Bien avant que les amarres ne soient tournées, un minaret vertical de plus de 200 mètres accroche le regard depuis le pont : la mosquée Hassan II, posée au bord de l'Atlantique comme une proue de pierre. Casablanca est la locomotive économique du Maroc, une métropole de plusieurs millions d'habitants où les tours de bureaux côtoient les façades Art déco et où les taxis rouges se faufilent entre les palmiers. L'escale demande un peu d'organisation, mais elle offre un visage du pays que ni Marrakech ni Fès ne montrent : celui d'un Maroc urbain, moderne et pressé, qui garde pourtant ses souks et ses traditions à portée de main.

Sortir des quais

Le terminal se trouve dans l'enceinte du port de commerce, l'un des plus actifs d'Afrique. La sortie à pied est longue et sans intérêt; les petits taxis rouges, à négocier avant de monter, restent la solution la plus simple pour rejoindre le centre ou le bord de mer en quelques minutes. Plusieurs compagnies proposent aussi une navette vers la place des Nations Unies, au seuil de la vieille ville.

La mosquée Hassan II

Achevée en 1993 après des années de travail de milliers d'artisans, la mosquée Hassan II compte parmi les plus vastes du monde. Son esplanade s'avance au-dessus des vagues, son toit s'ouvre sur le ciel et son minaret domine toute la côte. Les non-musulmans peuvent y entrer dans le cadre de visites guidées : marbres polis, cèdre sculpté, stucs et zelliges y composent un condensé des savoir-faire marocains. Même sans franchir les portes, la promenade le long des arcades face à l'océan vaut le déplacement.

L'ancienne médina

Adossée au port, la vieille médina a conservé ses ruelles étroites, ses échoppes de tissus et ses marchands de menthe. Elle est plus modeste que celles de Fès ou de Marrakech, mais on y observe la vie quotidienne des Casablancais à quelques pas des quais. On y entre par la place des Nations Unies, on s'y oriente à l'instinct, et l'on en ressort généralement près de la tour de l'Horloge.

Le centre Art déco

Dans les années 1920 et 1930, architectes français et marocains ont fait de Casablanca un laboratoire de l'Art déco. Autour du boulevard Mohammed V et de la place Mohammed V, les façades ornées de ferronneries, de rosaces et de moucharabiehs racontent cette époque. Le Marché central, avec ses étals de fleurs et de fruits de mer, met un peu de brouhaha dans ce décor de cinéma. Les amateurs du film Casablanca trouveront d'ailleurs, près des bassins, une reconstitution soignée du café de Rick, ouverte en 2004.

Le quartier des Habous

À quelques minutes de taxi vers le sud, la « nouvelle médina » des Habous, dessinée dans les années 1920, aligne arcades blanches, placettes et boutiques d'artisanat dans un ordre presque géométrique. On y achète olives, pâtisseries au miel et objets de cuivre entre deux mosquées de pierre claire. C'est le quartier le plus paisible de la métropole, idéal pour une fin de matinée.

S'orienter en un coup d'œil

QuartierAmbianceÀ retenir
Mosquée Hassan IIMonumentale, face à l'océanVisites guidées pour les non-musulmans
Ancienne médinaPopulaire et commerçanteÀ deux pas du port
Centre Art décoUrbaine, années 1930Boulevard et place Mohammed V
HabousCalme, arcades et artisanatEnviron 5 km au sud du centre

Au retour, quand le navire s'écarte du quai, le minaret reste longtemps visible au-dessus de la houle, dernier repère d'une journée dense. Casablanca ne se livre pas d'un seul regard : elle se traverse, elle se négocie, elle se gagne. C'est précisément ce qui donne envie d'y revenir, pour suivre cette fois les avenues jusqu'aux quartiers que l'escale n'a fait qu'effleurer.