms de la région sans le moindre virage en épingle. Les guichets se trouvent à quelques pas du point de débarquement, et les horaires varient selon la saison; un coup d'œil en début de journée évite les surprises.
| Destination | Durée approximative |
|---|---|
| Sorrente | 40 minutes |
| Capri | 1 heure |
| Positano | 2 heures |
| Amalfi | 2 h 30 |
Gagner la côte amalfitaine par la mer épargne les routes en corniche saturées et offre, en prime, le spectacle des falaises depuis l'eau, sièges au frais et horaires réguliers. Pour une escale d'une journée, Sorrente représente l'équilibre le plus sûr entre temps de trajet et temps sur place.
Une ville d'eaux et de chantiers
Entre deux excursions, la ville elle-même mérite un regard. Ville thermale de longue tradition, réputée pour ses sources minérales, Castellammare fut aussi une grande cité de chantiers navals, et son front de mer réaménagé témoigne de cette double histoire. La promenade du bord de l'eau, les cafés et les pâtisseries du centre, où l'on grignote les biscuits secs qui font la fierté locale, offrent une plongée dans la vie napolitaine ordinaire, celle des familles en promenade et des conversations à voix haute, loin des circuits balisés.
Repartir par la baie
Au moment du départ, le soleil descend souvent derrière Capri tandis que le Vésuve rosit au nord. On repense alors aux fresques de Varano, aux rues de Pompéi ou aux escaliers de Positano, selon la journée choisie. Castellammare di Stabia ne cherche pas la vedette : elle place simplement le voyageur au centre du plus beau carrefour de la Méditerranée, et lui laisse l'embarras du choix pour la prochaine fois.


