La lumière de l'Atlantique a quelque chose de particulier à Cascais : elle blanchit les façades, fait scintiller la baie et donne aux fins d'après-midi des tons dorés que les peintres ont toujours aimés. Ancien village de pêcheurs devenu villégiature de la famille royale portugaise à la fin du XIXe siècle, la station n'a rien perdu de son élégance. Les navires mouillent dans la baie et les navettes déposent les passagers près de la marina, à une dizaine de minutes à pied du centre.
Du quai au cœur de la station
Le chemin vers le centre longe la citadelle, une forteresse massive qui veillait autrefois sur les approches de Lisbonne et dont les cours intérieures, converties en quartier des arts, s'ouvrent à la promenade. Passé ses murailles, les rues pavées du vieux Cascais déroulent boutiques, pâtisseries et terrasses. L'odeur des pastéis de nata tièdes s'échappe des comptoirs, les azulejos habillent les façades, et la petite baie, en contrebas, garde ses barques de pêche colorées tirées sur le sable.
Les plages en plein centre
Peu de stations balnéaires offrent des plages aussi accessibles. La Praia da Conceição et la Praia da Duquesa se succèdent à l'est du centre en un long croissant de sable, ponctué de cafés et de chaises longues. L'eau de l'Atlantique reste vive, même en été, mais le cadre vaut bien un frisson : villas anciennes en surplomb, promenade en bord de mer et vue ouverte sur le large. Les surfeurs, eux, poussent jusqu'à la plage de Guincho, plus au nord, battue par les rouleaux de l'Atlantique. Une heure de farniente s'y glisse aisément entre deux explorations.
La Boca do Inferno
En suivant le littoral vers l'ouest, une marche d'une vingtaine de minutes, ou cinq minutes en voiture, mène à la Boca do Inferno, la bouche de l'enfer. Cette ancienne grotte marine effondrée forme une arche de roche où l'océan s'engouffre avec fracas. Les jours de houle, les gerbes d'écume jaillissent haut au-dessus des falaises; par mer calme, le lieu se fait plus contemplatif, et l'on s'attarde sur les belvédères à regarder l'eau tourner dans le chaudron de pierre.
Deux musées qui valent le détour
Cascais soigne aussi ses intérieurs. La Casa das Histórias Paula Rego, dessinée par l'architecte Eduardo Souto de Moura et reconnaissable à ses deux tours pyramidales rouge terracotta, présente l'œuvre singulière de l'une des grandes artistes portugaises contemporaines. À deux pas, le musée Condes de Castro Guimarães occupe une demeure romantique posée au bord d'une crique, entourée de jardins où paons et grands arbres composent un décor paisible; peintures, manuscrits et mobilier y racontent le goût d'un collectionneur du début du XXe siècle.
Sintra, l'excursion classique
Les passagers qui souhaitent élargir l'horizon mettront le cap sur Sintra, à une trentaine de minutes de route. Dans les collines boisées, le palais de Pena dresse ses coupoles jaunes et rouges au-dessus des brumes, entouré de parcs romantiques. L'excursion occupe une bonne partie de la journée; il faut donc choisir entre la douceur de la côte et les palais des collines, un dilemme dont personne ne sort vraiment perdant.
L'heure du retour
En fin de journée, l'esplanade qui borde la baie se remplit de promeneurs, de joueurs de cartes et de familles venues prendre le frais. On savoure un dernier café face aux barques, pendant que les navettes reprennent leur va-et-vient vers le navire. Cascais laisse cette impression rare d'une station qui vit d'abord pour ses habitants, et qui reçoit ses visiteurs comme des voisins de passage; le train côtier relie d'ailleurs la côte à Lisbonne en moins d'une heure. L'Atlantique, lui, continue de polir les falaises, fidèle au rendez-vous du soir.


