Un piano résonne quelque part dans une rue piétonne, des étudiants traversent la place à vélo, et le fleuve coule à deux pas des cafés : Bonn porte légèrement ses deux mille ans d'histoire. Ancienne capitale de l'Allemagne de l'Ouest, ville natale de Beethoven, cité universitaire depuis deux siècles, elle offre aux passagers de croisière fluviale une escale dense et pourtant reposante, où presque tout se fait à pied.
Un quai en plein centre
Les navires s'amarrent au Brassertufer, directement sur la rive du Rhin, au bord du centre. Aucune navette nécessaire : la vieille ville commence à cinq minutes de la passerelle. Juste au-dessus du quai, l'Alter Zoll, un ancien bastion transformé en terrasse ombragée, donne le premier point de vue de la journée. Deux canons d'époque napoléonienne y pointent encore vers le fleuve, et les bancs sous les arbres invitent à regarder passer les barges avant même de commencer la visite.
Sur les pas de Beethoven
À une quinzaine de minutes de marche du quai, une maison bourgeoise de la Bonngasse a vu naître Ludwig van Beethoven en 1770. Devenue musée, elle rassemble la plus importante collection au monde consacrée au compositeur : instruments, partitions annotées, portraits et cornets acoustiques qui racontent le drame de sa surdité. La visite demande environ une heure et touche même ceux qui ne fréquentent pas les salles de concert : on ressort en entendant différemment le moindre air siffloté. Partout ailleurs dans les rues, le personnage surgit au détour d'un regard — statue sur la Münsterplatz, façades peintes, vitrines de disquaires.
La place du marché et la basilique
Le centre ancien s'organise autour de deux places qui se répondent. Sur la première, le vieil hôtel de ville rococo, avec son escalier doré, semble sorti d'un décor d'opéra; le marché s'y installe encore en semaine, entre fruits, fleurs et fromages. Sur la seconde s'élève la basilique Saint-Martin, dont les cinq tours romanes veillent sur la ville depuis près de neuf cents ans. Son cloître compte parmi les mieux conservés de Rhénanie, et le contraste entre la pierre sombre et l'agitation étudiante des rues voisines fait tout le caractère du lieu.
L'université et les allées du Hofgarten
À quelques pas, l'ancien palais des princes-électeurs, longue façade baroque jaune pâle, loge aujourd'hui l'université. Sa grande pelouse, le Hofgarten, sert de salon à ciel ouvert aux étudiants dès qu'un rayon de soleil se montre. En la traversant, on rejoint la Poppelsdorfer Allee, une allée de marronniers qui file tout droit vers un second château, celui de Poppelsdorf, entouré de son jardin botanique. La promenade compose un bel échantillon de ce qu'est Bonn : de la pierre savante, des arbres et de la jeunesse.
Pour organiser les heures à terre
- Deux heures : l'Alter Zoll, la place du marché et la basilique.
- Trois heures : ajoutez la maison natale du compositeur, sur la Bonngasse.
- Quatre heures et plus : traversez le Hofgarten jusqu'à la Poppelsdorfer Allee, ou longez la promenade du Rhin vers le sud.
Dernier regard depuis le bastion
Avant de remonter à bord, repassez par l'Alter Zoll. En fin de journée, la lumière descend sur le fleuve, les sept collines du Siebengebirge se découpent au sud et les navires glissent en contrebas. Beethoven a grandi devant ce même paysage, et l'on se surprend à penser que certaines de ses pages lui doivent peut-être quelque chose. C'est le genre d'idée qu'on emporte avec soi, longtemps après que la passerelle a été relevée.


